Archives pour la catégorie TRAPARD

LE MONSTRE DE LA SEMAINE : LE SCANNER

Un monstre des Eighties, invité vedette de la semaine sur CosmoFiction ! Un monstre parmi le florilège infernal des créatures issues des films ou des séries télévisées fantastiques et de science-fiction des années 80 ! 

LE MONSTRE DE LA SEMAINE : LE SCANNER dans CINÉMA 19020206132515263616103325

Évidemment ce n’est pas le scanner qui est relié à votre ordinateur, ni celui qui sert à votre médecin pour vous offrir une échographie la plus exacte possible de votre futur bout de chou. Mais la fin du film et les similitudes science-fictionnelles avec l’actuelle culture geek a donné un regain d’intérêt au film de David Cronenberg, qui a d’ailleurs eu plusieurs suites, elles-même déclinées en spin-off avec les SCANNER COPS.

19020206173415263616103326 dans HORREURNotre Scanner est doué de facultés sensorielles au-delà de celles connues : il peut scanner votre esprit, votre pensée, votre corps jusqu’à sa moindre molécule, jusqu’à sonder les moindres imperfections permettant de court-circuiter votre système nerveux.

Évidemment, vu comme ça le scénario semble simple, mais le film de Cronenberg date de 1981, et ceux qui l’ont vu en VHS à l’époque se souviennent forcément d’un pur OFNI, tout comme CHROMOSOME 3 (1979) et VIDEODROME (1983), deux autres purs produits de la « canuxploitation » aussi réalisés par David Cronenberg. Ou comment la chair devient un personnage plus important que l’humain lui-même. La « canuxploitation » nous a aussi pondu en 1983 un étrange SPASMES réalisé par William Fruet et qui possède quelques similitudes avec le SCANNERS de Cronenberg.

À la base, les Scanners sont des erreurs de la nature, matérialisées par l’Ephemerol, un médicament qui avait pour but d’apaiser les contractions dues aux grossesses des mères américaines des années 1950. Le médicament a transformé les fœtus en des êtres capables de télépathie et de télékinésie. Les Scanners possèdent donc les facultés de certains médiums, mais sur la base du génétiquement modifié. Et ce type d’histoire ressemble à celles de quelques scénarios des années 80 écrits sur la base complotiste d’expériences faites sur des Américains lambda et qui sera la base du roman de Stephen King, Charlie (1980, Firestarter) ou du film de Tobe Hooper, COMBUSTION SPONTANÉE (1990), mais aussi de FURIE (1978) de Brian De Palma.

L’intrigue de SCANNERS : La société ConSec cherche à regrouper les Scanners, des médiums aux pouvoirs surnaturels. Elle recrute Cameron Val, un jeune médium, pour détecter tous les Scanners qui lui sont opposés. Cameron va découvrir les zones obscures de cette dangereuse mission…

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Les Scanners sont donc des mutants, mais là où le E.S.P./SPY, ou Psychic Power Group, du film de Jun Fukuda,  ESUPAI (1974), opte pour faire évoluer de super-espions et super-guerriers psychiques contre le Mal. Et là où MARVEL et STAR WARS ont développé des variantes humainement positives et négatives des pouvoirs psychiques, le film de Cronenberg est purement et simplement destructeur. Autrement dit, la guerre a commencé et il ne peut en rester qu’un. Ou aucun. Et il n’y a pas vraiment de héros dans SCANNERS, mais seulement des anti-héros dont le degré de sympathie permet au spectateur de figer son choix d’identification.

19020206224315263616103330 dans SCIENCE-FICTIONLe Scanner Cameron Vale, est interprété par Stephen Lack. C’est un scanner en évolution, encadré scientifiquement, un peu comme un jeune padawan se préparant à affronter plusieurs niveaux et plusieurs Scanners jusqu’au pire de tous : l’autodidacte Darryl Revok. Évidemment, il y a aussi une référence évidente aux rites initiatiques urbains concernant la consommation d’hallucinogènes comme le LSD ou le MDMA, mais dans sa version la plus nihiliste et horrifique.

Revok, c’est l’incroyable Michael Ironside et avant les sorties de TOTAL RECALL (1990) et de HIGHLANDER 2 (1991), pour beaucoup de cinéphiles, Ironside était pratiquement l’homme d’un seul rôle. Et quel rôle ! Celui du Scanner qui a traversé seul son initiation psychique, jusqu’à la folie et la mégalomanie.

Cameron Vale croise aussi la route de Benjamin Pierce, joué par l’excellent Robert A. Silverman (acteur canadien jouant essentiellement chez Cronenberg), un autre autodidacte qui en est resté au stade schizophrénique, et évoluant dans un décor proche de celui de LA BÊTE AVEUGLE (1969) de Yasuzō Masumura. Jusqu’à Kim Obrist (Jennifer O’Neill : UN ÉTÉ 42, L’EMMURÉE VIVANTE).

Vale et Revok ont été engendrés scientifiquement par le Dr Paul Ruth (le génial Patrick MacGoohan), sorte de de Victor Frankenstein ou de figure paternelle hissée au sommet d’un organigramme que Revok déteste et cherche à anéantir.

Pour conclure, je vous laisse voir ou revoir le combat fratricide entre Vale et Revok. Malgré son petit côté « série B fauchée », SCANNERS est un grand film et cette scène vous rappellera sûrement des passages cultes de POLTERGEIST (1982) et le visage arraché devant le miroir, ou de CHARLIE (1984).

- Trapard - (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

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LA BANDE-ANNONCE : LE SURVIVANT D’UN MONDE PARALLÈLE (1981)

La bande-annonce, pour se rappeler de bons ou de mauvais souvenirs, ou pour titiller votre curiosité !

LA BANDE-ANNONCE : LE SURVIVANT D'UN MONDE PARALLÈLE (1981) dans CINÉMA 19012308201115263616087973Voici une bande-annonce française qui démarre plein feu, avec de faux airs d’INCASSABLE (2000) de M. Night Shyamalan, avec le survivant d’un crash d’avion. Mais l’histoire du SURVIVANT D’UN MONDE PARALLÈLE aka THE SURVIVOR, s’avère finalement plus complexe.

L’intrigue : Un 747 s’écrase dans un champ. Seul le pilote en réchappe. L’accident semble inexplicable et le pilote, incapable de se souvenir, se lance dans une enquête aidée par une jeune femme médium…

Il s’agit d’un film de la Ozploitation que vous avez forcément loué en VHS dans les années 80 si vous étiez un abonné des vidéoclubs à cette époque-là.

Adapté librement d’un roman de James Herbert, THE SURVIVOR a été réalisé par l’acteur anglais David Hemmings qui après avoir collaboré au cinéma d’exploitation anglais et italien (BLOW-UP, LES FRISSONS DE L’ANGOISSE), travailla en Australie sur quelques films fantastiques en tant qu’acteur (SOIF DE SANG, HARLEQUIN) ou producteur (LES TRAQUÉS DE L’AN 2000).

Sur LE SURVIVANT D’UN MONDE PARALLÈLE, il travaille avec deux autres acteurs anglais : Robert Powell avec lequel il avait déjà échangé quelques répliques dans HARLEQUIN (1980) de Simon Wincer, et qui incarne le pilote survivant.. Et Jenny Agutter, en médium, qui était aussi la jolie Jessica 6 dans L’ÂGE DE CRISTAL (1976) et l’infirmière du LOUP-GAROU DE LONDRES (1981). On retrouve aussi l’américain Joseph Cotten en toute fin de carrière, incarnant la foi religieuse du film.

Le film de David Hemmings est aujourd’hui un peu oublié, sauf peut-être de ceux qui l’appréciaient à l’époque. Mais son étrangeté reste très forte aujourd’hui, la bande originale de Brian May en partie composée de chants de baleines fait toujours son petit effet. Et bien qu’il s’agisse ici d’un film de fantômes assez classique, le rapport suggéré par la bande son à l’ancestralité océanienne rapproche finalement THE SURVIVOR de PIQUE-NIQUE À HANGING ROCK (1975) ou de LONG WEEKEND (1978), un peu comme un cachet personnel de la Ozploitation. Autrement dit, le versant aborigène du cinéma américain puisant ses anxiétés dans des racines amérindiennes fantasmatiques. Un pan du cinéma australien du milieu des années 70 jusqu’au début des années 80 qui a peut-être inspiré le POLTERGEIST (1982) de Tobe Hooper et Steven Spielberg. Et l’influence médiumnique des lieux et du sol dans THE SURVIVOR semble nettement plus présente que dans la plupart des films du genre. Vous pouvez visionner le film en VF directement sur youtube ICI.

Pour revenir sur la bande-annonce française du SURVIVANT D’UN MONDE PARALLÈLE, elle a été partagée par le très sympathique parisien, Otto Rivers qui passe beaucoup de temps à exhumer sur YouTube les bandes annonces d’époque en versions françaises. Et on ne remercie pas assez ces travailleurs de l’ombre.

- Trapard - (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

Cliquez sur l’image ci-dessous pour obtenir la bande-annonce du film.

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Autres bandes-annonces de la catégorie : 

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L’AFFICHE : AU-DELÀ DE LA TERREUR (1980)

Pour le plaisir des yeux, le talent d’un artiste, les souvenirs ou tout simplement la découverte d’une œuvre méconnue : L’AFFICHE !

L'AFFICHE : AU-DELÀ DE LA TERREUR (1980) dans CINÉMA 19011807081015263616081081

Elles étaient tout de même très sympas ces affiches de films espagnols du tout début des années 80 comme celle de SATAN’S BLOOD ou celle-ci d’AU-DELÀ DE LA TERREUR(1980, Más allá del terror) de Tomás Aznar qui rappelle un peu le style de dessin de Frazetta.

AU-DELÀ DE LA TERREUR est un de ces films espagnols punks sans crêtes de l’après-franquisme, dans lesquels la violence contenue de la jeunesse s’exprime sans tabou, ni pudeur. Un thème pourtant cher aux années 70, mais sur lequel le cinéma espagnol a carrément fait l’impasse, rigueur politique oblige. C’est aussi une très bonne série B de sorcellerie et de zombies, mais complètement oubliée depuis sa sortie en VHS. Personnellement, je mets cela sur le compte de la morale revancharde du film sur fond de religion. Et la cinéphilie à la française aura plutôt tendance à retenir les films de la « Movida », tout comme VIVRE VITE (1981, Deprisa, deprisa) de Carlos Saura, qui lui est pourtant ultérieur, mais qui malgré son sujet quasi-similaire fait l’impasse sur l’aspect religieux qui cristallise l’ancien régime du général Franco.

Mais comme un vieux vin, AU-DELÀ DE LA TERREUR est un film à redécouvrir avec du recul et qui mériterait le même type d’édition que le SATAN’S BLOOD (1978) de Carlos Puerto qui lui est tout de même nettement inférieur à tous les niveaux.

L’intrigue : Après un hold-up sanglant, une bande de jeunes voyous se réfugie dans une propriété isolée, habitée par une vieille femme et son petit-fils. Pour effacer les traces de leur passage, ils détruisent tout. Alors l’horreur commence, les forces du mal se déchaînent et c’est Satan qui conduit le bal…

- Trapard - (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

Également dans la catégorie L’Affiche :

Galaxina / La Galaxie de la Terreur / Star Crystal / Crime Zone / Forbidden World / Nightflyers / Space Raiders / Les Mercenaires de l’Espace / Contamination / L’Humanoïde / Deathstalker / Les Aventures de Jack Burton / Le Retour de Godzilla / New York 1997 / Le Bateau de la Mort / L’Épée Sauvage / The Deadly Spawn / Future-Kill / Terreur Extra-terrestre / The Terror Within / Time Walker / Le Démon dans l’Île / Frayeurs /Mind Warp, an Infinity of Terror / Onde de Choc / Robot Killer / Yor, le Chasseur du Futur / La Septième Dimension / The Brain / Les Captives de l’Espace / La Quatrième Dimension / Toxic Zombies /La Tour de l’Angoisse / Mad Max : des affiches / Slugs / Des Goonies et des affiches / Dune / Le Trou Noir / Street Trash / Dreamscape / Le Choc des Titans / Retour vers le Futur / Le Retour des Tomates Tueuses / Enemy / Saturn 3 / The Thing / Creepshow / Aliens, le Retour / City of the Walking Dead / Les Maîtres du Temps / Atomic Cyborg / Plutonium Baby /Laserblast 2 / Wheels of Terror / Dawn of the Mummy / La Guerre des Mondes, le Prochain Siècle / The Stuff / The Dungeonmaster / The Blade Master / Demonoid, Messenger of Death ! / Warlords / L’Histoire Sans Fin / Witchdoctor of the Living Dead / Hurlements / Starfighter

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ENTRETIEN AVEC DAVID DIDELOT – Interview réalisée par Trapard

Si vous êtes client chez les éditeurs Artus, Crocofilms, Le Chat qui Fume ou encore Uncut Movies, vous avez sûrement déjà croisé, au hasard des bonus, la trogne de ce chevelu passionné de films d’horreur, celle d’un cinéphile que j’ai amicalement surnommé “le Yéti” : David Didelot. Je me souviens par exemple de sa présentation de FRIGHTMARE de Pete Walker sorti chez Uncut Movies, elle durait presque 1H30 : un vrai long-métrage. Presque aussi long que le film lui-même. Et aussi passionnante. David Didelot a aussi créé le fanzine Vidéotopsie en 1993 et a participé à quelques autres comme Médusa Fanzine, Le Bissophile, Atomovision, Le Charognard, Ithaac, Darkness Fanzine, Ciné Bazar ou Black Lagoon Fanzine. Il a écrit le livre “GORE – Dissection d’une Collection”, un travail qui a fait couler beaucoup d’encre passionnée chez les fans. Et plus récemment, “Bruno Mattei – Itinéraires Bis”, une exhumation passionnée pour les passionnés de cinéma bis.

ENTRETIEN AVEC DAVID DIDELOT - Interview réalisée par Trapard dans ENTRETIEN 19010204492315263616056376

ENTRETIEN AVEC DAVID DIDELOT

Salut David, je te vois comme le nouveau Alain Petit, mais “le Alain Petit” destiné aux fans de cinéma bis et aux ados qui aimaient louer des tonnes de VHS dans les années 80. Je vais te poser une unique question : peux-tu nous raconter d’où est née ta passion avec moult détails croustillants ?

19010205012515263616056377 dans TRAPARDSalut Jimmy ! Alors d’abord, c’est beaucoup (trop) d’honneur que tu me fais là : je ne me comparerai jamais à Alain Petit. Le gars a vécu tellement de choses, il a une telle expérience que je suis tout petit à côté (sans mauvais jeu de mots !). Alain est un acteur (au sens large) du cinéma dont il parle, un témoin direct, moi je ne suis qu’un spectateur qui a envie de causer de ce qu’il aime. Je ne suis pas un « spécialiste » franchement, juste un amateur au sens premier du terme, et comme beaucoup de gens de ma génération (j’ai 48 ans), je suis entré en contact avec ce cinéma au milieu des années 80, lorsque j’ai commencé à visiter de manière systématique les vidéoclubs qui poussaient à tous les coins de rue. Il faut dire que j’avais quelques prédispositions, ayant pris une méga baffe (et vécu la trouille de ma vie !) lorsque j’ai vu à la télé le premier AMITYVILLE… Ce devait être en 1984. Là tu vois, j’ai su d’emblée que mon existence s’en trouverait bouleversée, et que j’allais verser du « côté obscur » de la pellicule (rires) ! Je me suis donc mis à louer les films dont les jaquettes m’avaient tapé dans l’œil et c’est de cette manière que je suis entré en contact avec ce cinéma-là, dans mon vidéoclub favori, Le Palais de la Vidéo, à Beaune. Ne cherche pas sur Google Map, il a disparu depuis belle lurette…

« Jean-Pierre Putters, c’était l’art de croquer un film sans faire le mathématicien ou le géomètre, sans se la jouer architecte du « bon goût ».

19010205050215263616056378En lisant aussi bien sûr, et Mad Movies en particulier, puisque c’est le premier magazine consacré au cinéma fantastique que j’ai acheté (je devais avoir 13 ans). Jean-Pierre Putters, c’était l’art de croquer un film sans faire le mathématicien ou le géomètre, sans se la jouer architecte du « bon goût » : avec le cœur, avec humour (mais sans cynisme), avec affection, même pour des films objectivement ratés. Pas de condescendance dans son approche, et puis une connaissance impressionnante du genre et de toutes ses ramifications ! Oui, sans conteste, c’est quelqu’un dont le style, le ton et l’approche du genre m’ont marqué. A posteriori, je pense d’ailleurs que les premiers numéros de mon fanzine Vidéotopsie ressemblaient trop à « du JPP » dans le ton : mauvais copieur je fus !

La plume de Marc Toullec m’a beaucoup marqué également – et me marque encore beaucoup – je m’en rends compte avec le recul : ce mec a l’art de narrativiser ses articles, d’en faire des histoires – simples et alertes – tout à la fois explicatives et incitatives. Pas de prise de tête, toujours à bonne distance de l’objet dont il parle, sans trop en en faire. J’aime beaucoup le lire, sa prose n’est jamais emmerdante, et encore moins suffisante.

Comme tu l’as compris, je me suis donc d’abord intéressé au fantastique et à l’horreur, qui furent ma porte d’entrée vers le cinéma bis de manière générale. Le cinéma d’action m’y a amené également, mais c’est vraiment par le genre horrifique que je suis passé au cinéma bis, en louant mes premiers Fulci, mes premiers D’Amato, mes premiers Lenzi ou mes premiers Argento, même si le concernant on ne peut pas vraiment parler de « bis ». Ma période vidéoclub dont je viens de te parler remonte à mes quatorze ou quinze ans, et l’idée de monter un fanzine – Vidéotopsie – est arrivée après, en me liant d’amitié avec un mec, lorsque nous étions à la fac, vers 1992 / 1993. Le gars en question avait une collection vraiment impressionnante de VHS, c’était un fou de cinéma bis et il lisait déjà des fanzines comme Ciné Zine Zone ou Monster Bis, que tous les amateurs connaissent. C’est de là que nous est venue l’idée de monter notre fanzine et nous avons donc commencé à réfléchir à une formule, à quelque chose d’un peu original par rapport à ce qui se faisait déjà.

« Je revois encore la tête de Didier Allouch lorsqu’il s’est rendu compte que le fanzine était entièrement sacrifié à VIRUS CANNIBALE, il avait l’air aussi surpris qu’amusé ! « 

19010205102515263616056379En novembre 93 est donc sorti le tout premier numéro de Vidéotopsie, qui était tiré à un nombre d’exemplaires tout à fait ridicule et était consacré spécifiquement, et uniquement, à VIRUS CANNIBALE de Bruno Mattei. Bon, aujourd’hui, c’est devenu un film culte, archi cité, mais à l’époque assez peu de gens en parlaient, et nous avions donc consacré tout un numéro à ce film-là. Nous étions allés le déposer à Paris, à la boutique Movies 2000, et je me souviens qu’à l’époque, c’était Didier Allouch qui était derrière le comptoir. Je revois encore sa tête lorsqu’il s’est rendu compte que le fanzine était entièrement sacrifié à VIRUS CANNIBALE, il avait l’air aussi surpris qu’amusé ! (rires).

Comme tu le vois, ma passion est certes née avec la découverte des grands Anglo-saxons (Carpenter, Romero, Cronenberg, Craven…), mais surtout avec le cinéma bis italien des 70’s et des 80’s, tout genre confondu, même si j’ai une nette préférence pour les films qui tachent : zombies, cannibales, tueurs dingues, postnuke, érotisme… J’adore le giallo (et pas seulement ceux d’Argento), mais aussi Joe D’Amato, réalisateur complètement libre, souvent foutraque dans ses films érotico-sanglants (toujours une scène bien déglingo dans les D’Amato de la grande époque)… Je te citerais aussi Lucio Fulci et ses giallos ou ses films gores, et, dans la division inférieure, Bruno Mattei et ses velléités bis tournant parfois au Z (réalisateur à réévaluer cependant, et sans ce p….. de second degré qui s’applique aujourd’hui à tout, qui tourne tout en dérision). Dans le même créneau, j’accroche aussi au cinéma espagnol de la même période : Paul Naschy forever ! Il y en aurait tant à citer…

« Bref, tout est né dans les 80′s, tout simplement parce j’ai eu la chance d’être ado à cette période et d’avoir ensuite les mots pour causer de ce que j’avais aimé, du moins je le crois. »

19010205140715263616056380Question lecture, on va naviguer dans les mêmes eaux : des grands classiques de mon adolescence (Poe, Maupassant, Gautier, Lovecraft, Villiers-de-L’isle-Adam…) jusqu’à la fameuse Collection Gore. Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert cette collection lorsque j’étais ado, au milieu des années 80, notamment grâce à L’Écran Fantastique qui publiait alors de sacrées pages promo pour cette série de petits livres ! J’ai acheté mon premier Gore au printemps 1986, et mon intérêt pour ces petits bouquins est allé grandissant avec les années, parallèlement à ma passion pour le cinéma d’horreur et le cinéma bis. En 1993, quand j’ai créé Vidéotopsie, je n’avais rien oublié de la Collection Gore (morte en 1990). J’ai donc décidé d’en causer dans mon fanzine et j’ai contacté Daniel Riche (fondateur de la Collection), via le Fleuve Noir. Celui-ci m’a très rapidement répondu et nous avons alors entretenu une belle correspondance. Fort de mes souvenirs de lecture et persuadé que cette Collection avait marqué les esprits plus qu’on ne le pensait, j’ai publié quelques articles sur le sujet et j’ai fait parler quelques-uns des auteurs. J’avais bien dans l’idée que la Collection Gore méritait mieux que quelques papiers dans un fanzine, et l’idée d’un livre me trottait déjà dans la tête. Mais entre le vouloir et le pouvoir… D’ailleurs, quel éditeur assez fou aurait publié un truc pareil ? Pas facile à dénicher, surtout quand on n’a pas les bons codes d’entrée. Le projet est donc resté en jachère pendant des années, comme mon fanzine d’ailleurs… Et puis j’ai 19010205183115263616056381appris le décès de Daniel Riche. Gros coup de bambou sur la tête d’abord, avant de me remettre au « travail » : j’ai repris les chroniques, j’ai multiplié les fichiers Word sur mon ordi, j’ai contacté quelques fondus de Gore pour qu’ils m’épaulent, j’ai établi une espèce de sommaire qui couvrirait tous les aspects de la Collection… Bref, le projet était reparti, quitte à sortir la chose dans un ou deux numéros hors-série de mon fanzine. Je m’étais un peu « résigné » (le mot est impropre) à cette solution, jusqu’à ce qu’Artus Films me propose en 2013 d’en faire carrément un livre… qui sortirait en 2014.

Bref, tout est né dans les 80′s comme tu peux le voir, tout simplement parce j’ai eu la chance d’être ado à cette période et d’avoir ensuite les mots pour causer de ce que j’avais aimé, du moins je le crois. C’est Marcel Proust qui disait que « l’adolescence est le seul temps où l’on ait appris quelque chose. » Je suis certain qu’il avait raison sur ce coup-là : après ça, on ne fait que se répéter en réalité !

David Didelot présentant son livre “ Bruno Mattei – Itinéraires Bis” sur Vidéotopsie Fanzine TV : c’est ICI.

David Didelot présentant son livre “ GORE – Dissection d’une Collection” sur Vidéotopsie Fanzine TV : c’est ICI.

- Entretien réalisé par Trapard - (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

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L’AFFICHE : HURLEMENTS (1981)

Pour le plaisir des yeux, le talent d’un artiste, les souvenirs ou tout simplement la découverte d’une œuvre méconnue : L’AFFICHE !

L'AFFICHE : HURLEMENTS (1981) dans CINÉMA 18042409435715263615683266

Ah, l’affiche du film de Joe Dante : si minimaliste et pourtant tout un programme derrière cette peau de cuir tannée lacérée par une femme aux ongles longs et coupants comme ceux d’un loup.

L’intrigue : Los Angeles, Karen White est une journaliste qui se retrouve traquée par un tueur en série nommé Eddie Quist. En coopération avec la police, elle prend part à un piège pour capturer Eddie en acceptant de le rencontrer dans un peep-show. Alors que Quist force la journaliste à regarder une vidéo de viol, il est tué par les forces de l’ordre. Karen est traumatisée et souffre d’amnésie. Son thérapeute, le docteur George Waggner, décide de l’envoyer avec son mari Bill dans un centre isolé à la campagne où ses patients prennent du repos : « La Colonie »…

« La Colonie » : un terme à double-sens qui en dit long sur la suite du film.

Je me suis toujours demandé pourquoi Joe Dante et John Landis avait chacun tourné un film de loup-garou en même temps. Du coup on retrouve souvent HURLEMENTS et LE LOUP-GAROU DE LONDRES comparés dans des débats de cinéphiles, ce qui n’a pas vraiment de sens. Est-ce que l’on compare par exemple PLANÈTE TERREUR et LE BOULEVARD DE LA MORT parce que deux copains lancent l’idée de tourner deux faux films grindhouse en même temps ?

LE LOUP-GAROU DE LONDRES est avant tout une comédie sombre aux effets spéciaux réussis et qui prend sa source dans le cinéma de monstres de la Universal Pictures des années 40. À l’inverse, Joe Dante possède une très bonne culture du cinéma bis, et particulièrement pour le cinéma trash et déviant des seventies. Sa « colonie » de loup-garous rappelle évidemment les communautés que je qualifierai de « dark hippies » qui puisent leurs sources dans les premiers grands films de motards comme L’ÉQUIPÉE SAUVAGE (1953) avec Marlon Brando… et qui se déclinent doucement en mode Hell’s Angels drogués, assassins et satanistes avec SATAN SADISTS (1969), I DRINK YOUR BLOOD (1970), sans oublier les zombies motards de PSYCHOMANIA (1973) et les Hell’s Angels lycanthropes de WEREWOLVES ON WHEELS (1971). Le synopsis de ce dernier film me fait d’ailleurs penser à une belle intro pour HURLEMENTS et ses suites : Un groupe de motards traversant le désert américain tombe sur un ancien monastère où a lieu un étrange rite satanique. Des moines drapés de noir leur fournissent de la nourriture droguée, et bientôt les bikers s’endorment. Au cours de la nuit, les satanistes lancent une malédiction sur la petite amie du chef de la bande qui se transforme alors en loup-garou. Très vite, elle contamine son compagnon et la terreur s’installe parmi le groupe…

D’ailleurs, on retrouve dans HURLEMENTS la sexualité des seventies de manière feutrée, mais toujours prête à exploser, dans le personnage de Marsha Quist incarnée par la comédienne Elisabeth Brooks qui semble tout droit sortie de WEREWOLVES ON WHEELS et sera l’anti-héroïne des suites de HURLEMENTS. Et au passage, Joe Dante fait ainsi un clin d’œil au sous-sous-genre assez peu connu des films de louves-garou comme SHE-WOLF OF LONDON (1946), LA LOBA (1965), ou encore LA LOUVE SANGUINAIRE (1976, La lupa mannara) de Rino Di Silvestro dont voici le synopsis à tendance psychanalytique :

Hanté par un traumatisme de son enfance, Daniella Neseri fait des cauchemars à propos d’une ancêtre qui aurait été loup-garou. Elle finit par être internée dans un asile psychiatrique alors que l’on retrouve le corps mutilé de son beau frère…

Un synopsis qui résume d’ailleurs symboliquement aussi l’affiche de HURLEMENTS, ainsi que cette histoire de journaliste télévisée représentative de l’Américaine moyenne et qui, sous prétexte de déontologie, se retrouve à faire un bout de chemin sur le versant sauvage de l’Amérique (pour paraphraser la chanson proto-punk de Lou Reed).

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L’AFFICHE : WITCHDOCTOR OF THE LIVING DEAD (1985)

Pour le plaisir des yeux, le talent d’un artiste, les souvenirs ou tout simplement la découverte d’une œuvre méconnue : L’AFFICHE !

L'AFFICHE : WITCHDOCTOR OF THE LIVING DEAD (1985) dans CINÉMA 18040108230415263615643931

Attention : gare à l’affiche ! Elle est extrêmement chargée vous ne trouvez pas ? L’auteur de ce poster constitué de collages avait sûrement bien plus peur du millimètre vide que de la page blanche. Mais au moins, avec ce genre d’affiche, plus besoin de bande-annonce : tout est dans le rectangle. Pour ce qui est du film, voici finalement LE nanar in-répertoriable des années 80. Mais il sera tout de même répertorié sur CosmoFiction, na ! Il s’agit d’un film sans budget, tourné au Nigéria en VHS, en 1985, par un certain Charles Abi Enonchong.

L’intrigue : Un sorcier maléfique terrorise un village parce que ses habitants ont délaissé les croyances ancestrales au profit du christianisme. Ce sorcier a en outre le pouvoir de se transformer en chèvre, personne ne sachant vraiment trop pourquoi, mais surtout celui de libérer des hordes de zombies farineux. Mais c’est sans compter sur le prêtre du village et ses alliés qui vont tout faire pour l’arrêter…

… Et même jusqu’à égorger une pauvre biquette naine après l’avoir dardée de flèches lancées d’un arc pour gosses. Une biquette qui n’avait rien demandé, ni sûrement signé aucun contrat pour être figurante dans cette super production made in Nollywood, une scène « gore » qui a aussi forcément été influencée par le scandale des animaux maltraités sur le tournage de CANNIBAL HOLOCAUST en 1980. Mais voilà, Brigitte Bardot ne louait sûrement pas de VHS avec des zombies nigériens à l’époque…

Au final, WITCHDOCTOR OF THE LIVING DEAD comporte un grand nombre de scènes sans queue ni tête, mal filmées, mal montées, mal sonorisées, mais souvent très drôles. Le monteur s’amusant avec les technologies VHS de l’époque. Et voulant trop en faire quitte à plomber la crédibilité du film, les zombies font souvent du surplace, ce qui les rend assez peu effrayants. Et manque de budget oblige (et sûrement de boutiques nigériennes spécialisées en maquillage), seul le visage des zombies est blafard, recouvert d’une farine épaisse ou de poudre de plâtre blanc.

Autres passages très drôles : le sorcier ayant le pouvoir de contrôler les humains en leur faisant avaler des serpents (oui, et des couleuvres aussi !), certains habitants du village se retrouvent agressés par des serpents de toutes espèces… mais en plastique. Des jouets de farces et attrapes qu’ils se forcent à enfoncer au fond de leur gorge afin de s’auto-envoûter. En gros, ça donne un peu ça : « Mon Dieu, quel gros serpent en plastique ! Oh non, il va me mordre ! Je l’attrape et je le mets dans ma bouche parce qu’il est méchant et qu’il va me contrôler en pénétrant dans ma gorge ! ».

WITCHDOCTOR OF THE LIVING DEAD semble avoir été tourné dans la langue d’un Shakespeare nigérien, donc on ne le trouve qu’en version anglaise sur YouTube.

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LE CINOCHE DE TRAPARD : BEYOND THE UNIVERSE (1981)

Ufologie… Hypothèse Gaïa… Trapard nous emmène loin aujourd’hui, oui, beyond the universe même, avec un film en avance sur son temps mais pas sur son rythme… 

LE CINOCHE DE TRAPARD : BEYOND THE UNIVERSE (1981) dans CINÉMA 18030807273315263615601496BEYOND THE UNIVERSE est un film de post-apocalyptique à petit budget, sorti en VHS aux États-Unis, et toujours inédit en DVD en France. Il a été réalisé par le compositeur et publicitaire, Robert Emenegger. Pour présenter Emenegger, il tourna avec le producteur Allan Sandler plusieurs documentaires pour le Departement of Defense of the USA (DoD), en collaboration de l’ufologue, Dr. Hynek. Ces films étaient destinés à améliorer l’image du département d’ufologie au sein du DoD, ainsi qu’à miser sur la fascination du public pour les ovnis, et démontrer que le département considérait avec enthousiasme la perspective de rencontrer des extra-terrestres. Le documentaire en question, UFOs : PAST, PRESENT & FUTURE (1974) est présenté par Rod Serling et il est consultable sur YouTube en V.O. Quand au  Dr. Hynek, il est surtout connu du grand public pour avoir été conseiller technique sur RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE (1977) de Steven Spielberg. C’est d’ailleurs, Jacques Vallée, l’assistant de docteur Hynek, qui servira de modèle pour le personnage de scientifique joué par François Truffaut. Spielberg rendra aussi hommage à Hynek en le faisant apparaître un instant dans la séquence finale de son film.

Pour en revenir à UFOs : PAST, PRESENT & FUTURE, une anecdote raconte que le Pentagone permit à Emeggener d’utiliser la pellicule d’une longue séquence d’atterrissage extra-terrestre à la base de L’United States Air Force de Holloman au Nouveau Mexique, mais que le gouvernement changea d’idée et confisqua la pellicule. Robert Emenegger devait aussi réaliser pour le DoD, une série de documentaires centrés sur les recherches médicales de l’armée de l’air ainsi que sur certaines découvertes dans le domaine des sciences de l’espace. Mais ces films ne furent jamais réalisés.

Emenegger et le producteur Allan Sandler se tournèrent alors vers la fiction et signèrent un contrat avec les productions Gold Key Entertainment pour écrire, produire et/ou réaliser 10 films de science-fiction entre 1981 et 1981, d’où le côté bâclé de BEYOND THE UNIVERSE.

Parmi ces films, dont deux documentaires, on peut citer CAPTIVE (1980, dans lequel la Terre et la planète Sthyrolia sont en guerre pour la possession des précieux cristaux de Dirathium. Un vaisseau de guerre styrolien est abattu sur Terre, et les extraterrestres survivants arrivent jusqu’à une ferme voisine dont ils prennent la famille en otage). Et THE KILLINGS AT OUTPOST ZETA (1980, qui raconte l’histoire d’une équipe d’hommes et de femmes qui enquêtent sur les morts mystérieuses de deux expéditions vers un monde stratégiquement important mais stérile).

18030807294115263615601497 dans LE CINOCHE DE TRAPARDBEYOND THE UNIVERSE est le sixième de cette série de films de SF à petits budgets. Son action se déroule uniquement sur Terre, mais dans un hypothétique futur post-apocalyptique.

L’intrigue : Quand la Terre devient irrémédiablement empoisonnée, un scientifique du 21ème siècle essaie de la sauver après deux guerres atomiques…

Le gros soucis avec ce film c’est que le réalisateur et le producteur-scénariste ont misé sur de longs bavardages moralisateurs en guise d’effets spéciaux, qui se limitent à quelques uniformes et autres menus accessoires futuristes. L’idée intéressante du film et chère aux fans de FINAL FANTASY, sans qu’elle soit explicitement nommée, c’est la fameuse « l’hypothèse Gaïa » développée par des auteurs comme Isaac Asimov, mais plus largement et scientifiquement en 1979 (donc à peine deux ans avant la sortie de BEYOND THE UNIVERSE) par le chimiste James Lovelock.

Selon Wikipedia : « L’hypothèse Gaïa, appelée également hypothèse biogéochimique, est une hypothèse scientifique controversée, initialement avancée par l’écologue anglais James Lovelock en 1970, mais également évoquée par d’autres scientifiques avant lui, selon laquelle la Terre serait « un système physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d’années en harmonie avec la vie ». L’ensemble des êtres vivants sur Terre formerait ainsi un vaste super-organisme — appelé « Gaïa », d’après le nom de la déesse de la mythologie grecque personnifiant la Terre — réalisant l’autorégulation de ses composants pour favoriser la vie. Un exemple cité par Lovelock à l’appui de son hypothèse est la composition de l’atmosphère, qui aurait été régulée au cours du temps de manière à permettre le développement et le maintien de la vie. L’hypothèse Gaïa, qui s’est déclinée en plusieurs théories, repose sur un modèle scientifique qui se fonde sur plusieurs constatations écologiques, climatologiques, géologiques ou encore biologiques — à travers la notion d’éco-évolution notamment —, appelé Earth system science. Il en résulte un pronostic alarmiste quant à l’avenir de la biosphère, face au défi du changement climatique notamment. »

BEYOND THE UNIVERSE est un film intéressant et en avance sur son temps, bien qu’il ne se passe pas grand chose à l’écran. Le film tient finalement sur les épaules de l’acteur/producteur David Ladd, fils d’Alan Ladd, qui en dehors d’une poignée de rôles dans des thrillers et dans quelques séries tv, est surtout connu des fans de films fantastiques en tant que producteur de L’EMPRISE DES TÉNÈBRES (1988) de Wes Craven.

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LA BANDE-ANNONCE : LE SANG DES HÉROS (1989)

LA BANDE-ANNONCE : LE SANG DES HÉROS (1989) dans CINÉMA 18022501365015263615578414

La bande-annonce, pour se rappeler de bons ou de mauvais souvenirs, ou pour titiller votre curiosité !

Voici une bande annonce française qui annonce de l’action ! Il s’agit de celle du SANG DES HÉROS (1989, The Blood of Heroes) de David Webb Peoples. Comme précisé en voix off, David Webb Peoples est le scénariste de BLADE RUNNER et de LADYHAWKE, mais on lui doit aussi celui de LEVIATHAN (1989), de l’excellent western eastwoodien IMPITOYABLE (1992) et de L’ARMÉE DES DOUZE SINGES (1995). Rien que ça !

Beaucoup moins connu, et sûrement inspiré du succès de RUNNING MAN (1987), LE SANG DES HÉROS n’en est pas moins un petit film culte pour certains qui pratiquent désormais en Australie et en Allemagne des compétitions de haut niveau de « jugger » (dont voici un tournoi en Australie en vidéo).

L’intrigue : Dans un futur post-apocalyptique, un jeu ultra violent a fait son apparition : le jugger. Deux équipes s’affrontent pour empaler un crâne de chien sur une pique. Tous les coups sont permis. La récompense ultime pour tous les joueurs est de se faire remarquer par la Ligue…

David Webb Peoples s’est peut-être aussi inspiré du jeu de plateau BLOOD BOWL sorti en 1987 pour créer les règles du jugger. D’ailleurs, un an après LE SANG DES HÉROS ont été pratiqués les premiers tournois de trollball, adaptés directement de BLOOD BOWL, et dont les règles sont quasi-similaires à celles du jugger, bien que plus proche des univers geeks. En octobre de l’année dernière, j’ai d’ailleurs eu le plaisir d’assister à mon premier tournoi de trollball à Nouville, exécuté par les acrobates et jongleurs de la troupe Artiflam NC.

Mais apparemment, le jugger et le trollball seraient eux-mêmes inspirés d’un jeu ancestral d’Asie centrale et du Moyen-Orient : le bouzkachi ou bozkachi (en persan: بزکشی, litt. « jeu de l’attrape chèvre »). C’est le sport national en Afghanistan, mais il est aussi pratiqué en Ouzbékistan, en Tadjikistan, au Kazakhstan, au Pakistan, en Iran, ainsi qu’au Kirghizstan. Et à l’inverse de la tête de chien, les joueurs utilisent une carcasse décapitée de chèvre, de mouton ou de veau, et se déplacent à cheval. Réputé remonter à l’époque de Gengis Khan (XIIIe siècle), le bouzkachi inspirera aussi par la suite, le création du polo.

18022501391915263615578415 dans LA BANDE-ANNONCE

Pour en revenir au SANG DES HÉROS de David Webb Peoples, le film fut tourné en 1988 dans le désert australien. L’Australie a d’ailleurs souvent été le berceau de tournages de co-productions australo-américaines de films d’anticipation. En dehors de la saga MAD MAX, je peux aussi citer LE GARDIEN DU TEMPS (1987), FORTRESS (1993), ZONE 39 (1996), ou plus récemment, DEMAIN, QUAND LA GUERRE A COMMENCÉ (2010, qui est une sorte de remake de L’AUBE ROUGE, avec la « guerre froide » en moins). Outre Rutger Hauer et Vincent D’Onofrio, c’est surtout l’actrice Joan Chen (LE DERNIER EMPEREUR, TWIN PEAKS, JUDGE DREDD) qui incarne le personnage central : Kidda, une jeune femme rêvant d’un monde meilleur encombré d’obstacles violents.

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Cliquez sur l’image ci-dessous pour obtenir la bande-annonce du film.

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L’AFFICHE : WARLORDS (1988)

Pour le plaisir des yeux, le talent d’un artiste, les souvenirs ou tout simplement la découverte d’une œuvre méconnue : L’AFFICHE !

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Voilà une affiche qui sent bon le film fauché de la fin des années 80 avec seuls, le nom et la silhouette de David Carradine comme argument de vente, pour nous laisser espérer un peu de spectacle.

En effet, le budget de cette petite série B de Fred Olen Ray doit être assez proche de celui de PHOENIX : THE WARRIOR. Pas de champignon atomique ici, mais une action située uniquement en plein désert rocheux en Californie (IMDB indique « Vasquez Rocks » comme lieu de tournage). Entre courses-poursuites en bolides, tentatives de viol par des mutants des sables, bagarres et cabotinages, WARLORDS est un nanar plutôt agréable. On y croise aussi Sid Haig en hors-la-loi déjanté (presque vingt avant son rôle du capitaine Spaulding dans les films de Rob Zombie).

L’intrigue : Dow est un ancien soldat qui traverse les terres dévastées par une apocalypse nucléaire afin de retrouver sa femme. Celle-ci a été enlevée par le Seigneur de la guerre, un hors-la-loi sanguinaire. Aidé de Dany, une jeune femme renégate, et d’une tête de mutant très bavarde, Dow traque son ennemi dans les montagnes radioactives…

Apparemment inédit en France, et distribué sous le ce simple titre (WARLORDS), je suppose que Fred Olen Ray a essayé de le vendre par-dessus le succès du sympathique post-nuke néo-zélandais, WARLORDS OF THE TWENTY-FIRST CENTURY  (1982, LE CAMION DE LA MORT en France), distribué par la New World Pictures.

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LE CINOCHE DE TRAPARD : PHOENIX, THE WARRIOR (1988)

Quoi ? Comment ? Persis Khambatta à l’horizon et c’est Trapard qui me l’offre sur un plateau d’argent ? Mais que voilà un film intéressant ! Allons y jeter un coup d’œil…

LE CINOCHE DE TRAPARD : PHOENIX, THE WARRIOR (1988) dans CINÉMA 18020608212415263615538146PHOENIX : THE WARRIOR, ou en anglais (?) SHE-WOLVES OF THE WASTELAND est un film post-apocalyptique exclusivement féminin tourné par Robert Hayes (SHAFT). Ça nous change donc un peu des héros virils, transpirants et musclés du futur, souvent bardés de cuir. Non, ici ces dames préfèrent arborer le brushing, la tenue et le short qui moule, ce qui n’est pas pour nous déplaire. De plus, Morbius ne sera sûrement pas mécontent de revoir Persis Khambatta, même dans un film futuriste au budget plus serré encore que celui de MEGAFORCE (1982). En effet, on ne trouve aucune machinerie, ni cité futuriste dans PHOENIX : THE WARRIOR, mais plutôt des petits bolides, une sorcière en latex mou vivant dans un dôme recouvert de plastique transparent mal agrafé.

L’intrigue : Après une guerre biologique ayant exterminé les hommes, les femmes règnent en maîtresses sur un monde dévasté, sous la direction d’une princesse maléfique. Procréant grâce à l’utilisation d’une banque du sperme, elles sacrifient tous les bébés mâles à la déesse. Mais un jour, l’une des femmes enceinte refuse de se plier à la coutume, et met au monde le premier homme du nouveau monde…

PHOENIX : THE WARRIOR semble totalement inédit en France. Tout du moins en DVD, puisque je me souviens parfaitement l’avoir loué en VHS avec Dave Altou au vidéoclub Movies du PK7.

18020608244315263615538151 dans LE CINOCHE DE TRAPARDJe suppute qu’avec ce film, Robert Hayes a essayé de tourner une version fauchée de AMERICA 3000 (1986). Le résultat est plutôt médiocre, bien que l’ensemble se regarde agréablement et que les comédiennes sont fort jolies. Et pour rendre à Cléopâtre ce qui appartient à César, en plus de Persis Khambatta, Kathleen Kinmont (ex-femme de Lorenzo Lamas et comédienne dans SANTA BARBARA et dans des films plus audacieux comme LA FIANCÉE DU RÉ-ANIMATOR ou HALLOWEEN 4) et la playmate Peggy McIntaggart, se partagent les rôles principaux. À défaut d’être réussi, PHOENIX : THE WARRIOR est un film « fun ».

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LE FILM COMPLET EN V.O. :

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