Archives pour la catégorie PAROLES

PAROLES : JIM HENSON ET « DARK CRYSTAL »

PAROLES : JIM HENSON ET Jim Henson, réalisateur de DARK CRYSTAL (1982), parle des comédiens dans la peau des créatures du film :

« Il fallait d’abord décider de la façon dont se déplacerait chaque personnage. Pour les guerriers Garthims, nous avons essayé plusieurs façons. Puis Jean-Pierre Amiel (ndlr : Jean-Pierre Amiel est mime et chorégraphe suisse) a essayé à son tour, et il a trouvé tout de suite une curieuse façon de se déplacer latéralement ! Mais la plus grande épreuve pour nos interprètes fut de se libérer de la technique, de faire abstraction de la mécanique, d’apprendre à habiter les personnages. Il fallait qu’ils se familiarisent complètement avec eux, adoptent leur façon de penser, leur comportement, leurs tics et leur démarche. »

(CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

MICHAEL ENDE ET « L’HISTOIRE SANS FIN », LE FILM

MICHAEL ENDE ET L’adaptation cinématographique du livre de l’Allemand Michael Ende, L’Histoire Sans Fin, ne fut pas sans poser des problèmes, notamment en ce qui concerne l’écriture du scénario. L’auteur lui-même fut invité à en rédiger sa version cinématographique, ce qu’il accepta. Mais malgré plusieurs versions revues et corrigées, Michael Ende fut finalement écarté du projet sans même en avoir été averti. Tout sera réécrit, et l’auteur reniera le film. Voici les propos assez durs que Michael Ende déclara alors à l’époque, en 1984, à la sortie du film de Wolfgang Petersen : 

« Je savais parfaitement dès le départ qu’il était impossible de porter ce livre à l’écran, bien sûr, aussi l’avais-je modifié – j’y étais bien obligé – pour le rendre « filmable ». J’avais écrit plusieurs nouvelles scènes qui sont toujours dans le film. Je n’avais pas très envie de voir adapté mon roman au cinéma, mais ces gens de cinéma parlent si bien… Ils m’avaient raconté qu’ils voulaient faire un film que je puisse totalement approuver, parfaitement conforme à mon esprit. Je ne retrouve pas dans le film l’essence de mon roman. Il n’y reste plus que quelques images, des endroits et des personnages, mais en dehors de toute signification et de tout contexte. Les problèmes inhérents de tirer un film d’un livre n’ont été résolus que par la pure et simple élimination de tout ce qui pouvait justement poser problème, c’est-à-dire que toute profondeur, tout sérieux et tout sens artistique ont été bannis du résultat. Ils en ont fait un film digne de Walt Disney, une sucette pour les adolescents. »

(L’Écran Fantastique n°50 – novembre 1984) (CosmoFiction)

JESS FRANCO ET « LES PRÉDATEURS DE LA NUIT »

Jess Franco (Jesús Franco Manera) parle ici des personnes qui ont travaillé sur l’adaptation du scénario des PRÉDATEURS DE LA NUIT (1988) : « Un écrivain de la collection « Gore » et Michel Lebrun un complice de René Château, ils ont travaillé ensemble sur le scénario du MARGINAL, qui a écrit une centaine de scénarios et, dernièrement, a participé au NOM DE LA ROSE. Il n’a pas JESS FRANCO ET collaboré très longtemps mais son apport a été extrêmement positif pour la construction de l’histoire et la définition des personnages. Trois autres écrivains sont également intervenus à un moment ou à un autre, mais le plus drôle c’est que ces gens habitués à écrire des récits ou des romans fantastiques se sont révélés les plus cartésiens. Moi, bien entendu, je ne le suis pas et René Château peut-être encore moins. Les idées les plus folles viennent donc de lui parce que c’est un véritable fou de fantastique et d’épouvante. René a une connaissance extraordinaire de ce cinéma et il est donc normal que les idées lui viennent plus facilement qu’aux autres. Il ne faut pas oublier qu’il est le distributeur de MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE, ZOMBIE et DEATH WARMED UP ! Généralement, quand le cinéma européen se met à faire du fantastique, il manque de folie car il essaie toujours de garder les formes, d’être logique à l’intérieur d’une logique cinématographique complètement fausse. Ce n’est pas le cas avec René Château qui, dès le départ, et c’était la seule chose qui comptait pour lui, souhaitait rester dans le monde du physiquement possible. »

(L’Écran Fantastique n°90 – mars 1988) (CosmoFiction)

JOHN CARPENTER ET « STARMAN »

JOHN CARPENTER ET John Carpenter exprime ici les raisons qui l’ont conduit à réaliser STARMAN : « Je me suis rendu compte que pendant des années, j’avais été un metteur en scène de cult-films, bien payé pour faire le genre de films qui me plaisaient. Mais l’ennui, c’est que les gens ne m’associaient plus qu’à l’horreur et à la science-fiction, et c’est ce qui m’a amené à me lancer dans autre chose. Quand on m’a proposé STARMAN, je me suis senti personnellement impliqué dans cette histoire émouvante, chaleureuse, et j’y ai vu une occasion de raconter une histoire plus intime, plus humaine que tout ce que j’avais fait jusqu’à présent. »

(L’Écran Fantastique n°56 – mai 1985) (CosmoFiction)

JAMES CAMERON ET « ALIENS, LE RETOUR »

Extraits d’une interview de James Cameron parue dans L’Écran Fantastique n°73 d’octobre 1986.

JAMES CAMERON ET À propos de la Reine des Aliens : « Il me semblait, bien que ce ne soient pas les extraterrestres qui manquent tout au long du film, qu’il était très important de mettre en scène quelque chose qui n’existait pas dans ALIEN. Les autres créatures sont plus ou moins inspirées des dessins de Giger, et je tenais à montrer une autre forme de vie tout à fait distincte. En outre, cela n’est pas gratuit : la conception du « monstre » en dit long sur quantité de détails, comme leur organisation sociale, par exemple. Pour moi, la Reine est un personnage, bien plus qu’un animal ou une chose… »

À propos de l’aspect de la Reine des Aliens : « [...] C’est moi qui l’ai dessinée, et Stan Winston en a fait une sculpture. Nous nous sommes efforcés de rester dans la perspective montrée par Giger, sans toutefois en demeurer prisonnier. »

À propos des Aliens : « [...] Tous les monstres que l’on voit dans le film sont incarnés par des acteurs de taille normale, mais très maigres, les plus minces que nous ayons pu trouver, et qui avaient encore la force voulue pour faire les mouvements requis. Il faut dire qu’ils devaient être très souvent suspendus à des fils, ce qui exige pas mal de force et d’agilité. Nous nous sommes en revanche concentrés sur la vitesse, sur la rapidité et sur l’habileté physique. »

À propos des Marines et de leur langage : « [...] Ce qui m’intéressait avant tout, c’était précisément de retrouver la tension dramatique de ces films des années 40 et 50 mettant en scène des soldats classiques, si vous voulez. Les dialogues rappellent l’époque de la guerre du Viet-Nam. C’est le langage « guerrier » le plus contemporain que l’on connaisse, en Amérique. J’ai étudié la façon de parler des soldats pendant la guerre du Viet-Nam et j’ai repris certaines formules, certaines tournures du langage dans les dialogues du film afin d’évoquer, dans l’esprit du public, une expédition militaire plutôt que futuriste, ou technologique. Je voulais tirer l’aventure dans le sens du réalisme et non pas de l’avenir, aussi intéressant soit-il. »

16090209022915263614465891 dans CINÉMAÀ propos de l’exosquelette piloté par Ripley : « [...] Pour ce qui concerne ce film, je voulais que la confrontation finale avec l’extraterrestre soit un combat au corps à corps. C’était plus personnel, plus intense qu’avec des armes à feu, qui sont une façon très distanciée de donner la mort. Et puis les armes à feu charrient toutes sortes de connotations dont je ne voulais pas. Mon but était donc d’en finir avec la créature à l’issue d’un combat à main nue, mais Ripley n’avait une chance de s’en sortir qu’à condition de se trouver à égalité de force ; il fallait donc que j’obtienne un moyen de décupler ses forces sans recourir à un moyen à peine digne d’une bande dessinée, comme de lui faire ingurgiter une potion magique. »

À propos de l’influence de Sigourney Weaver sur son personnage : « [...] Elle avait des idées sur certaines répliques et elle est intervenue au niveau du dialogue. Nous avons entièrement revu le dialogue ensemble et nous l’avons modifié lorsqu’elle sentait qu’il le fallait. Nous avons fait beaucoup de choses ensemble : la réécriture, les répétitions… Le scénario n’a pas tellement changé à la suite de ses interventions, mais il a été adapté en fonction de ses réactions. »

(CosmoFiction)

16082708454915263614453044 dans HORREUR

STEVE GERBER ET « HOWARD… UNE NOUVELLE RACE DE HÉROS »

STEVE GERBER ET Steve Gerber, le créateur du personnage de comics Howard the Duck, s’exprime ici sur l’apparence de son canard dans la version cinématographique réalisée par Willard Huyck : « Il est évident que c’était un problème technique difficile à résoudre, mais je crois qu’ils s’en sont bien sortis. J’ai rencontré ce Canard, je lui ai parlé, et pas une seconde il ne m’est venu à l’esprit que ce n’était pas un canard mais un homme. Pour moi, c’était une créature. Si je le rencontrais dans la rue, je serais stupéfait. Les traits du visage ont été quelque peu modifiés en fonction de la technologie, et il est blanc au lieu d’être jaune, ceci en raison des impératifs de la photo en couleur. Mais je crois que le résultat est bon. Ce n’est pas exactement le Canard des bandes dessinées, mais il fait autant d’effet. »

(L’Écran Fantastique n°75 – décembre 1986) (CosmoFiction)

RIDLEY SCOTT ET « BLADE RUNNER »

RIDLEY SCOTT ET Ridley Scott explique pourquoi il pleut tout le temps dans son Los Angeles de 2019 : « C’est un choix stylistique. Prenez les anciens films de Bogart, dont BLADE RUNNER dérive directement, ils ont toujours l’air d’avoir été tournés de nuit et au milieu de rues luisantes de pluie. Appliquer ce style-là à un cadre futuriste, voilà ce qui m’intéressait. Sur un plan pratique, la pluie, le brouillard, les vapeurs qui s’échappent du macadam comme à New York, tout cela donne une certaine authenticité à un film tourné en studio. Car BLADE RUNNER a été entièrement tourné en studio. Et le grand piège de ce type de films, c’est qu’ils aient l’air, justement, d’avoir été tournés en studio. Alors, le public n’y croit pas. Il se rend compte que c’est du toc. Les rues, par exemple, sont toujours trop lisses. Or, à New York, elles ne sont faites que de crevasses. »

(CosmoFiction)

MEL BROOKS ET « LA FOLLE HISTOIRE DE L’ESPACE »

MEL BROOKS ET À la question de savoir si les avocats de la Lucasfilm traîneront en justice LA FOLLE HISTOIRE DE L’ESPACE (Spaceballs, 1987), Mel Brooks, son réalisateur, répond : « La seule chose qui ne plaisait pas aux gens de la Lucasfilm, c’était que nous fassions un film inspiré de la trilogie et que nous commercialisions des personnages qui auraient été inspirés par les leurs. Or, dans la mesure où nous parodions Darth Vader et la suite, cela ne devait pas poser de problème : ce sont en fait tous ceux qui ont travaillé sur LA GUERRE DES ÉTOILES et ses séquelles qui s’occupent des effets sonores du film, et ça les rend positivement hystériques. Ils n’arrivent pas à en croire leurs yeux quand ils voient Rick Moranis dans le rôle de Dark Helmet ! »

(L’Écran Fantastique n°85 – octobre 1987) (CosmoFiction)

STUART GORDON ET « FROM BEYOND »

Stuart Gordon, le réalisateur de FROM BEYOND : AUX PORTES DE L’AU-DELÀ (1986), s’explique ici sur les références sexuelles de son film par rapport à la nouvelle de H.P. Lovecraft : « À mon avis, l’œuvre de Lovecraft ne STUART GORDON ET manque pas d’implications sexuelles, mais elles ne sont pas explicites. L’histoire se déroule dans le Massachusetts, là où on brûlait les sorcières jadis, dans des villes comme Salem… Lovecraft esquisse un monde de pureté et les conflits qui vont de pair avec ce monde de pureté suggèrent un univers spirituel plutôt étrange. La pureté y est omniprésente, mais le mal n’en est pas éloigné. Pour moi, si Lovecraft a décrit ces endroits, ces lieux, c’était pour mieux mettre en valeur le fait que chez les êtres les plus déprimés on trouve toujours le rêve de l’égo, et que c’est un mal inconscient d’une puissance incroyable. Et je pense que c’est une idée qui charrie des implications sexuelles évidentes. »

(L’Écran Fantastique n°77 – février 1987) (CosmoFiction)

TONY SCOTT, JIM HENSON ET DAVID BOWIE

La disparition de David Bowie ébranle le monde de la musique, mais il fait aussi resurgir de vieux souvenirs quant à la participation du chanteur dans des rôles de personnages inquiétants, fascinants et ambigus dans le cinéma fantastique des années 80. David Bowie a en effet incarné un vampire dandy aux côtés de Catherine Deneuve dans LES PRÉDATEURS (The Hunger, de Tony Scott) en 1983, puis Jarreth, le cruel roi des gobelins dans LABYRINTHE (Labyrinth, de Jim Henson) en 1986. Voici quelques extraits d’interviews parues à l’époque dans L’Écran Fantastique où Tony Scott et Jim Henson nous parlent du chanteur-comédien.

Tony Scott, réalisateur du film LES PRÉDATEURS :

« C’est un très grand professionnel. Il était parfois un peu tendu avant certaines scènes, mais cela se passait finalement toujours bien. Il est extrêmement précis et, ce qui est très important, collabore vraiment : il a des idées sur la mise en scène, sur la façon de filmer. Il se sent concerné par tout ce qui touche au film et c’est vraiment agréable de travailler avec lui. J’ai eu beaucoup de chance parce qu’il me semble qu’entre lui et Catherine Deneuve, la sympathie est immédiatement passée… » (L’Écran Fantastique n°36 – juillet-août 1983)

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Jim Henson, réalisateur du film LABYRINTHE :

« David Bowie incarne un certain monde mature, avec sa sexualité, ses menaces, autant de choses qui caractérisent le monde des adultes. Comme par ailleurs nous savions depuis le début qu’il fallait qu’il chante, puisque nous avions pensé  qu’il serait amusant d’introduire de la musique rock dans un film fantastique, le choix était facile : David est l’un des meilleurs, sinon le meilleur chanteur/acteur du moment, et il offrait l’avantage de pouvoir être à la fois séduisant, menaçant, inquiétant… » (L’Écran Fantastique n°77 – février 1987)

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(CosmoFiction)

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