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ENTRETIEN AVEC DAVID DIDELOT – Interview réalisée par Trapard

Si vous êtes client chez les éditeurs Artus, Crocofilms, Le Chat qui Fume ou encore Uncut Movies, vous avez sûrement déjà croisé, au hasard des bonus, la trogne de ce chevelu passionné de films d’horreur, celle d’un cinéphile que j’ai amicalement surnommé “le Yéti” : David Didelot. Je me souviens par exemple de sa présentation de FRIGHTMARE de Pete Walker sorti chez Uncut Movies, elle durait presque 1H30 : un vrai long-métrage. Presque aussi long que le film lui-même. Et aussi passionnante. David Didelot a aussi créé le fanzine Vidéotopsie en 1993 et a participé à quelques autres comme Médusa Fanzine, Le Bissophile, Atomovision, Le Charognard, Ithaac, Darkness Fanzine, Ciné Bazar ou Black Lagoon Fanzine. Il a écrit le livre “GORE – Dissection d’une Collection”, un travail qui a fait couler beaucoup d’encre passionnée chez les fans. Et plus récemment, “Bruno Mattei – Itinéraires Bis”, une exhumation passionnée pour les passionnés de cinéma bis.

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ENTRETIEN AVEC DAVID DIDELOT

Salut David, je te vois comme le nouveau Alain Petit, mais “le Alain Petit” destiné aux fans de cinéma bis et aux ados qui aimaient louer des tonnes de VHS dans les années 80. Je vais te poser une unique question : peux-tu nous raconter d’où est née ta passion avec moult détails croustillants ?

19010205012515263616056377 dans TRAPARDSalut Jimmy ! Alors d’abord, c’est beaucoup (trop) d’honneur que tu me fais là : je ne me comparerai jamais à Alain Petit. Le gars a vécu tellement de choses, il a une telle expérience que je suis tout petit à côté (sans mauvais jeu de mots !). Alain est un acteur (au sens large) du cinéma dont il parle, un témoin direct, moi je ne suis qu’un spectateur qui a envie de causer de ce qu’il aime. Je ne suis pas un « spécialiste » franchement, juste un amateur au sens premier du terme, et comme beaucoup de gens de ma génération (j’ai 48 ans), je suis entré en contact avec ce cinéma au milieu des années 80, lorsque j’ai commencé à visiter de manière systématique les vidéoclubs qui poussaient à tous les coins de rue. Il faut dire que j’avais quelques prédispositions, ayant pris une méga baffe (et vécu la trouille de ma vie !) lorsque j’ai vu à la télé le premier AMITYVILLE… Ce devait être en 1984. Là tu vois, j’ai su d’emblée que mon existence s’en trouverait bouleversée, et que j’allais verser du « côté obscur » de la pellicule (rires) ! Je me suis donc mis à louer les films dont les jaquettes m’avaient tapé dans l’œil et c’est de cette manière que je suis entré en contact avec ce cinéma-là, dans mon vidéoclub favori, Le Palais de la Vidéo, à Beaune. Ne cherche pas sur Google Map, il a disparu depuis belle lurette…

« Jean-Pierre Putters, c’était l’art de croquer un film sans faire le mathématicien ou le géomètre, sans se la jouer architecte du « bon goût ».

19010205050215263616056378En lisant aussi bien sûr, et Mad Movies en particulier, puisque c’est le premier magazine consacré au cinéma fantastique que j’ai acheté (je devais avoir 13 ans). Jean-Pierre Putters, c’était l’art de croquer un film sans faire le mathématicien ou le géomètre, sans se la jouer architecte du « bon goût » : avec le cœur, avec humour (mais sans cynisme), avec affection, même pour des films objectivement ratés. Pas de condescendance dans son approche, et puis une connaissance impressionnante du genre et de toutes ses ramifications ! Oui, sans conteste, c’est quelqu’un dont le style, le ton et l’approche du genre m’ont marqué. A posteriori, je pense d’ailleurs que les premiers numéros de mon fanzine Vidéotopsie ressemblaient trop à « du JPP » dans le ton : mauvais copieur je fus !

La plume de Marc Toullec m’a beaucoup marqué également – et me marque encore beaucoup – je m’en rends compte avec le recul : ce mec a l’art de narrativiser ses articles, d’en faire des histoires – simples et alertes – tout à la fois explicatives et incitatives. Pas de prise de tête, toujours à bonne distance de l’objet dont il parle, sans trop en en faire. J’aime beaucoup le lire, sa prose n’est jamais emmerdante, et encore moins suffisante.

Comme tu l’as compris, je me suis donc d’abord intéressé au fantastique et à l’horreur, qui furent ma porte d’entrée vers le cinéma bis de manière générale. Le cinéma d’action m’y a amené également, mais c’est vraiment par le genre horrifique que je suis passé au cinéma bis, en louant mes premiers Fulci, mes premiers D’Amato, mes premiers Lenzi ou mes premiers Argento, même si le concernant on ne peut pas vraiment parler de « bis ». Ma période vidéoclub dont je viens de te parler remonte à mes quatorze ou quinze ans, et l’idée de monter un fanzine – Vidéotopsie – est arrivée après, en me liant d’amitié avec un mec, lorsque nous étions à la fac, vers 1992 / 1993. Le gars en question avait une collection vraiment impressionnante de VHS, c’était un fou de cinéma bis et il lisait déjà des fanzines comme Ciné Zine Zone ou Monster Bis, que tous les amateurs connaissent. C’est de là que nous est venue l’idée de monter notre fanzine et nous avons donc commencé à réfléchir à une formule, à quelque chose d’un peu original par rapport à ce qui se faisait déjà.

« Je revois encore la tête de Didier Allouch lorsqu’il s’est rendu compte que le fanzine était entièrement sacrifié à VIRUS CANNIBALE, il avait l’air aussi surpris qu’amusé ! « 

19010205102515263616056379En novembre 93 est donc sorti le tout premier numéro de Vidéotopsie, qui était tiré à un nombre d’exemplaires tout à fait ridicule et était consacré spécifiquement, et uniquement, à VIRUS CANNIBALE de Bruno Mattei. Bon, aujourd’hui, c’est devenu un film culte, archi cité, mais à l’époque assez peu de gens en parlaient, et nous avions donc consacré tout un numéro à ce film-là. Nous étions allés le déposer à Paris, à la boutique Movies 2000, et je me souviens qu’à l’époque, c’était Didier Allouch qui était derrière le comptoir. Je revois encore sa tête lorsqu’il s’est rendu compte que le fanzine était entièrement sacrifié à VIRUS CANNIBALE, il avait l’air aussi surpris qu’amusé ! (rires).

Comme tu le vois, ma passion est certes née avec la découverte des grands Anglo-saxons (Carpenter, Romero, Cronenberg, Craven…), mais surtout avec le cinéma bis italien des 70’s et des 80’s, tout genre confondu, même si j’ai une nette préférence pour les films qui tachent : zombies, cannibales, tueurs dingues, postnuke, érotisme… J’adore le giallo (et pas seulement ceux d’Argento), mais aussi Joe D’Amato, réalisateur complètement libre, souvent foutraque dans ses films érotico-sanglants (toujours une scène bien déglingo dans les D’Amato de la grande époque)… Je te citerais aussi Lucio Fulci et ses giallos ou ses films gores, et, dans la division inférieure, Bruno Mattei et ses velléités bis tournant parfois au Z (réalisateur à réévaluer cependant, et sans ce p….. de second degré qui s’applique aujourd’hui à tout, qui tourne tout en dérision). Dans le même créneau, j’accroche aussi au cinéma espagnol de la même période : Paul Naschy forever ! Il y en aurait tant à citer…

« Bref, tout est né dans les 80′s, tout simplement parce j’ai eu la chance d’être ado à cette période et d’avoir ensuite les mots pour causer de ce que j’avais aimé, du moins je le crois. »

19010205140715263616056380Question lecture, on va naviguer dans les mêmes eaux : des grands classiques de mon adolescence (Poe, Maupassant, Gautier, Lovecraft, Villiers-de-L’isle-Adam…) jusqu’à la fameuse Collection Gore. Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert cette collection lorsque j’étais ado, au milieu des années 80, notamment grâce à L’Écran Fantastique qui publiait alors de sacrées pages promo pour cette série de petits livres ! J’ai acheté mon premier Gore au printemps 1986, et mon intérêt pour ces petits bouquins est allé grandissant avec les années, parallèlement à ma passion pour le cinéma d’horreur et le cinéma bis. En 1993, quand j’ai créé Vidéotopsie, je n’avais rien oublié de la Collection Gore (morte en 1990). J’ai donc décidé d’en causer dans mon fanzine et j’ai contacté Daniel Riche (fondateur de la Collection), via le Fleuve Noir. Celui-ci m’a très rapidement répondu et nous avons alors entretenu une belle correspondance. Fort de mes souvenirs de lecture et persuadé que cette Collection avait marqué les esprits plus qu’on ne le pensait, j’ai publié quelques articles sur le sujet et j’ai fait parler quelques-uns des auteurs. J’avais bien dans l’idée que la Collection Gore méritait mieux que quelques papiers dans un fanzine, et l’idée d’un livre me trottait déjà dans la tête. Mais entre le vouloir et le pouvoir… D’ailleurs, quel éditeur assez fou aurait publié un truc pareil ? Pas facile à dénicher, surtout quand on n’a pas les bons codes d’entrée. Le projet est donc resté en jachère pendant des années, comme mon fanzine d’ailleurs… Et puis j’ai 19010205183115263616056381appris le décès de Daniel Riche. Gros coup de bambou sur la tête d’abord, avant de me remettre au « travail » : j’ai repris les chroniques, j’ai multiplié les fichiers Word sur mon ordi, j’ai contacté quelques fondus de Gore pour qu’ils m’épaulent, j’ai établi une espèce de sommaire qui couvrirait tous les aspects de la Collection… Bref, le projet était reparti, quitte à sortir la chose dans un ou deux numéros hors-série de mon fanzine. Je m’étais un peu « résigné » (le mot est impropre) à cette solution, jusqu’à ce qu’Artus Films me propose en 2013 d’en faire carrément un livre… qui sortirait en 2014.

Bref, tout est né dans les 80′s comme tu peux le voir, tout simplement parce j’ai eu la chance d’être ado à cette période et d’avoir ensuite les mots pour causer de ce que j’avais aimé, du moins je le crois. C’est Marcel Proust qui disait que « l’adolescence est le seul temps où l’on ait appris quelque chose. » Je suis certain qu’il avait raison sur ce coup-là : après ça, on ne fait que se répéter en réalité !

David Didelot présentant son livre “ Bruno Mattei – Itinéraires Bis” sur Vidéotopsie Fanzine TV : c’est ICI.

David Didelot présentant son livre “ GORE – Dissection d’une Collection” sur Vidéotopsie Fanzine TV : c’est ICI.

- Entretien réalisé par Trapard - (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

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