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COSMOFICHE : TRON (1982)

COSMOFICHE : TRON (1982) dans CINÉMA 14011505040815263611900363

TRON
Année : 1982
Réalisateur : Steven Lisberger
Scénario : Steven Lisberger
Production : Donald Kushner (Walt Disney Productions)
Musique : Wendy Carlos
Effets spéciaux : Steven Lisberger, Richard Taylor, Harrison Ellenshaw, John Scheele
Pays : USA
Durée : 96 min
Interprètes : Jeff Bridges, Bruce Boxleitner, David Warner, Cindy Morgan, Barnard Hughes…

14011505061115263611900364 dans COSMOFICHEL’HISTOIRE
Kevin Flynn est un programmeur de génie, mais ses programmes ont été pillés par un de ses collègues, Ed Dillinger, qui en tire le bénéfice et réussit à le faire licencier. Kevin tente alors de pénétrer dans le système informatique à la recherche de preuves à l’aide de son programme CLU. Mais le système est passé sous le contrôle d’un des programmes d’Ed, le Maître contrôle principal ou MCP (Master Control Program en version originale), un ancien programme d’échecs qui a évolué. CLU ayant été neutralisé par le MCP, Kevin (avec l’aide d’anciens collègues, Lora et Alan) s’introduit dans l’entreprise pour tenter d’avoir accès, de l’intérieur, aux informations qui lui rendraient la paternité de ses créations. Le MCP prend alors le contrôle d’un laser et réussit à dématérialiser Kevin pour le transformer en programme. À l’intérieur de l’ordinateur, les programmes ont l’apparence de leur concepteur… (Wikipédia)

1982 : UNE ANNÉE TRÈS SF
TRON sort en 1982, une année faste en événements cinématographiques de science-fiction puisque l’on y trouve également BLADE RUNNER, E.T. et STAR TREK II : LA COLÈRE DE KHAN. Annoncé comme une révolution majeure en matière de divertissement et d’effets spéciaux, TRON accède quasi instantanément au rang de film culte pour y demeurer finalement éternellement. Le magazine Première déclare à l’époque dans sa critique : « Profondément, il fait « œuvre de créateur » et participe à l’invention d’un nouvel imaginaire qui, né aussi chez Walt Disney, remplace tout simplement la sorcière sur son balai ou le magicien étourdi d’hier par un ordinateur d’aujourd’hui… TRON par les yeux (format 70 mm), par les oreilles (Dolby six pistes), vous enchantera… de 7 à 77 ans ! »

LA FUSION ENTRE ARTISTES ET INFORMATICIENS
TRON est le produit élaboré d’une fusion entre artistes et informaticiens. Syd Mead (BLADE RUNNER), designer aussi talentueux que Ralph McQuarrie, s’est occupé de la conception de tous les véhicules du film, ainsi que du MCP et du vaisseau de Sark. Moebius, notre Jean Giraud national, s’est chargé de superviser le storyboard et la création des costumes et de certains décors. Phil Lloyd a travaillé quant à lui sur les couleurs et les « luisances ». Pas moins de quatre entreprises américaines de recherche informatique vont œuvrer sur TRON car aucune ne peut, à l’époque, se lancer seule dans un projet de cette envergure. Ce sont ainsi plus de quinze minutes du film qui seront conçues sans intervention humaine et 80% des décors seront peints directement par ordinateur. En outre, et non des moindres, l’ordinateur aura pour rôle d’intégrer les acteurs dans des décors virtuels animés tout en contrôlant couleurs et formes. Ce qui fut un véritable défi dans ce début des années 1980 est devenu ni plus ni moins qu’une simple routine dans le cinéma et les séries TV de SF d’aujourd’hui…

14011505085815263611900365 dans SCIENCE-FICTIONAUCUN DÉTAIL SUPERFLU
Syd Mead déclare à propos de son travail sur TRON : « Le problème qui m’était soumis était très différent de celui que j’avais rencontré dans BLADE RUNNER, par exemple. En effet, tous mes projets devaient avoir cette allure élancée, être débarrassés de tout détail superflu, tant pour les besoins de l’animation par ordinateur que pour ceux du style recherché par Steve. Pour la conception de chacun des engins, j’ai parcouru toute ma documentation et je me suis procuré des photos. Pour le voilier solaire, j’ai exploré le dessin d’un galion espagnol ; pour les chars d’assaut, je me suis servi des derniers modèles de tanks. À partir de ces documents, j’ai commencé à dessiner des chars et je me suis demandé à quoi ils pourraient bien ressembler d’ici une petite cinquantaine d’années. Le grand chic dans les jeux vidéo consistant à interpréter graphiquement des objets familiers, cela collait parfaitement avec ma propre technique. C’est seulement par la suite que j’ai appris que mes dessins avaient été animés par ordinateur. » Harrison Ellenshaw, producteur associé et co-responsable des effets spéciaux du film (et qui a travaillé sur L’EMPIRE CONTRE-ATTAQUE), avoue sans retenue son enthousiasme pour un tel projet : « J’avais très envie de le faire. Je tenais absolument à participer à sa genèse. Pour moi, comme pour tous ceux qui y ont participé, c’était indiscutablement un défi. Personne ne connaissait les réponses d’avance. »

14011505114615263611900366 dans TronLE SENS DU FRAGILE DE MOEBIUS ALLIÉ AU SENS DE L’OPAQUE DE SYD MEAD
Quelles sont donc les raisons qui ont poussé Steven Lisberger, le réalisateur, à choisir Syd Mead et Moebius dans cette formidable entreprise ? Réponse de l’intéressé en ce qui concerne Moebius : « C’est pourtant très simple. Parce que son travail dans la bande-dessinée dépasse le cadre de la bédé. C’est de l’art pur. Il y a dans sa création une constance, une texture, un équilibre, une intégrité qui ont toujours été pour moi une source d’inspiration. Plus un certain mysticisme. Et un « feeling organique », un sens du fragile, du transparent, du translucide. » Maintenant en ce qui concerne Syd Mead : « Syd Mead, en revanche, a le sens de l’opaque, le sens de la masse. Son dessin est fort, puissant. Combiner Moebius et Syd Mead me paraissait devoir être la jonction du Yin et du Yang. Et ça a été le cas : ils ont parfaitement fonctionné ensemble. Le « Voilier solaire » est de Moebius, le « Vaisseau patrouilleur » de Syd Mead, et l’un est à la poursuite de l’autre. »

LE CASTING
Parmi le casting de TRON, on trouve Jeff Bridges (STARMAN) dans le rôle de Kevin Flynn (Clu), Bruce Boxleitner (BABYLON 5) dans celui d’Alan Bradley (Tron) et David Warner (qu’on ne présente plus !) incarne le méchant de service dans la peau d’Ed Dillinger (Sark et voix du Maître Contrôle Principal MCP).

DES SÉQUENCES MÉMORABLES 
TRON sera à l’origine de séquences mémorables comme l’impressionnante poursuite en motos électroniques ou le combat aux frisbees. Quant à la musique de Wendy Carlos, elle utilise à la fois un orchestre philarmonique et de l’électronique, mélange original et plutôt réussi dans l’ensemble.

14011505140015263611900367UN ACCUEIL PEU ENTHOUSIASTE
Flanqué d’un buget de 17 millions de dollars, TRON en rapportera 33 millions. Voilà ce que L’Ecran Fantastique déclarait en 1982 : « En dépit d’un début très encourageant (près de 5 millions de dollars pour les trois premiers jours), Tron ne fut pas accueilli avec enthousiasme par le public américain. [...] Kushner et Lisberger se plaignent en outre du fait que le budget publicitaire consacré à la télévision et aux journaux ne fut que de 3,8 millions de dollars, ce qui n’est vraiment pas beaucoup, selon les critères d’aujourd’hui. On a pu entendre dire pendant un moment que le film donnerait lieu à une séquelle, Tron 2, aux destinées de laquelle étaient censés présider Kushner et Lisberger. Le projet semble maintenant abandonné. » Il aura fallu attendre 28 ans avant de voir la suite de TRON avec TRON : L’HÉRITAGE de Joseph Kosinski (2010). 

L’AVIS DES SPÉCIALISTES
« C’est un film quasiment expérimental dont la partie la plus faible réside dans un scénario et des personnages auxquels le spectateur demeure étranger. Les acteurs eux-mêmes sont réduits à des marionnettes. » (Jean-Pierre Piton & Alain Schlockoff / L’Encyclopédie de la Science-Fiction / éd. Jacques Grancher / 1996)

« L’idée, à vrai dire, était astucieuse. En outre, la réalisation des séquences d’animation informatisée ne ressemblait à rien qu’on eût déjà vu. Hélas, la réussite est un peu trop complète : l’action et ses rebondissements, la psychologie des personnages et les dialogues qu’ils prononcent, tout cela appartient également à l’univers des divertissements d’arcade. » (Lorris Murail / Guide Totem : La Science-Fiction / éd. Larousse / 1999)

« Il est plutôt rare qu’un film expérimental se révèle une (presque) totale réussite artistique : c’est pourtant le cas de TRON. » (Jean-Pierre Andrevon / 100 Ans et plus de Cinéma Fantastique et de Science-Fiction / éd. Rouge profond / 2013)

- Morbius – (CosmoFiction)

Sources : WikipédiaPremière, 80 Grands Succès de la Science-Fiction, L’Écran Fantastique n°30.

BLU-RAY LIFEFORCE : BANDE-ANNONCE

Bande-annonce pour le Blu-ray du film LIFEFORCE (1985) de Tobe Hooper dont la restauration a été supervisée par le réalisateur lui-même. Les images sont superbes et le contenu des suppléments semble prometteur.Ce Blu-ray n’est disponible, pour l’instant, qu’en version anglaise. On reviendra sur LIFEFORCE dans CosmoFiction, bien sûr.

- Morbius – (CosmoFiction)

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LE CINOCHE DE TRAPARD : MATADOR (1985)

LE CINOCHE DE TRAPARD : MATADOR (1985) dans CINÉMA 14011412244915263611896946Trapard et le cinéma espagnol, Trapard et MATADOR. Un film qui n’a rien à faire dans CosmoFiction ? Si, la preuve par Trapard…

Je me souviens avoir découvert le cinéma d’Almodóvar en louant innocemment la VHS de FEMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS (1988, Mujeres al borde de un ataque de nervios) dans un vidéoclub de quartier en 1989, et j’avais aussi entendu parler de la comédienne Carmen Maura. J’avais apprécié le côté survolté et hitchcockien du film mais sans plus finalement, mais ça m’avait tout de même incité à louer ATTACHE-MOI ! (1989, ¡Átame!). Et je dois bien reconnaître que la notoriété de Victoria Abril était passée par là, et je savais que c’était une comédienne qui n’avait pas froid aux miches devant une caméra. Puis je l’avais trouvée fascinante, charnelle, impulsive, maternelle et femme de caractère dans son rôle dans LA LUNE DANS LE CANNIVEAU (1983) de Jean-Jacques Beineix. Un film où je lui trouvais nettement plus de présence que Natassja Kinski qui bien qu’étant l’héroïne du film, se cachait comme toujours derrière la poésie de ses personnages. Alors que Victoria Abril se plantait belle et bien là.

ATTACHE-MOI a été comme une vraie claque pour moi, pour son mélange d’érotisme, et son histoire de kidnappeur maladroit et romantique interprété par un Antonio Banderas encore tout jeune. Puis Francisco Rabal y incarnait une sorte de réalisateur de films d’horreur fauchés, ce qui n’était pas non plus pour me déplaire. J’en avais même acheté la VHS que j’avais prêté aux copains du lycée, ainsi qu’à mon professeur d’espagnol. Quelques années plus tard, on me rapporta que ce même professeur, alors retraité et témoin de Jéhovah, se souvenait de moi comme un lycéen qui faisait des trafics de films pornographiques espagnols. C’est dire qu’en tant que Nouméen, je n’avais pas compris en cette année 1989 qu’il existait plusieurs « Espagne », et que ce mouvement cinématographique de « la Movida » n’était pas au goût de tout le monde, là où moi j’y voyais surtout des films frais et très modernes. Je n’ose même pas imaginer le scandale si je lui avais prêté l’excellent LES VIES DE LULÙ (Las Edades de Lulù) de Bigas-Luna (qui avait déjà tourné le film d’horreur ANGOISSE en 1987) et qui est sorti l’année suivante, et que même le vieil exploitant principal de Nouméa lui avait préféré une diffusion en salle très discrète et assez frileuse : dans la salle du Liberty destinée aux projections de films X.

14011412290415263611896949 dans HORREUREn fin d’année, lors d’un voyage en Europe, je prenais le train pour la Catalogne. Et je logeais à Figueras, chez un correspondant (issu d’un échange dans « Le courrier des lecteurs » de Mad Movies) et qui détestait lui aussi Almodóvar, ne voyant que du plagiat (de Wim Wenders, de Nicholas Ray et d’Alfred Hitchcock), là où le cinéaste espagnol assumait pourtant ses références dans ses films. Quoi qu’il en soit, mon correspondant m’aida malgré tout à trouver les VHS de MATADOR et de LA LOI DU DÉSIR (1986, La ley del deseo). Je découvrirai les premiers films « punks » d’Almodóvar en 1992, dans un cinéma de quartier de Montpellier, lors de mes études universitaires.

MATADOR date de 1985 et on est déjà dans un long-métrage très bien construit, et très professionnel. J’entends par là que l’ensemble parait nettement moins négligé que dans ses films précédents qui sont beaucoup plus trashs et provocateurs, Almodóvar imposant généralement son homosexualité à l’écran de manière très violente. Mais MATADOR est un vrai compromis du cinéma d’Almodóvar, avec un excellent scénario. On y retrouve Antonio Banderas, très jeune et très naïf et romantique (dans un rôle proche de celui qu’il tient dans ATTACHE-MOI !) et l’ensemble est très sombre, à la limite du morbide. MATADOR est d’ailleurs une sorte de « Giallo » tardif, mais situé dans un milieu urbain d’Espagne où se côtoient des protagonistes aux passions les plus extrêmes : la religion, la tauromachie, la libido, et un goût extrême pour la mort, d’ailleurs sexualité et morbidité étant toujours très ambivalents dans le film. MATADOR démarre avec cette scène culte où Banderas se masturbe devant un passage de meurtre sanglant issu de SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN (1964, Sei donne per l’assassino), le giallo incontournable de Mario Bava. Oppressé par une mère aux influences tentaculaires et membre de l’Opus Dei, tourmenté par le désir d’affirmer sa virilité, Ángel (Antonio Banderas) tente de violer en pleine rue sa voisine Eva, jeune mannequin et petite amie de Diego Montes, le professeur de tauromachie d’Ángel, mais il se ridiculise. Il se dénonce auprès d’un commissaire de police, puis en découvrant des photos de meurtres, il s’accuse de plusieurs crimes et demande l’assistance de l’avocate Maria Cardina. Lors de cette quête de virilité sous une apparence de monstruosité, Ángel va se confronter à Maria Cardina la mante religieuse et Diego Montes le cobra, deux prédateurs qui croiseront inévitablement leurs chemins…

14011412305415263611896950 dans LE CINOCHE DE TRAPARDLes deux comédiens Assumpta Serna et Nacho Martínez sont fascinants dans leurs rôles respectifs de Maria et Diego, éclipsant même, dans MATADOR, la présence du jeune et désormais mondialement célèbre Antonio Banderas. Bien que le film est souvent classé dans le cinéma d’auteur, ou comme un thriller érotique, je le considère comme un vrai film d’horreur. Mais là où n’importe quel Giallo ou Slasher aurait développé une certaine tension dans son suspense, Almodóvar a fait de MATADOR un film viscéralement morbide, à la limite du romantisme le plus sombre. Bien que trop personnels pour être considérés comme des films de genre, on retrouve pourtant dans les films de Pedro Almodóvar tous les ingrédients de ce cinéma d’exploitation. En 2011, on trouvera d’ailleurs des critiques de son film récent, LA PIEL QUE HABITO dans des magazines comme Mad Movies.

- Trapard – (CosmoFiction)

EMPIRE INTERNATIONAL PICTURES (Empire pour les amis…)

Après l’article de Flynn sur PUPPET MASTER, retour sur les productions Empire Pictures par Dave Altou, qui vous présente Charles Band et ses CREEPOZOID, DOLLS, RE-ANIMATOR et autres visions de terreur, euh, pardon, et autres TERRORVISION !

EMPIRE INTERNATIONAL PICTURES (Empire pour les amis...) dans CINÉMA 1401120157051526361188929614011201581815263611889297 dans DAVE ALTOUMalgré son nom, Empire Pictures n’a rien avoir avec l’univers STAR WARS, donc, les jedimaniacs, cet article n’est pas pour vous mais pour les amoureux des nanars à la sauce eighties.

Empire Pictures voit le jour en 1983 suite à la volonté de son “créateur”, Charles Band, de trouver un moyen de mieux distribuer les films qu’il produit. En effet, Monsieur Band, Charles Band, est, au début des années 80, à l’origine financière de bonnes petites séries B comme TOURIST TRAP (79), PARASITE (82) et METALSTORM (83). N’étant pas satisfait de la distribution de ses films sur le sol US, il décide alors de monter sa propre boîte de production et de distribution. Empire Pictures produira environ une cinquantaine de films entre 1983 et le début des années 90 dans ses studios basés en Italie.

Entre deux “navets” (BREEDERS,….), Empire Pictures permettra la réalisation de films qui marqueront notre cinéma avec des titres comme RE-ANIMATOR (85) et, dans une moindre mesure, GHOULIES (85). Le premier rencontrera un gros succès et cèlera une collaboration fructueuse entre Charles Band et le réalisateur Stuart Gordon pour d’autres films dont FROM BEYOND (86), DOLLS (87) et ROBOJOX (90). À noter, pour RE-ANIMATOR, cette incroyable séquence ou une tête décapitée tente un cunilingus à la belle Barbara Crampton (que l’on retrouvera tout aussi aguicheuse dans FROM BEYOND), une séquence totalement “Dave Altou approved” bien sûr !

D’autres productions Empire marqueront les eighties Fantastique comme TROLL (86), TERRORVISION (86) et CREEPOZOID (87).

1401120159581526361188929914011202023415263611889301Malheureusement, avec l’enchaînement des productions les unes après les autres, Charles Band commence à avoir du mal à gérer correctement sa compagnie qui rencontrera de graves problèmes financiers au début des années 90. Ne pouvant plus faire face à ses dettes, Charles Band n’aura d’autre choix que de revendre Empire Pictures. Elle sera rachetée par la société Epic puis disparaîtra dans les années qui suivront.

Après la chute de la maison Empire (!), Charles Band lancera une nouvelle boîte de production du nom de Fullmoon Entertainment (qui existe encore aujourd’hui) et qui produira, entre autre, la célèbre série des PUPPET MASTER (qui avait commencé à être imaginée dans les dernières années d’Empire). Mais ceci est une autre histoire….

Il est indéniable que les productions Empire auront marqué mes années de jeune fantasticophile, avec leurs scénarii parfois complètement loufoques (TERRORVISION et sa chaine TV extraterrestre !) ou repris des grosses productions hollywoodiennes (qui a dit que GHOULIES avait un rapport avec GREMLINS ?). Mais, comme dans les années 50, la plupart des films Empire m’ont fait rêver avec leurs sublimes affiches et leurs bandes annonces alléchantes (souvent bien meilleures que les films eux-mêmes). Un esprit que Charles Band conservera dans ses productions Full Moon avec le charme des eighties en moins.

Pour en savoir plus sur Chales Band : Nanarland

Le site officiel de FullMoon.

- Dave Altou – (CosmoFiction)

COSMOCRITIQUE : TERMINATOR (1984)

COSMOCRITIQUE : TERMINATOR (1984) dans CINÉMA 14011101120715263611887117

La catégorie Cosmocritique accueille les anciennes « critiques » publiées dans les numéros des années 80 de CosmoFiction Fanzine. L’équipe était alors très jeune. Notre passion se lisait à travers nos écrits et notre engouement aveuglait parfois notre sens critique ! Mais peu importe, au moins nous vivions intensément nos rêves sans nous soucier du « qu’en-dira-t-on ».

14011101192215263611887120 dans COSMOCRITIQUERevenons à l’époque de la sortie de TERMINATOR de James Cameron, en 1984. Alain et moi avions alors des avis divergents sur un film devenu aujourd’hui un classique incontournable. Voici ce que nous en pensions dans les numéros 8 et 12  de CosmoFiction Fanzine respectivement parus en juillet et en décembre 1985…

Si, à première vue, le scénario de TERMINATOR peut paraître original et recherché (transfert temporel d’un des robots qui dominent le monde en 2029 pour tuer la mère du plus redoutable des rebelles à leur tyrannie avant qu’il ne naisse), on s’aperçoit en fait (en particulier à la fin du film) que l’histoire est plus absurde que recherchée et qu’elle ne représente qu’un infernal cercle vicieux. Il est, de plus, bien difficile de comprendre au tout début du film, lors de la présentation de Los Angeles en 2029, que l’on se trouve face au premier prix du Festival d’Avoriaz 85 : le vol des vaisseaux (si on peut les appeler ainsi) est plus proche de SPECTREMAN que de LA GUERRE DES ETOILES !

Mais d’autres plans du film se révèleront, fort heureusement, bien plus flatteurs que ceux que je viens d’énoncer, en particulier les maquillages spéciaux de Stan Winston ou encore les effets mécaniques du Terminator qui constituent certainement à eux seuls les deux atouts du film.

TERMINATOR est un film qui n’est pas sans rappeler une quantité d’autres, et surtout SATURN 3. Son climat a trop tendance à devenir du STARSKY ET HUTCH…

La musique ne demeure quant à elle que peu intéressante. Par contre, il n’y a aucun reproche à faire au jeu d’Arnold Schwarzenegger. Il faut dire que celui-ci n’est pas plus bavard que dans CONAN… et pas plus civilisé non plus d’ailleurs !

Il ne reste de TERMINATOR qu’un film SF de bas niveau, mais, à l’opposé, un excellent film d’action. Il serrait en tout cas invraisemblable de le présenter, malgré son succès à Avoriaz, comme l’un des événements cinématographiques de l’année. »

- Alain -

14011101223015263611887121 dans FANZINE COSMOFICTIONAccrochez-vous bien à votre fauteuil : dès les premières images, le Terminator – la plus redoutable des machines jamais créée par le cinéma fantastique – donne le ton au film de James Cameron : action, violence et sang ! Oui, TERMINATOR est avant tout un film d’action, le cyborg étant ici le seul élément fantastique du film, où le scénario disparaît pour faire place aux scènes choc et aux effets spéciaux. En cela, le film est une réussite totale. Fracassante, la scène du night-club ! Sanglante, la scène du carnage du commissariat ! Haletante, la poursuite en voiture à la fin du film ! Étonnante, la lutte au corps à corps entre un robot et des êtres humains !

De son côté, Arnold Schwarzenegger interprète là un rôle qui lui va à ravir ; il cesse de rouler les mécaniques (pourtant ne devrait-il pas le faire puisqu’il est ici une machine ?!) pour prendre un air grave : il voit rouge en permanence (!).

Quant au robot, au cyborg pour être plus précis, il est stupéfiant ! Son apparence, ses mouvements, sont d’une étonnante crédibilité !

James Cameron signe là un petit chef-d’œuvre du genre, et c’est avec une grande impatience que l’on attend TERMINATOR 2, déjà en projet.

- Hervé/Morbius - (CosmoFiction)

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PUPPET MASTER (1989)

Flynn devient pour nous le « maître des marionnettes », le temps pour lui de nous confier ses impressions sur le film PUPPET MASTER. Méfiez-vous : l’assassin se cache parmi nous !

PUPPET MASTER (1989) dans CINÉMA 1401101244481526361188486925 années se sont écoulées. Et pourtant, le film est excellent. Écrit et réalisé par David Schmoeller, produit par Full Moon et Charles Band, PUPPET MASTER, en V.O. MUPPET MASTER, est l’un des films phares des productions Full Moon.

L’histoire de PUPPET MASTER est assez mystérieuse. C’est un peu une sorte de conte glauque avec un univers dérangé et perturbant. En 1939, André Toulon, fabricant de poupées, se suicide afin que l’on ne puisse avoir accès à son secret pour donner vie aux poupées. Quelques dizaines d’années plus tard, 4 personnes, dotées chacune d’un pouvoir magique, se rendent à l’hôtel dans lequel André Toulon s’est donné la mort. En effet, elles ont été invitées par Neil Gallagher. Une fois sur place, elles apprennent que celui-ci est mort et se mettent en quête du secret d’André. Mais les marionnettes tueuses sont de retour…

Outre ce que l’on voit dans la scène d’ouverture, avec André Toulon, l’on ne sait rien du tout à propos des marionnettes. Elles ont un côté mystique qui fait que l’on est attiré par celles-ci sans savoir pourquoi. Mais le film n’est pas là pour nous dévoiler le secret de ces dernières, ou pas totalement.

L’intrigue est construite un peu à la manière d’un film policier à huis clos. Un certain nombre de personnes se trouvent dans un lieu. L’assassin se trouve parmi elle. Mais l’on ne sait pas de qui il s’agit. Les personnes meurent les unes après les autres, sauf une qui va se charger de résoudre l’enquête. À partir de ça, l’on vient ajouter des éléments fantastiques, horrifiques et surnaturels. Les trois quarts des films « d’horreur » que l’on trouve maintenant sont bâtis sur le même schéma. C’est un sous-genre de l’horreur, qui consiste à prendre une bande de gamins débiles et les faire mourir les uns après les autres. C’est toujours la même chose, c’est mal exploité, et ça n’a aucun intérêt. Ici, c’est un peu plus mature (malgré la bêtise de certains personnages), et la menace est plus impressionnante. S’il y a un film auquel j’ai pensé en regardant PUPPET MASTER, c’est EVIL DEAD, parce que l’on se trouve un peu dans le même type d’histoire.

14011012460815263611884872 dans HORREURLa réalisation de Schmoeller n’est pas mauvaise du tout. Prévu à la base pour le cinéma, la qualité des images, des couleurs, du son, etc, était donc nettement supérieure à ce qui sortait directement en VHS. Et les effets spéciaux telle que l’animation des marionnettes sont vraiment réussis, surtout pour un petit budget. D’ailleurs les marionnettes en elles-mêmes sont assez terrifiantes.

PUPPET MASTER n’est pas extraordinaire, mais l’univers est plaisant et regorge de secrets. C’est un vieux film d’horreur comme on n’en fait plus et mérite un certain succès !

La qualité du DVD n’est pas exceptionnelle, mais ça se tient, ça donne un petit côté VHS au visionnage, c’est pas désagréable. Comme toujours une petite analyse du film, par Francis Barbier cette fois, mais toujours aussi intéressante. Vous avez aussi une galerie d’images et quelques bandes-annonces.

- Flynn – (CosmoFiction)

HERCULE (1983) : Le combat contre l’Hydre

HERCULE (1983) : Le combat contre l'Hydre dans CINÉMA 14011001492515263611884895CosmoFiction vous propose aujourd’hui cette jolie séquence vidéo issue du film HERCULE (1983), grand nanar péplumesque-science-fictionnel à deux sous réalisé par Luigi Cozzi (déjà coupable du cultissime STAR CRASH avec la belle Caroline Munro).

Les Italiens n’ont jamais eu froid aux yeux, ni ailleurs à vrai dire ! Et nous voilà donc avec un Lou Ferrigno (inoubliable Hulk dans la série télévisée L’INCROYABLE HULK, diffusée de 1977 à 1982) dans le rôle d’un Hercule du futur, ou plutôt d’un Hercule de l’espace… enfin bref : on ne sait plus très bien en fait dans ce film !

Dans les années 80, on aimait transposer la mythologie grecque dans l’univers SF. Mais ce qui marchait avec certains (ULYSSE 31) ne marchait pas forcément avec d’autres, comme ici… Dans cette production de la légendaire Cannon des frères Golan et Globus (LIFEFORCE, LES MAÎTRES DE L’UNIVERS, INVADERS FROM MARS le remake…), où les étoiles et les planètes sont plus colorées qu’une guirlande clignotante d’un sapin de Noël, où les décors en carton pâte sont de rigueur et où le jeu d’acteur est aussi expressif que le sourire d’une méduse, on nous offre cette sympathique séquence dans laquelle Hercule doit affronter l’Hydre, mais une Hydre mécanique, robotisée, aux yeux rougeoyants.

Réalisée selon le procédé de la stop motion (technique utilisée par Ray Harryhausen dans tous ses films), la séquence est due au spécialiste italien des effets spéciaux, Armando Valcauda. Luigi Cozzi déclare à propos : « La scène était tellement réussie que lorsque Golan et Globus ont vu les rushes, ils m’ont aussitôt demandé de tourner des plans supplémentaires. Hélas, entre temps, Valcauda avait complètement détruit la maquette de l’Hydre. » (L’Écran Fantastique 348) Bravo Valcauda ! Aucun respect pour ses propres créations ! Pfff !

- Morbius – (CosmoFiction)

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COSMOFICHE : STARFIGHTER (1984)

COSMOFICHE : STARFIGHTER (1984) dans CINÉMA 14010912164315263611882198

STARFIGHTER (THE LAST STARFIGHTER)
Année : 1984
Réalisateur : Nick Castle
Scénario : Jonathan R. Betuel
Production : Gary Adelson & Edward O. Denault (Universal / Lorimar)
Musique : Craig Safan
Effets spéciaux : Digital Production
Pays : USA
Durée : 101 min
Interprètes : Lance Guest, Catherine Mary Stewart, Robert Preston, Dan O’Herlihy, Barbara Bosson…

L’HISTOIRE
Alex Rogan est un jeune américain résidant dans un camping-car avec sa famille. Il passe le plus clair de son temps à jouer à Starfighter, un jeu d’arcade. Un jour, alors qu’il a pulvérisé tous les records, un étrange inconnu l’embarque à bord de sa voiture. Il s’agit en fait d’un extraterrestre chargé de recruter les meilleurs pilotes afin de sauver la galaxie de l’armada Ko-Dan dirigée par le dangereux Xur. Alex se retrouve catapulté dans un univers à des années lumière de la Terre où il va devoir participer à un conflit spatial à bord d’un vaisseau de combat stellaire…

14010912205615263611882225 dans COSMOFICHE

TOUT LE CHARME DES EIGHTIES
STARFIGHTER possède tout le charme des films de divertissement SF des années 1980 : tonus, originalité, humour et personnages attachants. Réalisé avec un petit budget d’environ 15 millions de dollars (quand on connaît ceux d’aujourd’hui !), il parvient sans le moindre problème à atteindre son objectif premier : distraire le spectateur dans un space opera-comédie plein d’entrain.

LA LÉGENDE DU ROI ARTHUR DANS LES ÉTOILES
Il réalise également l’exploit de présenter pour la première fois à l’écran un vaisseau spatial entièrement conçu en images de synthèse. Et l’histoire ne se contente pas d’être un simple film sur les jeux vidéo d’arcade très en vogue à l’époque (Space Invaders, ça vous rappelle quelque chose ?) : « Je raffole tout simplement des légendes de la Table Ronde, de ces garçons d’étables devenant roi », déclare le scénariste Jonathan R. Betuel. « Pour moi, STARFIGHTER n’est pas ce que j’appellerais un film sur les jeux vidéo. Je considère ce jeu comme un moyen de passer de la Terre sur un autre monde. Mon intention était de raconter la légende du roi Arthur dans des termes contemporains. Le jeu vidéo du film remplace l’épée dans la pierre : lorsque Wart a retiré l’épée de la pierre, il devient roi, avec l’aide de Merlin. De la même façon, lorsque Alex réussit un score inégalé au Starfighter, grâce à l’intervention d’un Merlin moderne, Centauri – interprété par Robert Preston – il est transporté sur un autre monde où il doit mener « le bon combat » contre les extraterrestres maléfiques, les Ko-Dans. »

14010912221815263611882226 dans SCIENCE-FICTION

UNE IMAGINATION SANS LIMITE
Ron Cobb, connu pour son travail sur CONAN, ALIEN et STAR WARS IV, est le chef décorateur sur STARFIGHTER. Betuel raconte à propos de lui : « Il suffisait de lui dire : « extraterrestres », et il inventait quelque chose ! Nous pensions avoir une imagination délirante, mais là, il nous bat tous. C’est le plus grand dans son domaine. »

14010912241115263611882227 dans StarfighterCRAY-1, CRÉATEUR D’EFFETS SPÉCIAUX 
En ce qui concerne les effets spéciaux visuels du film, c’est le super-ordinateur CRAY-1, créé par Digital Production, qui en est à l’origine. STARFIGHTER regroupe au total une vingtaine de minutes de scènes spatiales entièrement virtuelles pour un coût de 3 millions de dollars, un exploit deux ans seulement après le pionnier en la matière : TRON. « Nous avons beaucoup tâtonné au début », avoue le directeur de la photo King Baggot. « L’animation par ordinateur fait appel à des optiques tout à fait inédites. Il faut s’y faire. » Les productions actuelles n’ont plus de soucis à se faire sur ce plan là.

UN ACTEUR IGUANE 
Parmi les acteurs, on trouve Dan O’Herlihy dans le rôle de Grig, le compagnon extraterrestre d’Alex qui sera également son guide dans cet univers inconnu. L’acteur déclare à propos de son rôle : « Le personnage me plaisait. Il me faisait rire, et j’avais justement envie de jouer dans une comédie. Ce n’est pas un rôle purement comique, bien entendu, mais il y a des éléments d’humour tout au long. » En ce qui concerne son maquillage d’iguane E.T., il précise : « Pour le maquillage, nous sommes arrivés à battre un record : il ne faut pas plus de 45 minutes pour me transformer en iguane. Au début, ça mettait une heure et demie… Mais nous sommes passés maîtres dans l’art de me métamorphoser en extraterrestre ! »

Quant au magnifique générique du film, composé par Craig Safan, il possède tout le côté épique et militaire, véritable marche triomphante vers la victoire.

Un remake de STARFIGHTER serait annoncé. Une affaire à suivre…

L’AVIS DES SPÉCIALISTES 

14010912285115263611882229« Moins hypnotique que TRON, plus approfondi qu’EN PLEIN CAUCHEMAR dont les jeunes héros maniaques de jeux vidéo plongeaient eux aussi dans l’univers impitoyable de l’électronique, plus rigolo que WAR GAMES, le « Guerrier des Etoiles » est un divertissement charmant et mouvementé pour tout public. Apparemment sans prétention mais comportant des trucages étonnants (certaines scènes conçues par un ordinateur qui simule les vaisseaux spatiaux à la perfection). STARFIGHTER, le space opera des familles a un petit côté HALLOWEEN avec ses teenagers à peine délurés et SF des années 50 avec ses légions de l’espace à la Edmond Hamilton ! Entre les effets spéciaux comme on les aime et les extraterrestres biscornus avec des groins d’enfer et des tentacules sur la tronche, pas d’ennui possible ! » (Hélène Merrick / L’Année du Film Fantastique 85-86 / éd. Bédérama)

« Rares sont les parodies de films de science-fiction de qualité, encore plus rare leur distribution en France. Cette réjouissante comédie, habilement menée par Nick Castle (tueur fou d’HALLOWEEN et scénariste de NEW YORK 1997) nous entraîne dans une galaxie peuplée d’extraterrestres en folie que ne dénigrerait point Tex Avery, où les gags s’accumulent frénétiquement alors que l’imagerie clinquante côtoie le somptueux visuel, le tout en un amalgame inextricable parfaitement homogène ! » (Daniel Scotto / L’Ecran Fantastique 57 de juin 1985)

« STARFIGHTER de Nick Castle entend bien renouveler le space opera dans ses formes les plus sophistiquées, les effets spéciaux. Ordinateurs et images de synthèse démobilisent donc les bonnes vieilles maquettes de LA GUERRE DES ETOILES. Et STARFIGHTER mise bien des espoirs sur ses ordinateurs, donnant une armada de vaisseaux spatiaux lisses comme des jouets neufs. Logique en fait, puisque ce sont des éléments du jeu vidéo Starfighter (porte sur une autre galaxie) dont rafole le jeune Alex rogan. Là, en live, la planète Rylos résiste aux attaques des despotes Xur et Kodan. STARFIGHTER, c’est du synthétique, du polyphosphaté. LA GUERRE DES ETOILES, c’est de la matière, de la vraie, des émotions et de l’esprit. » (Marc Toullec / Impact 48 de décembre 1993)

- Morbius – (CosmoFiction)

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Sources : Wikipédia, L’Ecran Fantastique, L’Année du Film Fantastique 85-86.

LE CINOCHE DE TRAPARD : CARNAGE (1981)

Entre confessions, souvenirs d’ado et nostalgie d’antan, Trapard nous propose un vrai CARNAGE aujourd’hui, celui de Tony Maylam réalisé en 1981 !

LE CINOCHE DE TRAPARD : CARNAGE (1981) dans CINÉMA 14010807554715263611879479Puisque CosmoFiction revient sur les années 80, c’est tout naturellement que je vais revenir sur ma culture du cinéma d’horreur bis qui est elle aussi née lors de cette décennie.

Je me souviens avoir vu CARNAGE (The Burning) en 1988, année où CosmoFiction voyait le jour, et période durant laquelle j’hésitais déjà entre rester et quitter le Sci-Fi Club. Ayant intégré l’association en juin 1986, ma cinéphilie s’était déjà affinée en cette année 1988, année de mes 17 ans. Et trouvant ma culture très centrée sur des sujets beaucoup plus terre-à-terre que la science-fiction ou les sujets empreints d’irréel, ce sont les nouvelles cultures geeks qui ont intégré le Sci-Fi qui m’ont décidé à partir petit à petit.

Et en cette année 1988, la location de VHS avait un sens différent pour moi car autant quatre ans auparavant je parcourais les rayons de vidéoclubs en créant des liens entre chaque films loués, autant, au fil du temps, je décidais régulièrement de me laisser surprendre en louant des VHS avec des jaquettes aux dessins les plus zarbis les uns que les autres. Et être déçu d’un film ne me dérangeais plus vraiment, d’autant que j’étais plutôt solitaire, et me plaindre ne me serait pas venu à l’esprit. Et c’est dans cette logique que j’avais loué CARNAGE. Ceci très machinalement. Mais quoi que… Il faut bien avouer que l’affiche où l’on découvre cette silhouette qui brandit une paire de cisailles m’avait très motivé. Je sais que je ne lisais déjà plus les résumés derrière les boîtiers qui étaient généralement erronés et mensongers, et CARNAGE m’annonçait un « Psycho-Killer » (la désignation du Slasher dans les années 80) du genre d’un VENDREDI 13 : sanglant, expéditif et avec des scènes atmosphériques et violentes.

Et en 1988, je n’empruntais plus les K7 des « Grands », c’est-à-dire, que ce n’était plus des amis de deux ou trois ans plus vieux que moi, qui me fournissaient des films « pour que je me fasse peur », seul, à la maison, et de préférence la nuit, devant le premier EVIL DEAD, ou L’ENFER DES ZOMBIES, ou encore INSEMINOÏD (merci à Eric T., pour ces moments).

Ou à deux, avec mon meilleur pote de l’époque, lorsqu’on louait des films gores ou d’horreur légèrement olé olé des seventies, qu’on regardait dans le noir, chez lui ou chez moi, lorsque nos parents respectifs étaient couchés (et merci aussi à Laurent S., pour ces moments).

14010807581215263611879480 dans HORREUR

Non, lorsque j’avais loué CARNAGE, je revenais chez moi avec « le film de la soirée » que je posais sur la table de la cuisine, et si mon frère ou mes parents n’avaient rien à faire après le repas, ils s’installaient devant le magnétoscope pour regarder le film avec moi. À la même enseigne que si moi, ou un autre, avions loué un Sylvester Stallone, un Clint Eastwood, ou même, une nouveauté quelconque.

14010808013315263611879482 dans LE CINOCHE DE TRAPARDCARNAGE m’avait assez plu, car j’y voyais un sous-VENDREDI 13 plutôt réussi, du genre des ROSEMARY’S KILLER et autre film de vengeance et de meurtres à l’arme blanche du tout début des années 80. Le film démarrait d’ailleurs à la manière du second volet des VENDREDI 13, autour d’un feu, dans un camp de colonie de vacances, puis après une plaisanterie d’ados qui tournait mal, ça virait au CARNAGE annoncé par le titre.

J’ai acheté le DVD en Zone 1, il y a deux ans, et j’en ai profité pour le revoir, et comme de bien entendu, j’ai dû faire quelques efforts pour réadapter mon regard à ce format de séries B d’il y a trente ans. Avec son rythme de montage lent, ses cadrages souvent serrés pour cacher le manque de moyens financiers, et le côté extrême du jeu des comédiens – surtout adolescents – de ce genre de film. Et forcément, j’imagine sans peine la difficulté qu’aurait à le voir une personne qui aurait grandi en découvrant les formats standards TV et ciné des années 90. Et c’est une des raisons pour lesquelles j’adhère depuis quelques années à cette culture appelée – récemment – le « cinéma bis », parce qu’elle me permet de regrouper des films que j’ai aimé à cette époque, mais non pas par genres, mais par influences, par années, par thèmes, par réalisateurs. Et je dois même avouer que la qualité d’un film n’est quasiment plus un grand facteur d’intérêt pour moi, je recherche plus son contexte de tournage et de sortie en salles ou en vidéo. Et cette culture du cinéma bis m’a aussi permis de la concilier avec une autre culture que j’appréciais en parallèle, qui est celle du cinéma d’auteur, que j’ai souvent considérée comme contradictoire, alors qu’elle n’est que complémentaire.

- Trapard – (CosmoFiction)

14010808053715263611879493 dans TRAPARD

RICHARD DONNER ET « LADYHAWKE »

RICHARD DONNER ET Richard Donner s’exprime ici à propos du choix des acteurs principaux et des musiciens pour son film LADYHAWKE (1985) : « Michelle Pfeiffer est foncièrement moderne, à la fois dans ses attitudes et sa coiffures. Une perruque a été faite pour elle, mais cela ne convenait pas ! Elle ressemblait à Lady Godiva ; l’époque était respectée, mais pas le caractère de la fille… Matthew Broderick aussi respire le contemporain. J’aurais évidemment pu opter pour de nombreux jeunes acteurs britanniques, mais nous avons été conditionné à ce type de jeu dans… ce type de film. Matthew est quelqu’un de moderne, comme la musique. Je ne voulais pas quelque chose de traditionnel. J’ai écouté toutes les vieilles compositions de Max Steiner et autres. Beurk ! Tellement vieux-jeu. Daté et poussiéreux ! Et puis Alan Parsons et Andrew Powell sont d’excellents musiciens. Avec le Philarmonique de Londres, avant qu’ils introduisent la basse électrique. Bordel, j’adore ça ! »

(L’Année du Cinéma Fantastique 85-86 / Guy Delcourt & Dominique Monrocq / éd. Bédérama)

- CosmoFiction -

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