Archives pour la catégorie CINÉMA

MONSTER DOG (1984)

Du loup-garou transalpin au menu, c’est un mets plutôt rare nous dit Tom en nous présentant la bête fraîchement abattue par ses soins. À la table des convives, entre autres, Claudio Fragasso et Alice Cooper… Asseyons-nous un instant…

MONSTER DOG (1984) dans CINÉMA 18052105482215263615722259MONSTER DOG

Italie – 1984 – Claudio Fragasso

Avec : Alice Cooper, Victoria Vera, Carlos Santurio, Pepa Sarsa, Pepita James, Emilio Linder, Ricardo Palacios, Luis Maluenda, Barta Barri, Charly Bravo…

Créature emblématique et fascinante ayant inspiré grand nombre de cinéastes, le loup-garou montra le bout de sa truffe humide dans une quantité incalculable de productions venant de pays aussi différents, sur le plan culturel, qu’ils ne le sont sur la façon dont ils vont imager le mythe. Des premières œuvres répertoriées sur le territoire américain, puis en passant sur les terres ayant vu naître la divine Salma Hayek, le lycanthrope va considérablement voyager et devenir une valeur sûre du cinéma horrifique d’exploitation. À un détail près quand même, il semblerait que notre boule de poils favorite ne soit pas un grand fan des spaghettis à la bolo, dommage. Mais ce n’est pas bien grave, car Claudio Fragasso va nous arranger cela…

Figure particulièrement populaire en Espagne, Paul « Waldemar » Naschy l’ayant plutôt bien aidé et de surcroît finement exploité (LA FURIE DES VAMPIRES ou encore le génial DRACULA CONTRE FRANKENSTEIN), au passage particulièrement remarqué dans la Perfide Albion, Terence Fisher nous a vraiment offert une inoubliable NUIT DU LOUP-GAROU, la féroce bestiole velue ne fut guère aperçue aux abords des forêts de la péninsule italienne. Étrange.

Bien occupés, passé la période gothique, à nous gratifier de métrages mettant en vedette cannibales, zombies et autres détraqués notoires adeptes de l’arme blanche, les artisans transalpins semblent quelque peu bouder la mise en images des mythiques personnages peuplant le 7e art en matière 18052105511715263615722260 dans HORREURd’épouvante. Quelques canines exhibées çà et là, une coproduction avec un Paul Morrissey, épaulé par Antonio Margheriti, en roue libre pour un sympathique combo DU SANG POUR DRACULA/CHAIR POUR FRANKENSTEIN, mais concernant le poilu sur lequel nous nous penchons aujourd’hui, pas grand-chose à se mettre sous la griffe. On trouvera la trace en 1961 d’un LYCANTHROPUS, aka LE MONSTRE AUX FILLES de Paolo Heusch, narrant l’enquête menée suite à la découverte du corps d’une jeune femme dévoré par un animal, et doté d’une intrigue davantage axée sur le fantastico-policier que sur l’horreur pure. Puis, en 1976, d’une improbable variante sur le thème avec le cultissime LA LOUVE SANGUINAIRE de l’érotomane Rino Di Silvestro. Dans ce dernier, l’intérêt repose surtout sur les épaules, ou entre les cuisses, de la sculpturale Annick Borel (BLOOD ORGY OF THE SHE DEVILS), héritière d’une malédiction ancestrale la poussant à se transformer lorsque la lune est pleine, ainsi que de la présence de la 18052105542015263615722261 dans TOMpresque toujours dénudée Dagmar Lassander (LA FEMME PERVERTIE). Pour ce qui est de la louve-garoute précitée, quelques morceaux de moquette collés sur les nichons feront de la jolie mamelée une prédatrice parfaite illustrant une péloche assez foutraque, mais ma foi bougrement divertissante. En clair, alors que Daninsky exhibe ses touffes aux quatre coins du territoire ibérique, il n’y a malheureusement toujours pas de véritable bobine d’homme-loup à se mettre sous la dent du côté de la patrie de Lucio Fulci.

1981 va être une année profondément marquée par les exactions de ce démon vorace arpentant les sous-bois, avec les sorties de deux chefs-d’œuvre considérables qui vont définitivement honorer ce sous-genre : HURLEMENTS de Joe Dante, et le tellement bon LE LOUP-GAROU DE LONDRES de John Landis. Gros succès critique et commercial, ces deux bandes vont offrir une voie toute tracée aux productions à venir souhaitant porter à l’écran les méfaits d’un monstre, dont la légende va être plus où moins arrangée et modernisée selon les besoins des différentes intrigues. Et pour le coup, l’ami Fragasso va nous sortir sa plus belle plume, mais pas que…

18052105573015263615722262Vince est un chanteur de rock populaire. Afin de tourner son prochain clip vidéo, il décide de partir avec son équipe quelques jours en campagne au sein de la maison dans laquelle il a grandi. Juste avant leur arrivée sur les lieux, l’artiste et sa troupe vont être mis en garde par des policiers. Il semblerait que des chiens enragés soient la cause de plusieurs meurtres commis dans le secteur. Prenant note de la recommandation, le groupe va rejoindre ladite bâtisse qu’il vont découvrir absente de l’hôte qui devait les recevoir. Commence alors d’étonnantes spéculations concernant les massacres commis à même la région et qui auraient peut-être un lien, avec un lourd secret que Vince ne semble pas prêt de dévoiler…

Presque indissociable à cette période de son compère Bruno Mattei, Clyde Anderson, son pseudo destiné à l’export, va signer pour MONSTER DOG le scénario ainsi que la mise en scène. Scénariste efficace (VIRUS CANNIBALE, LES RATS DE MANHATTAN), réalisateur talentueux (ZOMBIE 4, AU-DELÀ DES TÉNÈBRES, ou encore le très réussi PALERME-MILAN ALLER SIMPLE), Fragasso va faire preuve d’un brio redoutable lorsqu’il va masquer son manque de moyens par le biais d’une réalisation atmosphérique du plus bel effet.

Concernant ce type de film, l’un des attraits principaux réside souvent dans la qualité de la gloumoute qui va être portée à l’écran. Mais au milieu des glorieuses 80′s, la lire se fait de plus en plus rare dans les poches des producteurs italiens, il faut donc ruser intelligemment si l’on veut proposer un rendu présentable aux yeux des spectateurs. En grand habitué des prods relativement fauchées, Claudio Fragasso va habilement transformer ce handicap en points forts en ne révélant que partiellement les contours de l’animal terrorisant les différents protagonistes. Usant, et parfois abusant, d’effets de brouillard plutôt bien sentis, Fragasso ne laissera que deviner l’aspect massif de sa bête, en jouant malicieusement avec les interventions de cette dernière. Presque insaisissable, celle-ci marquera à chaque fois son passage par l’état des cadavres, en mode boucherie, qu’elle va semer derrière elle. Faisant monter la tension à chacune de ses apparitions, le lycanthrope nous sera enfin présenté lors d’une somptueuse séquence de transformation imaginée par le méconnu Carlo De Marchis (effets additionnels sur ALIEN quand même, et concepteur du saurien de L’ALLIGATOR de Sergio Martino) intervenant lors du final.

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Exploitant au maximum les très beaux décors naturels dont il bénéficie, le tournage s’est déroulé à Torrelodones, en Espagne, Fragasso va aussi pouvoir compter sur un casting qui, à défaut de faire date dans l’histoire du cinéma, va se montrer clairement à la hauteur. Outre la séduisante Victoria Vera (LA RAGE DE TUER de René Cardona Jr.), la performance d’Alice Cooper dans le rôle de Vince reste indispensable à la réussite de ce LEVIATÁN, autre titre utilisé pour l’exploitation. Charismatique en diable, le futur clochard possédé chez Carpenter va nous livrer une interprétation de qualité, nous faisant presque regretter que le chanteur du génial album concept Welcome to my nightmare ne fut pas davantage sollicité pour ce type de projet.

18052106061815263615722265Alignant les clins d’œil à plusieurs genres cinématographiques propres au bis, la scène où des mercenaires armés vêtus de long impers se postant devant le refuge de Vince afin d’éliminer ce dernier fait clairement référence au western, voire même celle où ces mêmes rednecks prennent d’assaut les occupants de la demeure rappelle carrément le home invasion, Fragasso va sublimer son MONSTER DOG par le biais d’une magnifique bande originale parfaitement en phase avec l’ambiance de son œuvre. Subtile fusion de son synthétique secoué par d’efficaces rifts de guitare électrique, c’est l’inconnu Grupo Dichotomy qui fut crédité à la musique aidé, selon certaines sources officieuses, par le Hollandais Dick Maas, excellent réal de L’ASCENSEUR ou encore du très bon AMSTERDAMNED.

Même si finalement il ne laissa guère de poils sur les tables de montage italiennes, le loup-garou eut droit à un passage remarqué dans la Botte devant la caméra de Claudio Fragasso. Cet homme polyvalent du ciné transalpin aura eu le mérite de livrer une honnête adaptation sur le mythe, tout en proposant une péloche aussi originale qu’elle n’est aboutie. Un film à réévaluer d’urgence je pense…

- Tom  - (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

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ALBUM PHOTO : LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE (1981)

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INSTANTANÉ : THE FINAL TERROR (1983)

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(CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

LE MONSTRE DE LA SEMAINE : LA CRÉATURE QUI VOULAIT SE FAIRE AUSSI BELLE QUE L’ALIEN

Un monstre des Eighties, invité vedette de la semaine sur CosmoFiction ! Un monstre parmi le florilège infernal des créatures issues des films ou des séries télévisées fantastiques et de science-fiction des années 80 ! 

LE MONSTRE DE LA SEMAINE : LA CRÉATURE QUI VOULAIT SE FAIRE AUSSI BELLE QUE L'ALIEN dans CINÉMA 18043007351915263615692017

Sur Titan, un équipage d’astronautes rencontre un alien hostile qui a la capacité de prendre le contrôle de ses victimes après leur mort… Sauf que l’alien en question, s’ennuyant à mourir, a trop lu et relu la fable de La Fontaine : La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Et malgré tous ses efforts pour tenter de ressembler physiquement au Xénomorphe du film de Ridley Scott, il 18043007371015263615692025 dans HORREURparvient tout juste à se dandiner tant bien que mal dans deux ou trois scènes, à rougeoyer des yeux et à baver un peu en ouvrant la gueule devant ses victimes…

Pour le reste, nous avons affaire ici à la créature de CRÉATURE (Creature ou Titan Find, 1985, de William Malone), un machin biscornu constamment plongé dans l’obscurité (ce qui ne nous empêche pas de découvrir, après maints efforts, l’apparence nanardesque de la bestiole) et qui tient tout juste debout (faudrait pas la bousculer, hein, ou sinon patatras !).

Aussi ratée que le film lui-même, la créature en question s’attaque à quelques membres d’équipage dont on se fout éperdument de la disparition. Au contraire, chaque scène de massacre, aussi courte soit-elle, nous permet d’en finir enfin avec un des piètres acteurs de cette série Z tournée entre quatre murs, et dont les doublages français ont dû être confiés aux employés d’un service de pompes funèbres.

Tiens, mieux vaut en finir avec en lui balançant un bon coup de blaster !

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- Morbius – (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

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L’AFFICHE : HURLEMENTS (1981)

Pour le plaisir des yeux, le talent d’un artiste, les souvenirs ou tout simplement la découverte d’une œuvre méconnue : L’AFFICHE !

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Ah, l’affiche du film de Joe Dante : si minimaliste et pourtant tout un programme derrière cette peau de cuir tannée lacérée par une femme aux ongles longs et coupants comme ceux d’un loup.

L’intrigue : Los Angeles, Karen White est une journaliste qui se retrouve traquée par un tueur en série nommé Eddie Quist. En coopération avec la police, elle prend part à un piège pour capturer Eddie en acceptant de le rencontrer dans un peep-show. Alors que Quist force la journaliste à regarder une vidéo de viol, il est tué par les forces de l’ordre. Karen est traumatisée et souffre d’amnésie. Son thérapeute, le docteur George Waggner, décide de l’envoyer avec son mari Bill dans un centre isolé à la campagne où ses patients prennent du repos : « La Colonie »…

« La Colonie » : un terme à double-sens qui en dit long sur la suite du film.

Je me suis toujours demandé pourquoi Joe Dante et John Landis avait chacun tourné un film de loup-garou en même temps. Du coup on retrouve souvent HURLEMENTS et LE LOUP-GAROU DE LONDRES comparés dans des débats de cinéphiles, ce qui n’a pas vraiment de sens. Est-ce que l’on compare par exemple PLANÈTE TERREUR et LE BOULEVARD DE LA MORT parce que deux copains lancent l’idée de tourner deux faux films grindhouse en même temps ?

LE LOUP-GAROU DE LONDRES est avant tout une comédie sombre aux effets spéciaux réussis et qui prend sa source dans le cinéma de monstres de la Universal Pictures des années 40. À l’inverse, Joe Dante possède une très bonne culture du cinéma bis, et particulièrement pour le cinéma trash et déviant des seventies. Sa « colonie » de loup-garous rappelle évidemment les communautés que je qualifierai de « dark hippies » qui puisent leurs sources dans les premiers grands films de motards comme L’ÉQUIPÉE SAUVAGE (1953) avec Marlon Brando… et qui se déclinent doucement en mode Hell’s Angels drogués, assassins et satanistes avec SATAN SADISTS (1969), I DRINK YOUR BLOOD (1970), sans oublier les zombies motards de PSYCHOMANIA (1973) et les Hell’s Angels lycanthropes de WEREWOLVES ON WHEELS (1971). Le synopsis de ce dernier film me fait d’ailleurs penser à une belle intro pour HURLEMENTS et ses suites : Un groupe de motards traversant le désert américain tombe sur un ancien monastère où a lieu un étrange rite satanique. Des moines drapés de noir leur fournissent de la nourriture droguée, et bientôt les bikers s’endorment. Au cours de la nuit, les satanistes lancent une malédiction sur la petite amie du chef de la bande qui se transforme alors en loup-garou. Très vite, elle contamine son compagnon et la terreur s’installe parmi le groupe…

D’ailleurs, on retrouve dans HURLEMENTS la sexualité des seventies de manière feutrée, mais toujours prête à exploser, dans le personnage de Marsha Quist incarnée par la comédienne Elisabeth Brooks qui semble tout droit sortie de WEREWOLVES ON WHEELS et sera l’anti-héroïne des suites de HURLEMENTS. Et au passage, Joe Dante fait ainsi un clin d’œil au sous-sous-genre assez peu connu des films de louves-garou comme SHE-WOLF OF LONDON (1946), LA LOBA (1965), ou encore LA LOUVE SANGUINAIRE (1976, La lupa mannara) de Rino Di Silvestro dont voici le synopsis à tendance psychanalytique :

Hanté par un traumatisme de son enfance, Daniella Neseri fait des cauchemars à propos d’une ancêtre qui aurait été loup-garou. Elle finit par être internée dans un asile psychiatrique alors que l’on retrouve le corps mutilé de son beau frère…

Un synopsis qui résume d’ailleurs symboliquement aussi l’affiche de HURLEMENTS, ainsi que cette histoire de journaliste télévisée représentative de l’Américaine moyenne et qui, sous prétexte de déontologie, se retrouve à faire un bout de chemin sur le versant sauvage de l’Amérique (pour paraphraser la chanson proto-punk de Lou Reed).

- Trapard – (CosmoFiction)

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DÉMONS (1985)

Tom revient sur le DÉMONS de Lamberto Bava, ou comment une salle obscure peut devenir l’antre de monstruosités démoniaques issues du film d’horreur projeté à l’écran… Mieux que la 3D, participez au massacre et devenez vous-même une victime !

DÉMONS (1985)  dans CINÉMA 18042105445815263615678672DÉMONS

Italie – 1985 – Lamberto Bava

Avec : Urbano Barberini, Natasha Hovey, Karl Zinny, Fiore Argento, Paola Cozzo, Fabiola Toledo, Geretta Giancarlo, Bobby Rhodes…

Dans l’univers du 7e art, comme dans bien d’autres domaines d’ailleurs, être le fils d’une personnalité dont le talent est unanimement reconnu n’est pas forcément d’une aide précieuse. Si cela permet, entre autres, d’intégrer le milieu avec une certaine forme de facilité, avoir pour père le légendaire Mario Bava est parfois un héritage lourd à porter. Passage quasiment obligatoire, la comparaison est en soi une évidence dont, malheureusement, Lamberto est une victime toute désignée. Alors même si l’on a coutume de souvent reprocher au fiston de ne pas avoir une maestria identique à celle de son paternel derrière une caméra, il n’empêche que notre Bava Jr va insuffler à ses mises en scène un style généreux et assez personnel, le tout aux antipodes de celles de son illustre géniteur… et c’est tant mieux !

18042105470015263615678673 dans DémonsNous sommes dans le courant des glorieuses 80′s, et alors qu’il commence seulement à en prendre conscience, le cinéma d’exploitation italien entonne un inéluctable chant du cygne qui le conduira à la funeste fin que nous lui connaissons tous. Seulement, au divin pays de Garibaldi, il existe une poignée de solides artisans qui vont continuer, coûte que coûte, à mettre en boîte des péloches dans des genres aussi divers que variés, et à proposer des œuvres de qualité, certes, parfois très inégales, mais bien souvent hautement jouissives. Petit zoom sur l’un des titres phares de cette année 1985, avec le terrifiant et très jubilatoire DÉMONS

18042105501315263615678674 dans HORREURIls feront des cathédrales leurs cimetières et des tombes leurs cités… C’est par cette phrase, qui en dit bien long, que Lamberto Bava nous invite à une plongée apocalyptique dans l’horreur. Un groupe de personnes va être convié par un type à l’allure mystérieuse, le trop rare réalisateur Michele Soavi, ici interprète, à assister à la projection d’une étrange avant-première dans un cinéma fraichement rénové. Jusque là, rien de bien anormal, sauf que les événements relatés dans le film sont en train de se matérialiser à même ladite salle obscure. Quelques jeunes gens partent explorer une curieuse crypte dans laquelle serait enterré le prophète Nostradamus. Parmi eux, un homme, qui après s’être entaillé avec un masque annonçant la venue sur terre des démons, se transforme en une créature infernale assoiffée de sang et va éliminer un à un ses partenaires de fortune. Parallèlement, Rosemary, une femme que l’on devine être une prostituée et qui, dans la réalité, s’est coupée au visage avec l’objet maudit, est en train d’assister confortablement à la séance. Sa blessure s’infectant, cette dernière se retirera afin de soigner sa plaie devenue purulente. Ceci est le point d’ancrage que Lamberto Bava va exploiter afin de donner à son métrage un rythme nerveux et enlevé.

18042105525715263615678675 dans TOMQuelques instants plus tard, on retrouve Carmen qui, inquiète, part à la recherche de son amie de trottoir afin de s’assurer de son état. Débute alors un hallucinant plan-séquence aussi effrayant qu’il n’est maîtrisé. Carmen retrouve une Rosemary agonisante dans les toilettes. Elle remarque que d’abominables traces de sang et autres joyeusetés recouvrent un lavabo qui a dû être le témoin d’un repoudrage de nez du genre assez salissant. 18042106010115263615678678Son regard se tourne alors vers la porte entrebâillée de l’un des sanitaires dans lequel se trouve sa collègue. Au fur et à mesure que la caméra s’approche d’une Rosemary recroquevillée sur elle-même et faisant dos à l’objectif, on commence à entendre de plus en plus distinctement des grognements qui n’ont plus grand chose d’humain. Lentement, Rosemary pose sa main sur le mur. Celle-ci a changé d’aspect, elle est désormais munie de griffes acérées. Puis, elle tourne brusquement la tête en direction de la malheureuse Carmen qui était venue lui porter secours. Là, c’est à un visage démoniaque aux yeux révulsés et à la bouche suintante de bave que nous avons désormais affaire. Les démons sont lâchés et la partie peut commencer. Superbe, et diablement efficace…

On l’aura bien compris, même sous la plume d’un Dardano Sacchetti au meilleur de sa forme, DEMONI ne va pas chercher à tirer parti de la puissance de son scénario, hormis évidement sur le fait qu’il joue énormément sur l’aspect claustrophobique du lieu dans lequel sont piégés les protagonistes, mais bien de la cadence à laquelle va se dérouler cette bande. Passé les 15 – 20 premières minutes d’exposition, et une fois que la baveuse Rosemary aura pas mal arrangé les cabinets du ciné, Lamberto envoie la sauce non-stop pendant une bonne heure sans pratiquement aucune interruption.

18042105563915263615678677Jouant un maximum sur l’impact visuel de ce qu’il porte à l’écran, le fils Bava va pouvoir compter sur les effets spéciaux du génial Sergio Stivaletti (PHENOMENA, DELLAMORE DELLAMORTE pour ne citer qu’eux) qui, déjà, s’imposait naturellement comme l’un des maquilleurs les plus doués de sa génération. Les séquences de transformations des créatures sont d’un réalisme assez saisissant, et chaque attaque de l’une d’entre elles donnent lieu à d’incroyables déferlements gores. Au programme, on a de l’arrachage de gorge, de l’énucléation, des coups de griffes dévastateurs et des morsures hyper gerbantes… Rien que ça ? Non… On nous gratifiera aussi de la fameuse scène culte de cette bobine dans laquelle la toute contaminée Kathy, alors à terre, verra un authentique monstre s’extraire violemment de son dos en laissant ses reins en charpies. Pas mal…

On pardonnera ainsi une interprétation assez faible mais surtout très inégale. Les bisseux reconnaîtront nombre de seconds couteaux habitués aux bis transalpins et qui donnent un certain cachet à l’ensemble de l’œuvre. Le bellâtre Urbano Barberini (TERREUR À L’OPÉRA, IL GATTO NERO de Luigi Cozzi), ayant notamment retrouvé le même Bava deux ans plus tard dans l’excellent L’AUBERGE DE LA 18042106031515263615678679VENGEANCE, Fiore Argento l’une des filles du maestro, et Bobby Rhodes (LE GLADIATEUR DU FUTUR, DÉMONS 2), en pleine cool black attitude toujours égal à lui-même. Une bien jolie brochette d’acteurs, hormis le fait que pour la nomination aux Oscars… on repassera…

Magnifié par une surprenante bande originale très hard rock chevelu (AC/DC, Iron Maiden, Saxon…), on ne s’en plaindra pas d’ailleurs, et par un superbe score de Claudio Simonetti qui ajoute une ambiance inquiétante et oppressante à ce petit classique, DÉMONS est à n’en point douter une série B qui a définitivement marquée cette décennie magique que furent les années 80. Véritable hit de vidéoclub et jouissant d’un capital sympathie très conséquent auprès des fans l’ayant découvert, comme moi, lors de sa sortie ciné/vidéo, DEMONI est probablement le meilleur effort de Lamberto Bava. Sûrement pas son plus abouti, on lui préférera peut-être MACABRO, mais en tout cas le plus révélateur de son talent qui n’est, malheureusement, pas toujours reconnu à sa juste valeur…

- Tom – (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

POUR VOIR LE FILM « DÉMONS » EN ENTIER ET EN V.F, CLIQUEZ SUR L’IMAGE CI-DESSOUS :

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MUSIQUE : ENEMY – Fyrine IV

MUSIQUE : ENEMY - Fyrine IV dans CINÉMA 18041807573415263615673476C’est tout de même à un Français que l’on doit la musique du film ENEMY (Enemy Mine, 1985, Wolfgang Petersen), et non des moindres puisqu’il s’agit de Maurice Jarre, déjà célèbre pour avoir composé les bandes originales de LAWRENCE D’ARABIE (1962), LE DOCTEUR JIVAGO (1965) et tant d’autres.

Et c’est là où l’on s’interroge : pourquoi Wolfgang Petersen n’a pas demandé au fils de Maurice Jarre, le non moins célèbre Jean-Michel, grand adepte du synthé, d’écrire la musique de son film ? Voulait-il donner un certain cachet à ENEMY en s’offrant les services du père et non du fils, à une époque où les B.O.F. des space operas étaient d’abord confiées aux plus talentueux compositeurs d’Hollywood comme John Williams, Jerry Goldsmith ou Elmer Bernstein ?…

En tout cas si Jean-Michel est absent, Maurice, qui a toujours renié son fils, ne se prive pas d’utiliser quelque synthés dans son orchestre philharmonique. L’ensemble de la B.O. d’ENEMY se laisse écouter avec plaisir sans être non plus une musique de film extraordinaire. Elle demeure en fond, n’osant jamais trop en faire ou se montrer aussi hardie que les partitions d’un John Williams ou d’un Goldsmith, un peu comme les œuvres d’un autre compositeur français très en vogue actuellement : Alexandre Desplat.

Voici l’ouverture du film ENEMY, planante à souhait. Nous nous trouvons en plein cœur de l’espace intersidéral, flottant dans l’immensité spatiale, entouré d’étoiles et de planètes. Puis la musique se fait plus menaçante. C’est la guerre entre la Terre et les Dracs, race extraterrestre. Et nous découvrons Fyrine IV, monde hostile et désert, calciné par des pluies régulières de météorites… Bienvenue dans ce beau space opera de Wolfgang Petersen…

- Morbius – (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

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INDEX DE COSMOFICTION / GUIDE COSMOFICTION

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ALBUM PHOTO : LIFEFORCE (1985)

ALBUM PHOTO : LIFEFORCE (1985) dans ALBUM PHOTO 18041109493515263615662340

18041109494215263615662343 dans CINÉMA

18041109494015263615662342 dans HORREUR

18041109494415263615662344 dans Lifeforce

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PAROLES : JIM HENSON ET « DARK CRYSTAL »

PAROLES : JIM HENSON ET Jim Henson, réalisateur de DARK CRYSTAL (1982), parle des comédiens dans la peau des créatures du film :

« Il fallait d’abord décider de la façon dont se déplacerait chaque personnage. Pour les guerriers Garthims, nous avons essayé plusieurs façons. Puis Jean-Pierre Amiel (ndlr : Jean-Pierre Amiel est mime et chorégraphe suisse) a essayé à son tour, et il a trouvé tout de suite une curieuse façon de se déplacer latéralement ! Mais la plus grande épreuve pour nos interprètes fut de se libérer de la technique, de faire abstraction de la mécanique, d’apprendre à habiter les personnages. Il fallait qu’ils se familiarisent complètement avec eux, adoptent leur façon de penser, leur comportement, leurs tics et leur démarche. »

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FLESH EATER (1988)

Du gore bisseux, en veux-tu ? En voilà ! Porté par un Tom qui tente de se frayer un passage au milieu d’ados enfiévrés prêts à l’orgie un soir d’Halloween (chose qu’il ne faut surtout pas faire ce jour-là, évidemment), ce FLESH EATER s’avère une excellente surprise, nous confie l’ami Tom alors que trois zombies se pointent déjà derrière lui… 

FLESH EATER (1988) dans CINÉMA 18040706462215263615654981FLESH EATER

William Hinzman – États-Unis – 1988

Avec : William Hinzman, John Mowod, Leslie Ann Wick, Kevin Kindlin, Charis Kirkpatrik Acuff, James J. Rutan…

Dans nos petites caboches toute bisseuses, difficile en effet d’oublier l’apparition spectrale du premier zombie montrant le bout de sa truffe putréfiée dans le chef-d’oeuvre de Romero, NIGHT OF THE LIVING-DEAD. Non content d’être le célèbre agresseur du frangin de la blonde Barbara, William Hinzman semble ne pas avoir eu sa ration de barbaque fraîche et va remettre le couvert 20 ans plus tard pour un nouveau film de morts-vivants : le bien nommé FLESH EATER. Et apparemment, ce jeûne prolongé lui a méchamment ouvert l’appétit…

18040706480115263615654982 dans HORREURLe jour d’Halloween, un groupe de kids, qui n’ont probablement pas inventé l’eau tiède, part en camping aux abords d’une forêt afin d’y célébrer dignement la fête des morts. Bières, musique et pelotage de tétons en bonne et due forme sont de la partie lorsque, non loin de leur campement de fortune, un fermier du coin va découvrir une étrange pierre tombale. Parfaitement dissimulée sous au moins 8 feuilles d’arbre et 3 millimètres de terre, la singulière sépulture va attiser la curiosité de l’agriculteur qui va entreprendre de découvrir ce qu’elle recèle. Faisant fi de l’avertissement gravé dans la pierre, le redneck va faire connaissance avec une goule bien décidée à contaminer la région par sa morsure zombificatrice…

Bien avant de passer comme un grand à la mise en scène de son premier long-métrage, le slasher ONE BY ONE en 1987, Hinzman va être un inconditionnel que l’on retrouvera souvent dans le sillage de big George. En sus de ses interventions en tant qu’interprète (LA NUIT bien entendu, mais aussi SEASON OF THE WITCH ou encore KNIGHTRIDERS, dans lequel il n’est pourtant pas crédité), William Hinzman va endosser différentes casquettes sous l’égide du réal’ de CREEPSHOW et se montrer particulièrement polyvalent. Chef-opérateur pour l’excellent LA NUIT DES FOUS-VIVANTS, assistant caméraman pour le classique de 68 et, selon la légende, il aurait même collaboré à l’élaboration de certains éclairages. Un mec qui touche, quoi.

18040706495515263615654983 dans TOMLorsqu’il passe une seconde et ultime fois derrière la caméra en 1988, Hinzman, Bill pour les intimes, va se lancer dans sa propre version d’une bande mettant en vedette les méfaits de nos cadavres ambulants favoris. S’il ne dispose que de très peu de moyens, on parle ici d’un budget qui avoisinerait les 60000 billets verts, le réalisateur va de prime soigner le déroulement de son scénario, afin de ne pas court-circuiter les bobines du père Georgy ayant vu le jour quelques années plus tôt.

Se souvenant probablement à bon escient des déboires juridiques que connu John Russo (le scénariste de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS) lorsque ce dernier écrivit l’intrigue du génial RETURN OF THE LIVING-DEAD de Dan O’Bannon, William Hinzman va s’arranger pour que la cause de la naissance de ses mangeurs de chair soit mise sur le compte d’un culte plus ou moins obscur à tendance satanique. Là où chez George Romero, le pourquoi du comment était plus évasif et de surcroît un chouia plus science-fictionnel. Mais mis à part cette délicate précaution, le William ne va quand même pas se gêner pour pomper allègrement certaines idées de la péloche du barbu.

18040706522115263615654984Passée la dispensable mais impérative présentation des différents personnages, somme toute très superficielle, Hinzman attaque direct à la gorge et envoie la dose tant attendue d’hémoglobine. Et pour cela, il va recadrer les protagonistes dans des situations qui ne sont pas sans nous rappeler quelques bons souvenirs. Un siège un peu branlant dans une cabane dans laquelle gît l’une des nanas ayant été préalablement mordue, et qui n’attend que le moment fatidique pour se transformer. Une battue, organisée par les autorités afin d’abattre les contaminés qui ont le malheur de passer devant le viseur de villageois armés de fusils à la gâchette plutôt facile. Puis le sort réservé aux héros, enfin, des jeunes disposant d’un QI similaire à celui d’un bulot, qui se feront flinguer maladroitement lors d’un final qui, pour le coup, devient involontairement très drôle en offrant un clin d’œil non dissimulé à la disparition de Ben à la fin de LA NUIT. Bref, pas mal de références que j’imagine volontaires de la part du flesh eater en costard à l’égard de la pépite sortie deux décennies auparavant. Après, il y a pire comme source d’inspiration…

18040706561815263615654991Et cela n’est en soi pas bien gênant. Pour la simple et bonne raison qu’Hinzman va faire preuve d’un brio assez inattendu pour porter à l’écran sa horde de joyeux drilles bouffeurs de tripailles. Même si l’on comprend vite que les dollars ne coulent pas à flot sur cette modeste prod’, et malgré les inconvénients d’un tournage en 16 mm, la réalisation ne va pas pour autant être à la ramasse. Si le rythme de cette série B est parfois très inégal, l’homme qui a failli nous soulager définitivement des beuglements incessants de cette chieuse de Barbara, va nous offrir un panel de séquences gorissimes du plus bel effet. On va de la morsure gerbante à la bastos qui te fait péter le citron, en passant par l’éventration suivie de prélèvements d’organes dont vont se repaître les créatures affamées, et on termine par un bon coup de hache en pleine 18040706580315263615654992gueule qui éclabousse. Pas mal ce programme. Et comme dans tout bon bis qui se respecte, Hinzman va en sus nous gratifier dans la foulée de quelques plans nichons, ainsi que d’un passage dévoilant une jolie nymphette nue sous la douche, c’est plus pratique qu’habillée, que le zombie en chef se fera un plaisir d’aller boulotter au sortir de cette dernière, avec zoom sur les atouts mammaires de la gonzesse à l’appui.

Découvert pour ma pomme il y peu grâce à la très chouette édition parue chez Uncut Movies, je trouve que FLESH EATER est une excellente surprise. Très honnêtement, je m’attendais à, au mieux, un petit Z divertissant et sanguinolent, et je me retrouve finalement avec un bien chouette film de morts-vivants conçu avec passion et respect du genre. Comme quoi, en matière de cinéma, l’envie et le talent peuvent souvent pallier à bien des carences…

- Tom – (CosmoFiction – morbius501@gmail.com)

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