ANTHROPOPHAGOUS (1980)

Il faut tout de même avoir des tripes et avaler un bon tord-boyau pour regarder ANTHROPOPHAGOUS. Ah ben, ça tombe bien, Tom se fait une joie de vous en parler, la bave aux lèvres…

ANTHROPOPHAGOUS (1980) dans CINÉMA 18090806324715263615882750ANTHROPOPHAGOUS

Italie – 1980 – de Joe D’Amato

Avec Tisa Farrow, Saverio Vallone, Serena Grandi, Margaret Mazzantini, Mark Bodin, Bob Larsen, George Eastman, Zora Kerova…

Dans cet univers merveilleux qu’est le cinéma horrifique, il existe certains films qui, même avant visionnage, bénéficie d’une aura si particulière qu’elle laisse place à tous les fantasmes pour le néophyte en herbe rêvant de découvrir l’objet d’une telle convoitise. En 1980, le grand Joe D’Amato va mettre en scène une œuvre qui, de par le biais d’un bouche-à-oreille contagieux et de visuels méchamment accrocheurs, va faire partie de ces petites poignées de métrages qu’il faut absolument avoir vues si l’on souhaite découvrir ce qui se fait de mieux dans le gore à l’italienne : le bien nommé, ANTHROPOPHAGOUS…

Artisan polyvalent et technicien talentueux, Aristide Massaccesi va, un an après nous avoir offert une ode à la poésie macabre et nécrophile dans son inclassable BLUE HOLOCAUST, remettre le couvert pour cette fois, nous offrir une péloche d’épouvante particulièrement gratinée. Opportuniste en diable, le natif de la ville éternelle va désormais s’intéresser à un genre alors très en vogue en ce début de décennie, le slasher movie. Prenant tout de même ses distances avec ce courant cinématographique populaire, Joe D’Amato va se rappeler à bon escient qu’après avoir assassiné sa sœur parce qu’il voulait mater ses nichons, le jeune Michael d’Haddonfield fut une affaire plutôt banquable au box-office américain. De plus, en cette belle et douce année 80, on ne fume pas que du tabac et on fornique pas mal du côté de Crystal Lake… pendant que le gosse Voorhees est en train d’apprendre la brasse sans surveillance…

18090806364515263615882752 dans HORREURC’est donc sur un scénario de l’immense George Eastman – Luigi Montefiori pour l’état civil – que D’Amato va donc nous présenter sa version des faits. Parti en croisière faire du tourisme sur quelques îles paradisiaques au large de la Grèce, un groupe de jeunes gens va faire la connaissance de Julie, elle-même désireuse de rejoindre l’une d’entre elles afin de retrouver ses amis. Une fois sur place, l’endroit est désert et il semblerait que la mort et la désolation aient pris possession des lieux. Suite à l’exploration d’un village fantôme et la découverte d’une jeune fille aveugle, cette dernière va leur apprendre qu’un terrifiant psychopathe aurait décimé toute la population. Parallèlement, des membres de cette macabre expédition estivale sont portés disparus…

Grace à une somptueuse mise en scène et un étonnant score de Marcello Giombini (à qui l’on doit les bandes originales de DUEL AU COUTEAU, SABATA, ou encore ZAMBO… et oui !), D’Amato va, dès sa séquence d’ouverture, nous plonger dans une incroyable ambiance mortifère. Artiste naturellement attiré par l’innovation, les sons tendance électro et ceux, à caractère religieux, Giombini va bercer cette bande d’une musique quasiment funéraire, et D’Amato va grandement en tirer partie. En témoigne sa magnifique introduction ou l’on retrouve un couple sur une plage déserte. Madame, tout de bikini vêtu, s’en va piquer une tête tandis que son compagnon s’allonge confortablement, écouteurs visés sur les oreilles. Au loin, on remarque une barque oscillant sur les vagues et qui semble abandonnée. Curiosité oblige, notre baigneuse s’en va examiner son contenu de plus près. Une fois à proximité de celle-ci, on peut lire un sentiment d’effroi sur le visage de cette dernière qui, soudainement, sera tiré au fond de l’eau via un bouillonnement d’hémoglobine. Dans la foulée, une ombre menaçante, hachoir sanguinolent à la main – bon, parfois faut pas trop chercher d’explication quand même…- s’approche lentement de l’homme à demi endormi sur les rochers. Et lorsque celui-ci ouvre les yeux, c’est pour mieux se prendre un méga coup de tranchoir en pleine tête. Efficace, et annonciateur de l’hécatombe à venir… Juste excellent !

18090806392015263615882756 dans TOM

Bien entendu, ceci n’est qu’une petite mise en bouche, à peine un hors-d’oeuvre. Pour le plat de résistance, d’autres séances hallucinantes et instantanément cultes vont venir alimenter la sulfureuse réputation d’ANTHROPOPHAGOUS. Celle, odieuse, malsaine, et surtout très polémique, mais beaucoup plus suggérée qu’elle n’est montrée, présentant l’éviscération d’un fœtus par le dangereux cannibale qui croquera dans le semblant de petit être sous l’œil horrifié et impuissant du papa succombant à ses blessures. Ou encore, ce final improbable qui verra notre insatiable mangeur de chairs 18090806411715263615882757humaines mordre ses propres boyaux avant de s’effondrer définitivement sur le sol. Mais, malgré ses indéniables qualités, c’est surtout dans le charisme dudit anthropophage que le film puisse sa force. Interprété de main de maître par Eastman lui-même (LA NUIT FANTASTIQUE DES MORTS-VIVANTS, PORNO HOLOCAUST, HORRIBLE… la fausse suite), Klaus Wortmann, littéralement le rôle de sa très belle carrière, est présenté telle une créature qui n’a plus la moindre once d’humanité. Cheveux hirsutes, visage brûlé, yeux remplis de haine, halètements inhumains, chaque intervention de l’homme qui se mange lui-même est un véritable moment de pure terreur que D’Amato dose avec une extrême intelligence. Ses attaques sont d’une bestialité hors norme, et renvoient illico au vestiaire les futurs croquemitaines qui seront starifiés en faisant les beaux jours du slasher estampillé so 80′s. Un monstre que l’on range plus volontiers du côté d’un Cropsy – du génial CARNAGE de Tony Maylam, sortie un an après -, voir d’un Leatherface, pour sa brutalité. On retrouvera à ses côtés la très inexpressive Tisa Farrow (L’ENFER DES ZOMBIES, HÉROS D’APOCALYPSE), la sœur de Mia, la bombe anatomique Serena Grandi – vu, entre autres, dans le MIRANDA de Tinto Brass, ou encore nous dévoilant sa généreuse plastique dans le très bon DELIRIUM de Lamberto Bava – ainsi que l’éternelle mal traitée du bis transalpin Zora Kerova (LES NOVICES LIBERTINES, ou jouant avec des crochets dans le très sanglant CANNIBAL FEROX).

18090806461015263615882759Première production estampillée Filmirage, la défunte mais prolifique société de Joe D’Amato, ANTHROPOPHAGOUS, strictement interdit au moins de dix-huit ans lors de sa sortie sur notre territoire, qui, s’il est à n’en point douter le chef-d’œuvre de son auteur, va considérablement marquer une génération de cinéphiles plutôt avides d’un cinéma gore, outrancié, et ayant un impact visuel extrêmement puissant. Plus de trente ans après sa sortie, ANTHROPOPHAGOUS n’a absolument rien perdu de sa superbe et demeure l’un de ces innombrables joyaux, que seuls nos amis italiens savaient façonner, et qui manque cruellement à la production cinématographique actuelle…

- Tom Phénix – (CosmoFiction – morbius@gmail.com)

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