RATMAN (1988)

Sperme de rat + ovule de guenon = Ratman ! Allons, allons, ne prenez pas cet air dégoûté, voyons. La recette est simple et efficace, certes, quelque peu risquée tout de même… C’est le cas du film de Giuliano Carnimeo que Tom vous présente aujourd’hui dans son premier article pour CosmoFiction. On le remercie !

RATMAN (1988) dans CINÉMA 18032105374515263615623767

RATMAN

de Giuliano Carnimeo – Italie – 1988

Avec : David Warbeck, Janet Agren, Eva Grimaldi, Nelson de la Rosa, Luisa Menon…

Sur une île paradisiaque, Fred Williams, un écrivain spécialisé dans le polar, va faire la rencontre de Terry, la fille d’un sénateur américain. Si l’homme a la plume qui saigne y est venu dans l’optique de trouver l’inspiration afin de rédiger son nouveau roman, la progéniture du politicien doit elle identifier ce que la police locale soupçonne être le cadavre de Maryline, sa sœur bien-aimée. Une fois en visite à la morgue, Terry va découvrir que la dépouille présentée par l’inspecteur en charge de cette affaire n’est autre que celui de Peggy, une amie proche de sa sœurette. Mais le plus étrange, c’est qu’il semblerait que cette dernière fut lacérée par ce qui s’apparente à des blessures causées par un ou plusieurs rats…

18032105413915263615623768 dans HORREURLe film de monstres est une valeur sûre au cinéma, et ce n’est pas nos amis italiens qui vont omettre ce détail, surtout en cette fin des années 80 où la lire se fait de plus en plus rare pour produire ce genre de bobine. Mis en scène par Giuliano Carnimeo, artisan providentiel qui aura traîné sa carcasse dans pas mal de série B dont quelques westerns plutôt recommandables (RINGO CHERCHE UNE PLACE POUR MOURIR, LE FOSSOYEUR), RATMAN est le stéréotype même de la petite bande ne bénéficiant guère d’importants moyens, mais dont le niveau va être considérablement élevé grâce notamment à un scénario audacieux et à une mise en scène qui, si elle n’est pas révolutionnaire, va se montrer diablement efficace.

Le ratman est le fruit d’une expérience génétique menée par un savant raté, ayant eu la bonne idée de le créer à partir de sperme de rat et d’ovule de guenon. J’imagine que bien des chercheurs doivent envisager ce type de projet dans le but de vouloir faire avancer la science… Seulement voilà, sa création, extrêmement agressive au demeurant, va échapper à son contrôle et partir dans une macabre épopée sanguinaire en tuant tous les protagonistes qui auront le malheur de croiser sa route. Et pour ça, notre 18032105453515263615623769 dans TOMhamster enragé est plutôt bien armé. Doté d’une intelligence particulièrement développée, d’un poison mortel qu’il inocule via ses griffes tranchantes comme des rasoirs, la petite monstruosité va se transformer en une véritable machine à tuer. Sous les traits de Nelson de la Rosa, que l’on a pu voir jouer du piano au côté de Marlon Brando dans L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU version Frankenheimer, l’abominable rongeur est clairement l’attraction principale de cette œuvre. Bien aidée par une trame lui faisant la part belle aux niveaux des apparitions, cette aberration scientifique ne va pas se faire prier lorsqu’elle va avoir la possibilité de dessouder les personnages qu’elle va être amenée à rencontrer. Et comme dans toute bonne prod’ italienne de cette époque, le budget hémoglobine va être plutôt généreux. En résulte donc un nombre important de passages gores carrément bienvenus, palliant de surcroît la linéarité d’une intrigue qui, si elle n’est pas déplaisante, aurait gagné à être davantage approfondie.

18032105495615263615623770Difficile en effet d’avoir une quelconque empathie envers le pauvre Nelson, tant Carnimeo se contente de l’utiliser tel un outil de destruction au lieu de se pencher un peu plus sur sa genèse. Ça charcle, ça déchiquette, mais au final, on ne sait pas grand-chose sur l’horrible petite bestiole. Dommage. Bon, au moins, cette prise de position a le mérite d’aller droit au but, et ce n’est déjà pas si mal…

Pouvant se targuer d’un casting qui, sur le papier, a franchement de la gueule, devant la caméra du réal’ des EXTERMINATEURS DE L’AN 3000 c’est une tout autre histoire. L’excellent David Warbeck (HÉROS D’APOCALYPSE, L’AU-DELÀ), est à mille lieues des prestations qu’il a coutume de proposer. Ne semblant guère concerné par les attaques répétées du gerbille sur pattes, il semblerait que l’inoubliable interprète des AVENTURIERS DU COBRA D’OR soit venu cabotiner sur le plateau du Giuliano juste pour encaisser un chèque, que 18032105524815263615623771j’imagine assez modeste, dans l’intention de payer quelques factures et de remplir son frigo. En contrepartie, Carnimeo a eu l’idée lumineuse de s’offrir les services de l’une des plus belles choses à qui Dame Nature ait donné naissance de l’autre côté des Alpes : la sculpturale Eva Grimaldi. Exploitant pleinement le potentiel physique de la bombe du COUVENT DES PÉCHERESSES, Giuliano Carnimeo va nous gratifier d’une séquence de douche torride nous dévoilant Sœur désir intégralement nue, et poussant des gémissements contemplatifs à chaque passage langoureux de ses mains sur son corps divin. Rempli de connotations érotiques, l’ensemble se déroule, bien entendu, sous le regard avisé du ratman, qui pour le coup n’a même pas sa nouille de rongeur qui frétille. Étrange animal…

Même si parfois maladroite, QUELLA VILLA IN FONDO AL PARCO, son titre quelque peu racoleur en version originale, est un honnête bis doté de quelques fulgurances assez inattendues et, même si elle aurait pu bénéficier d’un traitement un peu plus qualitatif, peut se vanter d’avoir, en la présence du ratman, proposée un boogeyman vraiment intéressant. Un bel exemple de ce que nos amis italiens savaient encore faire en cette fin des années 80. Comme quoi, malgré le fait que nombre de détracteurs se plaisent encore à qualifier cette période de néant cinématographique concernant la série B italienne, une péloche comme RATMAN permet de reconsidérer leurs propos… Et puis bon, rien que pour assister à la douche d’Eva, ce film vaut bien tous les visionnages du monde…

- Tom – (CosmoFiction)

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5 commentaires

  1. trapard dit :

    Ah super, merci Tom. C’est bien de parler un peu de ce film qu’on a généralement tendance à éluder. Je pense que cela vient du fait des mauvaises copies du film en version française qui circulent à droite et à gauche.
    Moi j’aime bien aussi ce RATMAN de Carnimeo. Il est, en quelque sorte, la version bis et trash du RATBOY de Sondra Locke qui date de 1986. Et en effet, dans la version de Carnimeo il n’y a aucune concession : Ratman est un prédateur.

  2. trapard dit :

    Le dénicheur de bis a déniché une bonne VF sur youtube : http://ledenicheurdebis.blogspot.com/2018/03/ratman-1988.html

  3. Tom dit :

    Je ne connaissais pas ce site (et pourtant il y a pas mal de films très chouettes à voir), merci pour l’info Trapard ; )

  4. morbius dit :

    Ah, excellent ça ! Merci Trapard. :)

    Dernière publication sur Les échos d'Altaïr : DRIVE-IN : L'INVASION MARTIENNE

  5. Le dénicheur de Bis dit :

    Salut, merci pour la citation du blog, suite à une mise à jour, je poste les critiques des bloggeurs sur les pages des films, je me suis ainsi permis de relayer ta critique sur celle de Ratman. A bientôt.
    https://ledenicheurdebis.blogspot.fr/2018/03/ratman-1988.html

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