LE DOMAINE DU FANATIQUE – édition n°8

LE DOMAINE DU FANATIQUE - édition n°8 dans LE DOMAINE DU FANATIQUE 14012107001815263611916666

Le domaine du fanatique, c’était la rubrique de CosmoFiction Fanzine qui revenait à chaque numéro de la deuxième génération (1988-1991). C’était une sorte de chronique d’humeur, une tribune libre dont je m’occupais et où je me lâchais parfois sur un sujet. Mais je pouvais tout aussi bien parler d’émissions TV, de magazines, de l’accueil de CosmoFiction en librairie, de la vie du fanzine, de remerciements, d’un personnage célèbre de la SF ou du Fantastique, etc. Bref, j’étais libre comme le vent, et c’est toujours le cas !

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C’était pas mieux avant ?…

Il y a quelque temps, un jeune bouffon de la télévision française comme il en pleut tant a décidé de nous prouver par A + B qu’avant c’était pas mieux qu’aujourd’hui. Mieux : d’après lui, avant c’était même pire qu’aujourd’hui. Pour cela, il nous a concocté une émission que, vous comprendrez aisément, je n’ai même pas regardée. Eh oui, la vie est bien trop courte pour gaspiller une heure précieuse à écouter un gosse d’une vingtaine d’années vous pourrir le cerveau et la vue avec ses expressions djeunes, ses postures cool attitude et sa sagesse de gamer…

16040302414215263614117561Ah ! J’en vois déjà qui vont vite prendre le raccourci : « Encore un vieux c… qui n’aime pas les jeunes ». « Vieux c… », je veux bien garder l’étiquette, mais « qui n’aime pas les jeunes », là non. Mais attention : il y a « aimer » et « aimer », d’accord ? J’espère qu’on se comprend sur ce point là… Je connais beaucoup de jeunes qui ont des choses intéressantes à exprimer, une culture impressionnante et une analyse raisonnée de bien des sujets. Est-ce à dire que pour correspondre à ce type de jeune il faille obligatoirement penser comme moi ? Certainement pas !

Alors où je veux en venir ? Eh bien prouver que notre jeune bouffon de la télévision française a tout faux, ouais ! Quitte à paraître encore pour un sacré vieux c…, j’enfonce allègrement le clou à grands coups de marteau bruyants : eh bien oui, AVANT C’ÉTAIT MIEUX QU’AUJOURD’HUI ! Mince ! J’ai dit quelque chose qu’il ne faut jamais dire m’a-t-on souvent répété ! Ça plaît pas ce genre de phrase toute faite, cet éternel cliché que chaque génération ressasse à qui veut l’entendre, cette maladie honteuse qui contamine de nombreux quadras et quinquas devenus… des vieux c… !

Alors avant de te dire d’aller prendre ta pelle et ton seau, mon p’tit gars, je t’explique la situation. Aujourd’hui, contrairement à hier, tu ne vivais pas dans la peur quotidienne de mourir à tout moment en allant au marché, à un concert, à un match de foot, au cinoche, au théâtre, au musée, ou en montant dans un car ou un avion. Tu ne te faisais pas insulter à tous les coins de rue pour tes idées, ta religion, ton appartenance politique ou la couleur de ta peau. Tu pouvais aller passer des vacances tranquilles et bronzer sur une plage d’Afrique sans te faire zigouiller sous ton parasol. Tu pouvais manger et boire (sans parler aussi de fumer…) ce que tu voulais, quand tu voulais et où tu voulais sans qu’on te dise chaque jour à la télé ce qu’il te faut manger et boire pour préserver ta chère santé. Ton corps t’appartenait et tu savais déjà que si tu le maltraitais il te le rendrait comme il faut plus tard. Aujourd’hui ton corps ne t’appartient plus, il appartient aux autres qui le jugent et l’évaluent en le regardant, en l’examinant, en le déshabillant. Tu pouvais penser ce que tu voulais sans que certains journalistes t’obligent à penser comme il faut, sans qu’ils cherchent constamment à te gaver de certaines informations pour essayer d’en masquer 16040302322915263614117556d’autres, plus graves. Tu pouvais te casser la gueule dans la cour de récré sans qu’on appelle aussitôt le Samu ou tes parents parce que tu t’es égratigné le genou. Tu respectais l’enseignant et l’école parce que tu savais que tu travaillais pour réussir et que rien n’est jamais acquis d’office, qu’une saine compétition est nécessaire et stimulante pour réussir et que dans la vie, de toute manière, il faut toujours se battre, il n’y a que les c… pour ne pas y croire. Et puis je pourrais encore en rajouter des tonnes, mais je m’arrêterai là. Vous êtes déjà rassasié, je le sais.

J’ai un peu trop noirci le tableau ? Bof, à peine je crois. Contrairement à notre bouffon juvénile télévisuel, à un demi siècle d’existence je peux me permettre, moi, de juger notre époque, non ? Et d’ailleurs c’est depuis peu que je la vois sous cet angle peu flatteur, oui, depuis la fin des années 90 et le début des années 2000 en fait. Bon, bien sûr, tout n’était pas parfait avant, loin de là. Il existait aussi pas mal de petites scories dans la machinerie. Cependant quand on pose le tout sur la balance, on voit où c’est le plus lourd, à moins d’être aveugle évidemment… Alors vous voudrez bien pardonner mon pessimisme agressif. Et tant mieux si vous faites partie de ceux qui sont absolument heureux de vivre à notre époque. Il en faut pour y croire.

Back to the 80′s !

Encore une fois, la preuve qu’avant c’était mieux : on ne compte plus actuellement les films des années 80, et seulement des années 80 (!), qui font ou vont faire l’objet d’un reboot ou d’un remake ! Ainsi LABYRINTHE, GREMLINS, STARFIGHTER, HELLRAISER, LES MAÎTRES DE L’UNIVERS, SOS FANTÔMES, HIGHLANDER, GREYSTOKE, STARMAN et tant d’autres sont de retour ! Il n’y a plus de talent, plus d’idées, plus rien à Hollywood. Les années 2000 sont devenues le désert culturel de l’industrie cinématographique où à peine un SPIDERMAN sorti qu’on en fait déjà un reboot, puis ce reboot a droit à son propre reboot !

« Reboot », le mot magique des années 2000 synonyme de $$$$$$$$ ! La création et l’innovation sont rangées au placard. Pour les trouver, il faut désormais aller les chercher sur Internet grâce aux cinéastes amateurs qui offrent à travers leur fan films ou leurs projets personnels de véritables petits bijoux souvent réalisés avec peu de moyens, mais avec beaucoup de débrouillardise et d’intelligence, et souvent beaucoup plus de talent que nos réalisateurs grassement payés.

Geek, moi ?…

16040302344515263614117557J’ai pu récemment constater que, comme pour la SF, il n’y a pas une définition qui prédomine pour le mot « geek » mais en fait plusieurs qui se battent en duel pour obtenir le piédestal. En effet, quand on fait le tour, on se rend vite compte que peu de gens sont vraiment capables de vous dire exactement ce qu’est un geek. Chacun y va de sa définition fourre-tout, de sa version des faits, de son angle de vision… 

Souvent, le geek a droit à cette caricature : ce serait un amateur d’informatique, de nouvelles technologies, de jeux vidéo, de comics et de mangas. Point barre. Euh… bon, si c’est le cas, désolé mais je n’ai rien d’un geek. L’informatique me fait royalement chi…, les nouvelles technologies ne provoquent en moi aucune vibration smartphonique, les jeux vidéo me rappellent gentiment ma jeunesse (mais aujourd’hui…), les comics ne me déplaisent pas, mais si vous parlez super héros, là il n’y a plus personne, alors que les BD en général, oui, je veux bien, quant aux mangas je comprends très bien qu’il y ait des fans mais je n’en ai jamais fait partie.

Mais peut-on franchement être considéré comme geek si on a atteint le cap de la cinquantaine ? Oui, me dit-on… Geek ne serait donc pas exclusivement réservé à la jeunesse… Et quant à cette définition hâtive du geek citée plus haut, elle ne vaut aucunement celle-ci, remarquable à tous les niveaux :

« Un Geek est avant tout une personne qui considère sa vie « virtuelle » ou « fictionnelle » comme aussi importante que sa vie « réelle ». Quelqu’un qui trouve dans l’imaginaire des expériences et des valeurs qu’il ne trouve pas dans son quotidien, et qui n’hésite pas à prendre modèle sur des héros fictifs pour se construire une identité plus libre et plus riche que ce que lui offre son ordinaire. »

Ah, là, j’adhère pleinement et je crois m’y reconnaître grandement ! Elle est signée Olivier Oltramare dans son édito du magazine Geek, numéro 11 de mars-avril 2016. Je vous invite d’ailleurs à lire, toujours dans ce numéro, le passionnant dossier de Thomas Debelle intitulé tout bonnement « Qu’est-ce qu’un geek ? » Vous en saurez plus sur leur histoire… ou plutôt devrais-je dire sur NOTRE histoire ?…

- Morbius – (CosmoFiction)

Également dans la catégorie Le Domaine du Fanatique :

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2 commentaires

  1. Trapard dit :

    J’adhère aussi à la définition d’Olivier Oltramare, si l’on considère que le cinéphilie offre une part de réflexion et de rêves. Certains diront aussi que le cinéma a été une béquille dans leur vie.

    Concernant le débat, c’était mieux avant, c’est mieux maintenant je ne vois pas quoi ajouter. Le seul élément qui diffère dans ma vision des choses c’est que j’ai ressenti un très fort changement des mentalités, et notamment des jeunes…Mais au début des années 90 ! Et ce que je vois aujourd’hui me semble surtout une évolution de ces changements en crescendo utra-rapide. Mais avec l’informatisation en moins.
    Au début des années 90, j’ai ressenti le repeuplement de Nouméa et son urbanisation à vitesse grand V jusqu’à aujourd’hui. Du coup c’est à ce moment-là que j’ai ressenti une fragmentation entre quartiers nord et quartiers sud, sans parler du choc des cultures avec le repeuplement (même au lycée les profs commençaient à se lâcher avec des discours politiques locaux se que je n’avais jamais entendu avant). Puis au début des années 90 ça a été l’explosion des modes du tatouage (avec l’arrivée du tatoueur Adrien et d’autres). Puis les nakamals se sont multipliés et on commençait déjà à parler des tours de l’Anse-Vata avec les cocktails Alcool-cannabis-kava. Sans parler des dealeurs de drogues dures comme la cocaïne qui ont fleuri en même temps que les premières raves parties au début des années 90 au Surf Novotel, au Kuendu Beach jusqu’aux fameuses « raves sauvages ». J’entendais aussi beaucoup parler de datura à cette époque-là (c’est de cette période que date l’histoire d’une bande de mecs en tribu qui avaient avalés des graines de datura et qui avaient hallucinés totalement et qui avaient attrapé un bébé et mis en broche sur le feu pour le rôtir). Puis évidemment, la chanson « Mangez-moi Mangez-moi » au milieu des années 90 a accentué les histoires de drogues et de champignons que certains allaient cueillir sur les bouses de vaches les lendemain de pluie…Et puis ça a été le grand retour de Bob Marley et des concerts de reggae qui sont arrivés en masse à Nouméa et en Brousse.
    Dernièrement un monsieur qui a mon âge me disait « avant il n’y avait que quelques jeunes qui fumaient du cannabis, mais aujourd’hui ce sont tous les jeunes ! ». Perso, j’ai envie de dire que c’est faux. Qu’avant il n’y avait que quelques jeunes qui ne fumaient pas de cannabis sauf que les gens se cachaient contrairement à aujourd’hui. Et évidement le cliché Kanak-cannabis est faux et c’est une propagande politique puisque dès le début des années 90, tu avais des jeunes fumeurs dans les quartiers pauvres mais énormément dans les quartiers riches aussi ! Sauf que pour le savoir, il fallait fumer aussi ce qui était mon cas à l’époque.
    Après certains parlent de chape de plomb à Nouméa dans les années 90, moi je ne ressens pas du tout ça comme ça. À moins que « chape de plomb » soit une sensation liée à l’adolescence et à la culpabilité auquel cas moi je l’ai ressenti dans les années 80 avec la politique pendant les Évènements. Mais comme la délinquance a explosé dans les années 90 la sensation de chape de plomb peut en effet se définir par le sentiment de peur et de culpabilité par rapport à une autorité policière. Et aujourd’hui ça m’arrive souvent de discuter avec des adolescents soit en perdition, soit qui se donnent des airs…Et je retrouve exactement les mêmes schémas que dans cette adolescence délinquante des années 90 et ça m’arrive de me moquer d’eux parcequ’ils n’inventent plus rien. Sauf une chose ! Et ça tu ne le retrouves que chez les jeunes Kanak : c’est la sensation qu’ils ont été mis de côté par leurs aînés et qu’on refuse de leur parler. Du coup, ils en sont restés à l’exemple des Évènements dont on ne leur a raconté que des bribes indépendantistes et certains disent rêver « reprendre le flambeau » (pour utiliser leur expression). Alors on sent qu’ils tournent dans le vague avec leurs idéaux passéistes et imaginaires.

    Voila, je m’éloigne du sujet mais comme j’ai commencé à être extrêmement solitaire au début des années 90, je me suis senti en position d’observateur avec l’anxiété que cela comporte. Et donc pour moi, c’est à cette période que j’ai ressenti des débuts de changements dont je vois le présent comme sa résultante. Et évidemment je ne parle ni des problèmes internationaux avec le djihadisme etc…Même si cela se répète un peu d’ailleurs. Et j’ai de très forts souvenirs d’un voyage à Paris trois ou quatre mois après l’attentat de la rue de Rennes et avec vigipirate c’était vraiment la parano. Dès qu’il y avait un sac abandonné sur le sol, il fallait vite s’éloigner et il ne fallait pas laisser traîner le tien. je me souviens que c’était l’anxiété la plus communicative possible.
    Et ici à Nouméa on a la chance d’avoir été assez épargnés pendant longtemps de la violence urbaine des grandes villes. Parceque j’ai fait mes études à Paris et je me suis fait braquer une fois avec un flingue dans un coin de rue et une autre fois un gars m’a mis un couteau sous la gorge pour se payer sa dose juste au moment où je sortais de ma banque. Sans parler des sorties de boîtes de nuit où par exemple un soir je suis sorti avec un pote et il a fallu qu’une bande de mecs passent et soient un peu jaloux de nos fringues pour qu’on se retrouve mon pote et moi par terre sous une rafale de des coups de baskets dans la g****. (plusieurs points de sutures sur le crâne pour mon pote des bleus et écorchures sur le visage pour moi).
    Donc je considère que ça date un peu ces changements et cette violence et ce que je souhaite c’est que ça ne s’accentue pas. Voire même que les politiciens cherchent des idées valorisantes pour les jeunes. Payer les frais de jeunes artistes comme au Rex : oui ! Foutre du pognon dans une web-Télé pour conscientiser les jeunes à la politique locale et internationale : Bof ! Il y a sûrement mieux comme créer des salles de sport, former des éducateurs qui connaissent le terrain, etc etc.
    Bon désolé Morbius, je me suis étendu en phrases. Je ne suis même pas sûr que tu sois arrivé jusqu’à la…
    F.I.N.

  2. morbius dit :

    Si, si, j’ai tout lu ! ;-)

    Dernière publication sur Les échos d'Altaïr : IMAGINART - ROGER DEAN

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