RETOUR VERS LE FUTUR : L’AVIS DES CRITIQUES
On reprend d’aplomb notre petit mois RETOUR VERS LE FUTUR à l’occasion de l’arrivée de notre DeLorean favorite le 21 octobre 2015 ! Voici pour aujourd’hui quelques critiques et avis divers publiés dans divers ouvrages.
L’Année du Film Fantastique 85/86 (éd. Bédérama, 1985), critique de Dominique Monrocq :
« Thème primordial de la littérature de science-fiction, le voyage dans le temps fascine les imaginations depuis toujours. Les films sur le sujet ayant beau faire preuve de diversité (de JUST IMAGINE à C’ETAIT DEMAIN, sans oublier le sublime LA MACHINE À EXPLORER LE TEMPS), Robert Zemeckis déclare ne trouver aucune satisfaction lorsqu’un personnage atterrit dans un avenir qui nous est radicalement étranger, parce qu’il est impossible de se rattacher à quoi que ce soit. Qu’à cela ne tienne ! Dès les premières secondes de RETOUR VERS LE FUTUR, on inculque au spectateur tout ce qu’il doit connaître sur les années 50. Puis, à l’aide d’un petit tour de passe-passe agrémenté d’un savant fou et de terrorristes libyens, le héros Marty est propulsé dans le passé… et va jeter le trouble sur les circonstances de sa naissance.
Refusant de s’embarrasser des dilemnes du paradoxe temporel, Zemeckis mène son action à tambour battant, la parsemant de questions à suspense (Marty va-t-il résister aux avances de sa future mère, réussira-t-il à regagner son époque ?). Il conjugue l’humour à tous les temps (les automatismes hors de contrôle de Doc, la poursuite en skateboard, Marvin Berry et son cousin Chuck), passant de futur antérieur au passé simple avec aisance. Quoi que puisse faire ce voyageur impatient, le futur (enfin le présent de Marty…) ne subira aucune modification dramatique. Les changements se limitent à l’anodin (le centre commercial des deux pins n’est plus caractérisé que par un arbre solitaire) ou au bénéfique (le nouvel environnement familial). Comme tant d’autres œuvres où Spielberg agit de près ou de loin, RETOUR VERS LE FUTUR est un conte de fées moderne irrémédiablement typé par sa géographie à défaut d’être prisonnier du temps. Où, ailleurs qu’en Californie, peut-on envisager un véhicule temporel camouflé dans une voiture DeLorean, un teenager rêvant devant un 4 x 4 flambant neuf ? Sans oublier la concrétisation du fantasme le plus cher de chaque automobiliste, quant à la fin… Mais chut ! c’est une surprise ! »
L’Encyclopédie de la Science-Fiction (éd. Jacques Grancher, 1996), de Jean-Pierre Piton et Alain Schlockoff :
« Le charme du film repose essentiellement sur des personnages bien typés, interprétés par les mêmes acteurs, qu’ils aient l’âge de l’adolescence ou qu’ils approchent de la cinquantaine. [...] Un autre élément de sa réussite tient au choix des années 50 reconstituées avec précision et qui, au cours de la décennie 1980-1990, apparaissent comme une époque de rêve. [...] Ce dosage réussi d’humour et de nostalgie a beaucoup fait pour le succès du film qui a totalisé une recette mondiale de 350 millions de dollars. »
Guide Totem : La Science-Fiction (éd. Larousse, 1999), de Lorris Murail :
« Légère, amusante et sympathique, la comédie de Zemeckis (produite par Spielberg) a rencontré un immense succès. Le charme de ses acteurs, le soin apporté à la reconstitution des scènes situées dans les années 50 y sont sans doute pour beaucoup. Un succès que ne rencontrèrent pas les deux suites tournées consécutivement en 1989 et 1990 (RETOUR VERS LE FUTUR 2 et 3), pourtant plus ambitieuses. Le deuxième film, sombre, au scénario élaboré, envisage un univers alternatif engendré par les manipulations temporelles des protagonistes. Dans le troisième, les héros voyagent vers le passé, et se retrouvent en 1885, dans un contexte western. »
Les Films de Science-Fiction (éd. Cahiers du Cinéma, 2009), de Michel Chion :
« Ce qui devient exaspérant dans la trilogie et commence à l’être déjà dès le premier épisode, est l’insensibilité totale du personnage de cet éternel jeune homme à la dimension extraordinaire, poétique, fascinante bien sûr, de ce qu’il est en train de vivre, même lorsqu’il a compris qu’il a rencontré sa mère. Le talent de Michael J. Fox n’est pas en cause, et on comprend que cette insensibilité est nécessaire au film pour lui éviter de tomber dans le scabreux. [...]
Le deuxième épisode, simplement titré RETOUR VERS LE FUTUR II, est, nous l’avons dit, à la fois plombé et dopé par l’absence au générique de Crispin Glover. Du coup, privé de ce personnage crucial, le film doit en rajouter dans les situations loufoques. Les paradoxes temporels, les aller-et-retours du « passé » au « futur » pour remodeler un « présent » sans cesse changeant sont multipliés de manière frénétique, à en donner le mal au cœur, d’autant que Marty et Doc ne cessent de répéter le duo de l’Auguste et du clown blanc. [...]
Tourné dans la foulée du deuxième épisode, RETOUR VERS LE FUTUR III envoie Doc et Marty dans le passé, en 1885, dans une ville de western où ils s’établissent. Le film se décentre alors, et le véritable héros devient Doc, à qui le scénario offre une fiancée en la personne de Mary Steenburgen, qui fut la partenaire d’H. G. Wells dans C’ÉTAIT DEMAIN, 1979. Leur couple et quelques gags heureux à la Lucky Luke permettent de supporter l’insignifiance grandissante du rôle de Marty, qui devient dans l’histoire le rabat-joie. C’est la revanche du savant fou, un savant dont les inventions ici ne provoquent aucune catastrophe, mais un vrai savant, vibrant, et non un jeune crétin. »
100 Ans et Plus de Cinéma Fantastique et de Science-Fiction (éd. Rouge Profond, 2013), de Jean-Pierre Andrevon :
« Au prix de ce qui reste au premier degré une teenage comedy bondissante, drôle, intelligente, le film fonctionne à vitesse grand V, merveilleusement interprété par le juvénile Michael J. Fox et Christopher Lloyd en caricature de savant fou, mais dont les (discrets) ingrédients SF tournant autour des différents paradoxes sont toujours joliment amenés. »











