MAD MAX 1985 : « WE DON’T NEED ANOTHER HERO »… VRAIMENT ?

mad30bComme annoncé précédemment, CosmoFiction profite de la sortie prochaine de MAD MAX FURY ROAD pour revenir sur la trilogie « Mad Maxienne » de George Miller et lui rendre hommage, à sa façon. Articles de presse, critiques, points de vue, photos, bandes-annonces, extraits vidéo, reportages, making of, petites anecdotes et souvenirs seront de la partie. Pour les analyses profondes et les grandes réflexions philosophiques sur le contenu des films, rendez-vous ailleurs avec un bon café bien corsé.

MAD MAX 1985 : « WE DON’T NEED ANOTHER HERO »… VRAIMENT ?

MAD MAX 1985 :

To be or not to be…

15051208284615263613259242 dans Mad MaxL’aventure de Max, le guerrier de la route, se termine en 1985 avec ce MAD MAX : AU-DELÀ DU DÔME DU TONNERRE (Mad Max : Beyond Thunderdome). « Se termine », car pour certains seul Mel Gibson incarne Max Rockatansky et l’incarnera à jamais. Pour d’autres, l’arrivée de Tom Hardy dans le rôle de Max-le fou, en cette année 2015, représente un nouveau départ, du sang neuf pour un reboot bienvenu malgré tout le respect dû à son illustre prédécesseur. En tout cas, en 1985 nous étions loin de nous douter que Max reviendrait, 30 ans plus tard, dans ce qui s’annonce, peut-être, comme une formidable reprise de la franchise. Patience, la réponse est pour bientôt…

Un drôle de Max…

Avec ce MAD MAX 3, George Miller (co-réalisateur et co-producteur en compagnie de George Ogilvie) a voulu mettre les petits plats dans les grands. Désormais tout auréolé des succès de ses deux précédents films et de leur renommée internationale, il bénéficie d’un budget de 12 millions de dollars et de la participation de la chanteuse Tina Turner dans le rôle d’Entité. En outre, la B.O. est confié au talentueux compositeur français, Maurice Jarre. Mais est-ce ce déploiement de moyens considérables qui affaiblit la force de ce MAD MAX 3 ou est-ce plutôt son histoire ? Et cette volonté évidente de plaire au plus grand nombre en y intégrant un casting d’enfants et d’adolescents et, par conséquent, de réduire à l’état de souvenir la violence des précédents chapitres, n’est-elle pas un gros risque ? Il faut bien l’avouer, Max fait parfois figure de nounou au milieu de tous ces petits mioches en perdition…

Pour beaucoup, MAD MAX 3 demeure le volet le plus décevant et le moins authentique de la franchise. Très éloigné des deux précédents films, AU-DELÀ DU DÔME DU TONNERRE a beau être un beau spectacle aux images souvent superbes, à la mise en scène toujours impeccable, il semble trop artificiel, trop étudié, bref, on a gratté la crasse pour seul laisser briller le chrome. Et dans tout ça, Max y perd forcément un peu de son âme, pour ne pas dire beaucoup…

Histoire et bande-annonce…

L’histoire : « Max, de retour, s’est fait dépouiller de son maigre bien. Suivant le voleur, il arrive à la Ville du Troc, où règne Entity. Celle-ci l’engage pour qu’il la débarrasse de Master et Blaster, rois du Monde souterrain. N’ayant voulu tuer Blaster, Max est abandonné en plein désert, d’où il ressurgit à la tête d’une troupe d’enfants pour faire exploser la Ville du Troc. » (allocine.fr)

Image de prévisualisation YouTube

Paroles de George Miller, Mel Gibson et Tina Turner…

Quand on lui demande s’il est fier de ce qu’il a accompli, George Miller répond : « Voyons… Il y a deux sortes de fierté : on peut être fier sur le plan personnel, de sa création personnelle, ce qui est très rare. Et puis on peut être fier de ce que les gens du dehors peuvent voir. Ce qui ne veut pas dire grand chose, mais il y a des moments de fierté… Je crois que les choses qui me procurent le plus de fierté, ce sont ces moments si rares où l’on a l’impression de maîtriser son outil, où on prend tout à coup conscience que quelque chose a particulièrement bien marché. Je ne parle pas de la réussite, du succès d’un film : rien que de petits moments de ce film. »

15051209075115263613259366 dans SCIENCE-FICTIONEt Mel Gibson, comment se prépare-t-il à incarner Max ? : « De façon tout à fait classique : en lisant, en en parlant et en prenant des idées auprès des autres. Il arrive que je n’aie pas d’idée arrêtée jusqu’au moment de tourner. Et même alors, je ne suis pas toujours fixé. Ça me vient parfois par accident. Mais quand on a de bonnes bases, quand on connaît les grandes lignes du monde dans lequel le personnage est censé évoluer, quand on a compris comment on réagirait si on était placé dans tel ou tel environnement, on a fait la moitié du chemin. »

Tina Turner raconte comment elle s’est préparée au rôle d’Entité : « D’abord, j’ai cherché un point de référence auquel me raccrocher et ça a été son mode de vie. Il est très comparable au mien, à la façon dont je vis chez moi, dans une maison ouverte, pleine de plantes vertes, au calme. Et sa vie est un perpétuel combat… Elle s’est battue pour s’en sortir, pour construire son environnement. Comme moi, dans une certaine mesure, depuis ces huit dernières années. Je suis partie de rien. Et juste avant de commencer à avoir du succès, si on regarde en arrière, j’ai réussi à acheter une maison et à me payer une voiture. C’est moi qui me suis faite, avant même d’avoir le succès qu’on connaît. Je n’ai donc aucun mal à imaginer ce que la vie avait pu être pour cette femme. Le plus difficile a consisté à rester très sobre. En dehors de ça, je ne m’y suis pas préparée, à proprement parler. Dès que j’avais mon costume, ma perruque et mon maquillage, je devenais en quelque sorte cette reine. Il y a vraiment quelque chose de très fort dans le fait de revêtir un costume : on a aussitôt une attitude toute différente. On n’est plus soi-même. Instantanément, tout le monde autour de moi commençait à me respecter !  Ça devenait la réalité, en quelque sorte, et ça m’a certainement aidé à incarner le personnage. »

Extraits des interviews publiées dans le n°60 de L’Écran Fantastique de septembre 1985.

15051209102315263613259368

Le clip « We don’t need another hero »…

Tina Turner, d’abord chanteuse avant de s’improviser actrice pour MAD MAX 3, offrira au film une chanson magnifique qui devient alors un grand succès. « Le titre We Don’t Need Another Hero devient rapidement un tube en se classant 2e aux États-Unis et 3e au Royaume-Uni. Il est nommé au Golden Globe de la meilleure chanson originale et vaut à la chanteuse une nomination au Grammy Award de la meilleure chanteuse pop en 1986. » (Wikipédia)

Image de prévisualisation YouTube

Et qu’est-ce qu’ils en pensent, eux ?…

15051209482715263613259416Guy Delcourt dans L’Année du Film Fantastique 85-86 (éd. Bédérama) : « Il y avait déjà un enfant sauvage dans MAD MAX 2. Un vrai, émouvant parce qu’endurci, qui résumait à lui seul l’avènement d’une nouvelle humanité guerrière. Mais MAD MAX 2 était un film extrémiste, sans rémission, tandis que MAD MAX 3 n’est que compromis et atermoiements : juxtaposition de deux intrigues hétérogènes, bicéphalité stupide de la réalisation (résultant en mièvrerie, molesse et bavardages), affadissement d’une violence filmée comme à regret. La fin n’arrange rien. Ce qui aurait dû être une œuvre classique à trois volets se transforme en une simple série à la James Bond. Max, indemne (il n’est même plus blessé, cette fois !), redevient guerrier solitaire tandis que les rescapés fondent leur propre civilisation. Comme dans MAD MAX 2, et MAD MAX 4, 5 et 6. Nous l’aurions préféré mort plutôt que réduit à cela. »

Jean-Pierre Andrevon dans 100 Ans et Plus de Cinéma Fantastique et de Science-Fiction (éd. Rouge Profond) : « Ce troisième volet est le seul à ménager une fin relativement optimiste. Cependant, il déçoit par rapport aux précédents. D’abord parce qu’il est composé de deux segments de récits qui paraissent étrangers, l’un à l’autre, mais surtout parce que, côté ultraviolence, il se montre singulièrement aseptisé. La faute au dédoublement de la réalisation, Miller ayant préféré se centrer sur les personnages, laissant à son compatriote George Ogilvie, essentiellement homme de télé, le soin de diriger en seconde équipe les scènes d’action. »

Lorris Murail dans Guide Totem : La Science-Fiction (éd. Larousse) : « Le troisième épisode rompt de façon très nette avec les deux films précédents. Les fans de la série attendent avec consternation près d’une heure vingt avant d’entendre tourner le premier moteur. Signes ultimes de décadence, Max a les cheveux longs, et l’énergie, dans la cité retranchée de Bartertown, provient du lisier fourni par les porcs. La construction est moins linéaire, le public visé plus vaste. »

On poursuit demain avec des interviews vidéo signées Trapard. Oui, oui ! En attendant, allez jeter un coup d’œil sur les premières critiques américaines de MAD MAX FURY ROAD : elles sont plutôt élogieuses. Jugez par vous-même ici

- Morbius – (CosmoFiction)

 


3 commentaires

  1. trapard dit :

    Très bon article, et je n’enfoncerai pas le clou car tout est dit !

  2. trapard dit :

    Je viens de voir le nouveau lien vers les critiques positives sur le prochain Mad Max : ça promet !
    En fait, je ne savais pas trop quoi penser de Tom Hardy jusqu’à ce que je le vois jouer dans le thriller « Quand vient la nuit ». Et franchement, je trouve ce comédien excellent, physique et intériorisé à la fois. Moi ça me va ! :D

  3. morbius dit :

    Je ne l’ai jamais encore vu jouer dans un film, mais pour le peu que j’ai pu voir de lui à travers les bandes-annonces de ce Mad Max Fury Road, je l’ai trouvé franchement dans la peau du personnage qu’on connaissait avec Mel Gibson. Maintenant, je verrai si je me suis trompé en allant voir le film.

    Dernière publication sur Les échos d'Altaïr : MARK HAMILL A DIT...

Répondre

FranciaD |
Alexandre, Diego, Samuel |
Le Petit Lapin |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mes petits écrits...
| symptoms for ms in women19
| REGLISSE , VENUSSE & BAMBY