MAD MAX 1979 : NAISSANCE DU « ROAD WARRIOR »

mad30bEn 1979, après le raz-de-marée STAR WARS, la SF a le vent en poupe. Les studios hollywoodiens s’affrontent à grand renfort de space opéras : STAR TREK, LE TROU NOIR, MOONRAKER, ALIEN et tant d’autres sortent sur les écrans. George Miller, lui, crée son propre genre : le Road Warrior. MAD MAX premier du nom marque d’une pierre blanche l’histoire de la science-fiction cinématographique. Retour sur un film qui dû attendre trois ans avant d’être enfin distribué en France en 1982, flanqué d’une interdiction aux moins de 18 ans…

MAD MAX 1979 : NAISSANCE DU

Avertissement…

15051002005415263613252295 dans Mad MaxComme annoncé précédemment, CosmoFiction profite de la sortie prochaine de MAD MAX FURY ROAD pour revenir sur la trilogie « Mad Maxienne » de George Miller et lui rendre hommage, à sa façon. Articles de presse, critiques, points de vue, photos, bandes-annonces, extraits vidéo, reportages, making of, petites anecdotes et souvenirs seront de la partie. Pour les analyses profondes et les grandes réflexions philosophiques sur le contenu des films, rendez-vous ailleurs avec un bon café bien corsé.

Souvenirs lointains d’un film jugé coupable…

Quand sort MAD MAX le 13 janvier 1982 en France, j’ai 16 ans.

À environ 17 000 kilomètres de la Métropole, sur ma petite île du Pacifique Sud, la Nouvelle-Calédonie, j’entends parler pour la première fois de MAD MAX dans une émission radiophonique consacrée, il me semble, au festival d’Avoriaz (où il obtiendra d’ailleurs le prix spécial du jury) en compagnie d’un autre film, MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE. Ce dernier, interdit de diffusion en salles sur le territoire français, sortira finalement durant l’année 1982 comme MAD MAX et, toujours comme lui, sera également interdit aux moins de 18 ans.

Tous deux sont jugés coupables d’une violence inouïe…

J’entends à la radio des extraits sonores de l’un et de l’autre. On nous décrit les scènes. Pour MAD MAX, il s’agit de bruyantes poursuites en voitures mêlées d’explosions et, pour MASSACRE…, on entend simplement la tronçonneuse en action et quelques cris… Mon cerveau a vite fait d’imaginer des images horribles où se mêlent le sang et les tripes, la violence à l’état pure, pire : la sauvagerie !

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Quand, quelques années plus tard, je découvre enfin ces deux films en VHS, non sans une certaine appréhension après tout ce que j’en ai entendu dire, je suis surpris : point de scènes gores, encore moins de tripes ou de sang éclaboussant l’œil de la caméra, seulement une ambiance parfois intense, des scènes forcément violentes mais jamais grand-guignolesques, une brutalité qui sert l’action sans jamais se faire gratuite. L’imagination contribue donc aux effets spéciaux…

15051002085715263613252303« George Miller eut beaucoup de problèmes avec son film, jugé trop violent et influent pour les jeunes. Voulant éviter le classement X, la censure accepta de projeter le film en échange de quelques coupes, mais Miller décréta que, mis à part des plans explicites de quelques secondes, ce n’est pas le film qui est violent mais le climat général, la brutalité ambiante. » (Wikipédia)

Histoire et bandes-annonces…

Mais quel est donc ce MAD MAX décrit comme si violent ? L’intrigue :

« Sur les autoroutes désertées d’une Australie méconnaissable, une guerre sans merci oppose motards hors-la-loi et policiers Interceptor, qui tentent de triompher de la vermine au volant de voitures aux moteurs surgonflés. Dans ce monde en pleine décadence, les bons, les méchants, le manichéisme disparaissent… » (allocine.fr)

On est dans un futur proche, à deux doigts d’une guerre nucléaire. Le film ne s’inscrit pas encore dans le genre post-apocalyptique, ou alors, s’il le fait, c’est plutôt en raison d’une société décadente, en plein chaos, en pleins bouleversements apocalyptiques… Bandes-annonces :

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Anecdotes…

  • 15051003450515263613252344C’est une émission radio qui a inspiré MAD MAX à George Miller. Un journaliste suivait une patrouille de police pendant ses rondes nocturnes et interviewait des victimes d’accidents de voitures.
  • MAD MAX fut tourné à Victoria, État du sud-est de l’Australie (capitale : Melbourne) pour la modique somme de 350 000 dollars.
  • Le film rapporta au total 100 millions de dollars après son exploitation dans le monde.
  • MAD MAX entra au Guiness Book en 1998 en tant que film le plus rentable de l’histoire du cinéma au regard de son budget initial.
  • En raison du faible budget, seuls Gibson et Bisley ont obtenu des vestes et des pantalons en cuir véritable, alors que les autres acteurs qui incarnaient les policiers portaient des tenues en revêtement en cuir synthétique.
  • La voiture de police de Max, l’Interceptor jaune, était une Ford Falcon XB sedan australienne de 1974 (ancienne voiture de police) avec un moteur modifié, un Cleveland 5,8 litres (soit 351 cubic inch de cylindrée).
  • MAD MAX a obtenu le Prix Spécial du Jury à Avoriaz et le Grand Prix du Festival du Film Fantastique et de Science-Fiction de Paris en 1981.
  • Classé X « Violence », MAD MAX est relégué, dans un premier temps, au circuit des cinémas pornos.
  • La version intégrale du film ne sera disponible que le 19 janvier 1983, suite à un changement politique et au triomphe de MAD MAX 2.

Sources100 Ans et Plus de Cinéma Fantastique et de Science-Fiction (éd. Rouge Profond), L’Encyclopédie de la Science-Fiction (éd. Jacques Grancher), Wikipédia.

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Paroles et citations…

George Miller : « L’action violente de MAD MAX n’avait pas de sens dans un contexte contemporain, paraissait trop exagérée. Nous avons décidé de la situer dans un monde dégénéré. C’était aussi moins cher à réaliser que dans un futur lointain. »

Alain Garsault : « [Miller] orchestre autour de la moto et de la voiture un montage de plans où sont rassemblés tous les angles destinés à accentuer l’autonomie des parties de l’engin et leur caractère menaçant. L’espace du scope écrase les verticales et agrandit l’horizontalité de la route qui en vient à constituer un lien hypnotique. »

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Et qu’est-ce qu’ils en pensent, eux ?…

Jean-Pierre Andrevon dans 100 Ans et Plus de Cinéma Fantastique et de Science-Fiction (éd. Rouge Profond), extraits :

« MAD MAX, amené à révolutionner le cinéma d’action, doit une bonne part de son succès à un jeune homme de vingt-trois ans nommé Mel Gibson, qui suivait les cours d’une école de théâtre à Sydney, et dont la présence au générique tient au seul fait qu’il soit venu accompagner un copain au casting. Sa belle gueule a fait le reste. [...] Si la violence du film est indéniable, le travail de Miller est essentiellement graphique. [...] MAD MAX, plus qu’une anticipation réelle, exploite la plongée aux enfers d’un homme qui a tout perdu, y compris ses repères. »

Jean-Pierre Piton et Alain Schlockoff dans L’Encyclopédie de la Science-Fiction (éd. Jacques Grancher) :

« À partir d’un scénario très linéaire, MAD MAX est avant tout un formidable film d’action émaillé d’une suite quasi ininterrompue de morceaux de bravoure qui permettent au réalisateur de déployer toute sa virtuosité dans le maniement du langage cinématographique. »

Lorris Murail dans Guide Totem : La Science-Fiction (éd. Larousse) :

« L’affrontement motorisé de Max le flic et d’une bande de voyous sur les routes désertes d’Australie n’empreinte guère à la science-fiction. Derrière la succession de scènes violentes et haletantes qui mène vers un épilogue cruel, on devine simplement une société menacée de décadence. »

- Morbius – (CosmoFiction)

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3 commentaires

  1. trapard dit :

    Éh béh, quel boulot ! Quel article !
    Oui, le film est en effet sorti dans certaines salles parisiennes en janvier 1982. Notamment dans le petit cinéma du quartier Baubourg (en face du centre Pompidou) où je m’arrêtais régulièrement en 1981 et début 1982 pour lorgner les affiches. C’est comme si j’y étais encore : les affiches de « L’empire contre-attaque » et de « Popeye » (avec Robin Williams) venaient d’être retirées au profit de celles du « Petit Lord Fontleroy » et de « La Soupe aux choux ». Puis…celle de « Mad Max » s’est intercalée, alors que je n’en avais entendu parler ni à la télé (que je regardais assez peu), ni par les copains, et dont l’interdiction aux mineurs m’avait vraiment frustré. Les photos et l’affiche me faisaient imaginer un western dans le futur.

    Ce qui est marrant c’est qu’on a l’impression que ce sont les pays limitrophes du Pacifique qui ont d’abord imité le film de George Miller avant que les Italiens et les Philippins usent le filon jusqu’à la moelle.
    Je pense à « Crazy thunder road » (1980) de Sogo Ishii au Japon.
    http://blogs.c.yimg.jp/res/blog-89-ce/wk4868/folder/597810/36/22440636/img_0
    Et à « Warlords of the 21st Century » (1981) d’Harley Cokeliss en Nouvelle-Zélande.
    http://image.tmdb.org/t/p/original/xlWy74Luxd8fl1CnKIiwwf9eWi5.jpg

    Sinon, il y a deux films de Roger Corman qui anticipent déjà assez le premier « Mad Max ». C’est LA COURSE À LA MORT DE L’AN 2000 (1976) aka LES SEIGNEURS DE LA ROUTE avec David Carradine et Sylvester Stallone. Et sa fausse suite : LES GLADIATEURS DE L’AN 3000 (1978, Deathsport) avec encore David Carradine et Richard Lynch :
    La terre a été ravagée par les Guerres de Neutron, la rendant semblable à un gigantesque désert. Pour survivre, les humains se sont construits d’immenses mégapoles à l’abri des radiations sévissant dans les étendues tannées par un soleil qui semble briller éternellement. Helix, l’une de ces cités, est dirigée par Lord Zirpola, un cruel dictateur…

  2. trapard dit :

    Et du coup, « Mad Max 2″ a suivi de peu puisque je l’ai vu au drive-in pont des Français en 1982 ou 1983. Et pas d’interdiction cette fois (ou alors « mineurs accompagnés »), puisque j’avais 10 ou 11 ans et que je l’ai vu avec mon petit frère. Pour le coup, j’ai découvert le premier opus après le second, en le louant en VHS.

  3. trapard dit :

    D’ailleurs il n’y a pas dû y avoir de restriction sur l’âge pour la location VHS que j’ai loué en 1986 dans un vidéoclub d’Auteuil avec « Les Seigneurs de la route » et quelques films avec Stallone. J’avais 15 ans et encore de l’acné ^^et on ne m’a rien de demandé au guichet à part me sortir l’éternelle phrase de fidélisation : « Normalement, on n’est pas censé…Mais puisque tu es un bon client… » :D En même temps, les Mad Max sont violents mais destinés d’abord à un jeune public avide de sensations fortes.

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