COSMOCRITIQUE : HELLRAISER, LE PACTE (1987)

COSMOCRITIQUE : HELLRAISER, LE PACTE (1987) dans CINÉMA 14011101120715263611887117

La catégorie Cosmocritique accueille les anciennes « critiques » publiées dans les numéros des années 80 de CosmoFiction Fanzine. L’équipe était alors très jeune. Notre passion se lisait à travers nos textes et notre engouement aveuglait parfois notre sens critique ! Mais peu importe, au moins nous vivions intensément nos rêves sans nous soucier du « qu’en-dira-t-on ».

14021609135315263611987149 dans COSMOCRITIQUEAlors qu’un reboot ou remake (je ne sais plus, et peu m’importe) est (éternellement) en préparation, revenons sur la sortie en 1987 du désormais classique du cinéma gore : HELLRAISER, LE PACTE (HELLRAISER). Voici deux critiques parues dans le numéro 4 de CosmoFiction Fanzine daté de novembre 1988.

L’histoire : « En actionnant le mécanisme d’un cube mystérieux, Franck Cotton pénètre les portes du plaisir et de la douleur et se retrouve anéanti par les sanguinaires cénobites, des entités maléfiques… » (Wikipédia)

Sept ans après l’EVIL DEAD de bonne mémoire, le gore semble une nouvelle fois avoir franchi les limites de l’Épouvante et de l’Horreur avec HELLRAISER, film d’un jeune écrivain qui signe là sa première mise en scène : Clive Barker.

À première vue, le film de Barker se place dans la lignée de GOTHIC, chef-d’œuvre de Ken Russell, de par son univers à la fois fascinant et dérangeant, mais aussi (et surtout) de par l’incompréhension qui résulte après sa vision première.

Ce n’est qu’en second lieu, et après une analyse clairement mûrie, que l’on découvre que HELLRAISER dégage une certaine aura qui fait de lui un film hors du commun, un « marginal » en quelque sorte, mais dans le sens positif du terme.

Dans HELLRAISER, Clive Barker réduit les humains à de simples bêtes sans âme (ou si peu) et, à ce propos, on pourrait aisément comparer Julia à une Veuve Noire (vous savez, cette araignée qui, une fois accouplée, tue le mâle), sauf que, dans son cas, elle tue non pas pour le plaisir – la première fois, elle est terrifiée – mais plutôt par amour pour Franck, même si elle sait qu’elle se détruit progressivement, preuve d’un certain masochisme.

Quant à l’humour de HELLRAISER, il faut avouer qu’il est noir et froid, très froid, car toujours suivi par une mare de sang. Enfin, après tout, on a mis quatorze ans avant de découvrir que MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE était avant tout un film d’humour noir ; de même, peut-être que dans vingt ans on traitera HELLRAISER de comédie !…

- Yan -

14021609171015263611987152 dans HellraiserLe gore glorifié par HELLRAISER ? Les avis sont partagés. Affirmons plutôt qu’il s’agit là d’une œuvre qui ne laisse pas le spectateur indifférent à sa vision, Barker ayant volontairement souhaité donner au genre une nouvelle dimension plus philosophique, et peut-être même plus prétentieuse, cela par l’intermédiaire de son film aux indéniables qualités.

Il n’est pas hasardeux d’avouer que HELLRAISER possède tous les ingrédients lui permettant d’accéder au rang de classique, de film culte, celui dont on parlera et parlera encore durant des années, cela d’autant plus que sa suite est déjà sortie (HELLBOUND) et qu’un troisième chapitre est prévu à la sanglante saga de Clive Barker  (HELL ON EARTH, titre prometteur !).

Avec HELLRAISER, le gore prend un nouveau tournant qui l’affirme davantage.

- Hervé/Morbius - (CosmoFiction)

 


6 commentaires

  1. erwelyn dit :

    J’ai commencé mon « marathon » Hellraiser. Je vais tous les regarder d’affilée histoire de me conformer à l’ambiance « masochiste » créée par Clive Baker ;-)
    Je viens donc de terminer le premier opus dont je gardais un très grand souvenir à peine éculé depuis. En dehors des vestes à épaulettes et coiffures année 80, le film n’a pas trop vieilli. Les cénobites sont pour moi une des plus belles créations du fantastique (loin derrière quand même d’Alien), et après l’avoir vu j’aurai tendance même à dire qu’Hellraiser est le premier « torture porn » fantastique puisqu’il aborde le couple de notions douleur/plaisir. Bien bien plus supportable par son aspect fantastique que des réalisations plus récentes et ultra réalistes qui n’ont comme seul but la violence gratuite. Je crois n’avoir à l’époque vu que les trois premiers. Je m’en vais donc les redécouvrir petit à petit.

  2. morbius dit :

    Je pense que tu définis plutôt bien Hellraiser en parlant de « premier torture porn fantastique ». Je l’ai revu récemment, tout comme ses suites, et j’ai trouvé qu’on y allait fort à l’époque ! Je ne sais pas ce que va donner son reboot, mais j’avoue que je n’y crois pas trop…

    Dernière publication sur Les échos d'Altaïr : PAPERTOY : HAL 9000

  3. trapard dit :

    Je ne sais plus combien il y a eu de suites à HELLRAISER mais je me souviens que certaines m’ont un peu lassé car elles ressemblaient plus à de la série B d’horreur américaine de base avec simplement les personnages de Barker comme alibi.

    Sinon CABAL est sorti en VHS aux alentours de 1991 à Nouméa dans mes souvenirs (bonjour le train de retard !) et il y a bien dû y avoir une chronique dans CosmoFiction à l’époque, non ? D’autant que dans les archives vidéo du Sci-Fi on y voit Grégory B.-C. annoncer sa sortie au Liberty pour les 24H du Fantastique. Comme je n’étais plus membre de l’asso à cette époque et que j’avais découvert ce film avec mon propre réseau de cinéphiles (dont un certain ALX ;-) ), je ne sais pas du tout comment le Sci-Fi l’avait reçu, d’autant qu’il surprend totalement en étant à des années lumières de l’univers d’HELLRAISER.
    Idem pour LE MAÎTRE DES ILLUSIONS d’ailleurs qui m’avait étonné pour les mêmes raisons (bien qu’il soit nettement moins bon que les deux premiers, mais c’est un autre débat).

    Sinon oui, pour le coup, c’est vrai qu’HELLRAISER est un torture-porn d’avant l’heure. D’ailleurs je crois que la série des GUINEA PIG qui sont antérieurs (1985) et que je vais regarder incessamment sous peu sont aussi un mélange de torture-porn et de snuff movie. D’ailleurs, je me demande un peu quelle est la frontière entre le snuff movie (on dira plutôt un pseudo-snuff movie, les vrais étant illégaux) et un torture-porn du genre de SAW et compagnie dont la caméra est aussi un élément essentiel du scénario mais dont l’utilisation est inclue dans l’intrigue.
    Du coup, un film comme THE LAST HOUSE ON DEAD END STREET qui date de 1977 est-il un faux snuff-movie ou un torture-porn d’avant l’heure lui-aussi ? Je crois que quelqu’un devrait se pencher sur la question un jour puisque redéfinir des genres tous les 10 ou 20 ans, ça chamboule sans cesse les anciennes manières de classifier nos vieux classiques.

    http://www.devildead.com/indexfilm.php3?FilmID=1492

  4. trapard dit :

    Je vais juste ajouter que la frontière est parfois très mince entre le torture-porn actuel et le faux snuff-movie puisque j’ai regardé il y a deux ou trois ans un torture-porn réalisé par un cinéaste argentin qui vait sorti son film en plein mode des SAW et compagnie. L’intrigue était presque inexistante que le film en était vraiment chiant et ne tenait que par ses images trashs faussement filmées en en found-footage et une surrenchère de gore. Et le titre était SNUFF 102. Bonjour l’imbroglio…

  5. trapard dit :

    Encore un mot sur les torture-porn tels que Erwelyn les définit. Je crois qu’ils viennent du Japon et sont nés d’une Nouvelle-Vague de cinéastes japonais ne tolérant plus le blocus américain (c’est une des raisons expliquées clairement par le cinéaste Seijun Suzuki quand à la violence qui se dégageait de ce cinéma des années 60 et 70). Et que ce soit des films médiévaux, de Fantastique (à ce niveau là, l’irréel n’est qu’un détail scénaristique) ou de pure sexploitation (l’exemple le plus connu en France est L’EMPIRE DES SENS puisque Nagisa Ōshima faisait aussi co-produire ses films par des producteurs français).
    Et comme cités dans mon vieil article du blog de Morbius :
    http://morbius.unblog.fr/2012/07/23/la-trilogie-japonaise-de-dracula/
    il y a eu une production considérable de films S&M au Japon comme SEX AND FURY (1973), LE COUVENT DE LA BÊTE SACREE (1974) du même Noribumi Suzuki, SHOGUN’S SADISM (1976) de Yûji Makiguchi, VIOLENCES ET TORTURES SUR LES FEMMES (1978) de Kôji Wakamatsu, et d’autres encore…Ainsi qu’une vraie culture de la sexploitation avec des films qui ont été édités récemment en France avec des fantômes, des geishas et beaucoup de sadisme, et ça dès la fin des années 60.
    Puis ça s’est développé en Italie avec SALO OU LES 120 JOURNEES DE SODOM (1975) de Pier Paolo Pasolini, et dès la fin des années 60 aux USA avec les « films de prisons de femmes » (qui existent depuis les années 40 et qui est un sujet érotique et sadique en lui-même) mélangés au thème du nazisme avec LOVE CAMP 7 (1969) de Lee Frost. Un film considéré comme un des points de départ de la « Nazi sexploitation » avec les aventures de la tortionnaire sexy SS ILSA (dont il existe des versions américaines, espagnoles mais aussi françaises avec HELGA jouée par Malisa Longo, des films produits par Eurociné et édités aussi récemment en DVD).
    Dans tout ça, il y avait pas mal de sujets fantastiques comme L’EMPIRE DE LA PASSION (1978) de Nagisa Ōshima et son histoire étrangement masochiste de fantôme. Donc, je crois que si on devait vraiment définir le torture-porn ainsi, on pourrait remonter à loin, mais je pense que l’expression désigne surtout une petite mode actuelle destinée à mettre les nouvelles générations sous adrénaline et se targuant de rompre avec le passé. Mais ces films n’ont rien à envier à tous les films de « tortures de femmes » japonais qui sont durs très à supporter, d’autant plus que la violence infligée n’est pas toujours physique.

  6. Trapard dit :

    Hop ! Je viens même de mémoire à remonter à plus loin encore et en Italie avec des films de revenants ouvertement inspirés du Marquis de Sade : LA VIERGE DE NUREMBERG (1963), LE CORPS ET LE FOUET (1963) ET VIERGES POUR LE BOURREAU (1965). LE CORPS ET LE FOUET étant un film fantastique purement S&M, Nevenka recherchant du plaisir dans la douleur de la part du fantôme de son ancien amant Kurt.
    L’histoire se passe au XIXe siècle. Deux frères s’affrontent pour un héritage dans un vieux château ancestral au bord de la mer. Le sadique baron Kurt Menliff retourne au château qui appartient maintenant à son frère cadet, car lui-même en avait été chassé autrefois pour ses scélératesses ; il avait, entre autres, séduit la fille d’une domestique qui, pour cette raison, s’était suicidée; il veut renouer sa relation malsaine avec sa belle-sœur Nevenka. Mais peu après son retour Kurt est assassiné mystérieusement et près de son corps se trouve le poignard par lequel s’était tuée la fille de la domestique, Nevenka commence à se comporter comme une folle et à prétendre qu’elle reçoit la visite nocturne du fantôme de Kurt, et bien vite le château devient le théâtre d’horribles actions.

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