C’EST L’HISTOIRE D’UN FANZINE…

Premier fanzine calédonien consacré aux genres de l’Imaginaire, en particulier au cinéma fantastique et de science-fiction, publié irrégulièrement de 1984 à 1991, entièrement conçu et rédigé par de jeunes fans adhérents du Sci-Fi Club, mais également par d’autres, CosmoFiction fut réalisé avec amour et passion durant des années et vendu dans les librairies de Nouméa. Digne « ambassadeur » du Sci-Fi Club, il proposa toujours à ses lecteurs des articles, des critiques, des dossiers, des BD, sur un ton décontracté. Si vous voulez tout savoir de CosmoFiction lorsqu’il était papier, voici son histoire…

C'EST L'HISTOIRE D'UN FANZINE...  dans FANZINE COSMOFICTION 13122508274215263611842528À cette époque, cela faisait depuis des années que je regroupais dans de grands cahiers des documents sur les films de SF et de fantastique. Il s’agissait d’articles, de photos et d’affiches parus dans divers journaux (Première, Starlog, Fangoria, L’Écran Fantastique, Mad Movies, Starfix, Vidéo 7, Télé Junior). J’y notais scrupuleusement mes impressions, rédigeais quelques critiques, donnais des notes ou des appréciations. Puis, parvenu à mes 18 ans, je décidais finalement de publier un fanzine (j’aimais me lancer des défis à l’époque) où je pourrais exprimer toute ma passion et tenter de la faire partager à d’autres, en donnant ou vendant autour de moi ce que j’avais alors décidé d’appeler « CosmoFiction » !

Pourquoi Cosmo + Fiction ? Je voulais y retrouver en abrégé les termes « cosmos » et « science-fiction »… ouep…  Il faut savoir que dans les eighties, les termes « Star » et « Space » étaient très employés dans les titres de magazines (Starfix, Starlog, Starburst…). Je désirais en utiliser un autre, un peu dans le genre mais tout de même différent. J’ai pensé à « Cosmos ». J’ai donc retiré le « s » et collé « Fiction ». On me reprocha ensuite bien souvent la partie « Cosmo » qui rappellait trop l’abréviation couramment employée pour le célèbre magazine Cosmopolitan… J’avoue qu’à l’époque je n’avais absolument pas songé à ce petit « problème ». Et en plus, j’ai récemment découvert que Cosmopolitan avait publié, il y a quelques années, un recueil de nouvelles intitulé… « Cosmo fiction » !

Totalement motivé par ce projet fou, je me lançais à corps perdu dans cette affaire de CosmoFiction, rassemblant autour de moi documents, machine à écrire (pas d’ordi à l’époque !), ciseaux, colle, règle, marqueurs noirs et feuilles blanches à petits carreaux (lesquels me servaient de repères bien pratiques pour coller correctement mes photos) ! Au départ, il n’y avait que moi, moi et encore moi… Ça fait pas beaucoup, c’est vrai !

13122508335315263611842531 dans FANZINE COSMOFICTION

Photo d’époque dévoilant le matériel utilisé pour réaliser un numéro de CosmoFiction Fanzine. On y voit les magazines Mad Movies, L’Écran Fantastique et Starfix que je massacrais alors pour récupérer les photos ! J’appréciais particulièrement les lettres décalques pour les gros titres. La machine à écrire est la grande absente de cette photo…

Le premier numéro parut en août 1984. Je le vendais alors aux copains du lycée pour une bagatelle, question de rembourser mes frais de photocopies. Il ne comptait même pas une dizaine de pages. Les réactions de mes lecteurs étant plutôt positives, je décidais de poursuivre l’aventure et leur proposais rapidement d’étoffer l’équipe de rédacteurs. Un pote se joignit à moi pour y publier une nouvelle de SF qu’il avait écrite pour le plaisir, Au-delà de la Muse Bleue… Ensuite, à partir du numéro 4, ce fut au cousin de Métropole de rejoindre l’aventure en tant que « correspondant de France » ! Ça sonnait si bien et ça faisait vraiment si sérieux ! Puis vinrent progressivement se joindre d’autres participants, à la fois de Nouvelle-Calédonie et de France.

1312250857501526361184253817 numéros de CosmoFiction parurent ainsi entre 1984 et 1986. Toujours photocopiés, agraffés sur le côté et tirés en une petite dizaine d’exemplaires vendue en cercle restreint. Mais lorsque j’ouvris le Sci-Fi Club de Nouvelle-Calédonie en 1986, CosmoFiction marqua une pause forcée car je ne pouvais pas me consacrer pleinement au fanzine et à l’association…

Cependant le Sci-Fi Club allait représenter une formidable opportunité pour élargir l’équipe de rédaction du fanzine, et aussi pour offrir à CosmoFiction davantage de moyens. Pendant quelque temps, j’envisageais de rebaptiser le fanzine en Les Échos d’Altaïr (authentique !). Mais me rappelant tous les bons moments passés dans cette formidable aventure, je gardais finalement le nom CosmoFiction. Le compteur fut remis à zéro et le numéro 1 parut en avril 1988 avec, à la une, ROBOCOP et STAR TREK : THE NEXT GENERATION. L’équipe de rédaction comprenait alors une dizaine de participants (rédacteurs, dessinateurs…), avec de nouveaux « correspondants », et notamment notre talentueux dessinateur des Star Blagues et des pubs pour CosmoFiction domicilié alors à Tahiti, Stéphane Roux (aujourd’hui célèbre pour ses comics et sa participation à l’univers étendu de STAR WARS !)

La mise en page de CosmoFiction avait été entièrement revue et corrigée, et on le tirait désormais dans une imprimerie au nom prédestiné (Gutenberg 2000 !). Le patron nous avait accueilli avec une extrême gentillesse. En effet, étant visiblement conquis par ce groupe de jeunes qui voulait coûte que coûte lancer son fanzine, il nous avait alors proposé des tarifs préférentiels ! Nous étions de vrais privilégiés… CosmoFiction put ainsi être tiré à une centaine d’exemplaires, mais sa conception demeurait toujours aussi artisanale. On commença à le vendre en librairies et en vidéo-clubs où son succès fut immédiat, ce qui ne sera malheureusement pas toujours le cas de tous les numéros, bien sûr. Qu’importe ! Ce qui comptait avant tout dans cette affaire de fanzine c’était d’abord de partager nos passions en écrivant !

On eut droit à de sacrés numéros bien remplis, certains allant jusqu’à 68 pages, avec des dossiers complets, des critiques sur chaque film fantastique ou de SF sorti au cinéma à Nouméa, des dessins et des BD originales, des rubriques littéraires, des publications de nouvelles, des jeux et même des concours ! Un numéro fut même en partie photocopié à l’envers…

CosmoFiction s’arrêta en 1991 avec son numéro 6, une partie de l’équipe de rédaction ayant décidé de quitter le navire après certaines tensions. Le cœur n’y était plus. Les moyens financiers non plus. En outre, il fallait aussi publier en parallèle le bulletin du Sci-Fi Club, Sci-Fi News, ce qui me demandait un surplus de travail. L’aventure se termina donc un peu brutalement, non sans un certain regret. Mais qui aurait su qu’elle reprendrait un jour sous la forme d’un blog, alors que l’Internet n’existait pas encore en Nouvelle-Calédonie ?…

- Morbius – (CosmoFiction)

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Début du très sympathique article de Télé 7 Jours Nouvelle-Calédonie consacré au premier numéro de CosmoFiction. On notera que le mot « fanzine » étant nouveau dans le jargon des journalistes du Caillou, tout le monde l’employait alors au féminin, sauf nous !

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Article du quotidien local, Les Nouvelles Calédoniennes.

 


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